Ecosse à vélo

L’ Écosse fut ma première destination vélocipédique. Les châteaux hantés, les elfes, le monstre du Loch Ness… Autant de mythes et légendes qui stimulaient mon imagination d’enfant et qui quelques années plus tard m’ont amené à parcourir le pays à vélo.

La pluie VS Les midges

Commençons tout de suite par le côté le moins agréable de l’Écosse : la météo. Inutile de préciser que les vêtements imperméables étaient plus indiqués que la crème solaire, mais de là à pédaler onze jours consécutifs (sur un total de deux semaines) sous le déluge, je n’en attendais pas tant. Spécialement en plein mois d’août !

Cela signifie se coucher avec les vêtements mouillés le soir et les réenfiler mouillés le matin. Dur dur, surtout lorsqu’il a plu des cordes toute la nuit et qu’il faut attaquer la journée dans ces conditions sans même un répit pour le petit-déjeuner.

Optimiste, je suis longtemps parti du principe que ce qui tombait aujourd’hui ne tomberait pas demain, mais les stock de pluie sont inépuisables en Écosse et mieux vaut se résigner tout de suite.
En a t-on seulement le choix ? Une fois sur le vélo et sous la pluie, il est trop tard pour se plaindre et surtout cela serait inutile. Alors autant le prendre du bon côté.

Le bon côté, c’est qu’avec la pluie les midges restent au chaud. Si vous n’avez jamais entendu parlé des midges, ce sont des moustiques miniatures censés vous rendre la vie impossible. Je les ai rencontré à deux reprises seulement à l’occasion d’accalmies et il est vrai que ces soirs là, la tente fut monté en un temps records.

Avec de l’anti-midges que vous trouverez uniquement sur place et éventuellement une moustiquaire de tête vous devriez y survivre !

L'Écosse à vélo

Lock Leven

Le grand nord à deux pas de chez nous

Une heure trente de vol seulement pour faire Paris-Glasgow, à peine plus de 100 € le billet en pleine saison et l’assurance d’être dépaysé. Si l’Ecosse est un petit pays, il a tout l’allure des grands avec de belles étendues sauvages et des paysages spectaculaires.

Dès la sortie de Glasgow nous entrons dans le vif du sujet avec le parc national du Loch Lomond qui se trouve à quatre vingt dix kilomètres de l’aéroport de Prestwick. La garantie d’un bivouac de rêve sur les rives du lac, niché au cœur des Highlands.

S’en suis une journée magnifique dans les montagnes pour rejoindre la côte au niveau du Lock Leven. Les prairies et forêts sont verdoyantes, des cascades dévalent les montagnes venant alimenter les lacs et tout cela offert gratuitement. Les montées peu raides et peu longues rendent l’effort vraiment minime pour une récompense généreuse. Le couché de soleil sur le Loch Leven, si tenté que les dieux vous fassent grâce d’une éclaircie, constituera la cerise sur le gâteau.

Après un bref passage par la civilisation via la petite ville touristique de Fort William, où sont disputés tous les ans les championnats du monde de descente vtt, la très sauvage et réputée ile de Skye vous accueillera. J’en ai pour ma part gardé un souvenir… brumeux ! Cent vingt kilomètres dantesques sous la pluie, les paysages couvert par la brume et l’impossibilité de se ravitailler dans les petits villages tous plus désert les uns que les autres. Autant dire que la nuit en auberge à Portree eut des allures de luxe suprême.

De retour sur le continent, les charmants villages côtiers de Plockton et Applecross agrémenteront vos journées. La route en elle même est des plus agréable avec d’un côté la mer et les différents Lochs d’un noir profond qui découpent la côte et de l’autre les montagnes. Vous ajoutez à cela de grandes bâtisses de pierres, en ruines ou non, et des ponts en pierres sur lesquels passent les trains et si comme moi vous faites partie de la génération Harry Potter vous allez faire un bond de 10 ans en arrière !

Au niveau d’Ulapool et bien que le nord s’annonçait encore plus authentique et magique, il fut l’heure pour moi de stopper ma remonté et prendre la direction d’Inverness en amont du Loch Ness. Nessy ne se montrera pas et c’est par l’intérieur du pays que je rejoins Edinburgh pour y finir mon voyage. Une ville nettement plus intéressante que Glasgow, avec un quartier historique style médiéval du plus bel effet et à quelques minutes en vélo du centre ville, des collines à gravir offrant des vues sympathiques sur la ville.

L'Écosse à vélo

Après la pluie vient… la pluie !

Le bilan

Les précipitations furent exceptionnelles pour la saison, c’est pourquoi elles sont à relativiser. Il est arrivé cette même année qu’il pleuve plus en une seule journée que sur l’intégralité du mois de juillet. Il y a donc statistiquement peu de chance que vous ayez à vivre cette « hécatombe » si vous décidiez de vous rendre en Écosse.

La grisaille fait cependant partie intégrante du paysage Écossais. Cela complète le tableau apocalyptique à merveille et il serait vraiment dommage de traverser l’Écosse intégralement sous le soleil se privant ainsi de la magnifique lumière caractéristique des pays nordiques. Lorsqu’elle se fraye un chemin à travers les nuages et vient se déposer délicatement sur le flanc des montagnes. Une aubaine pour les photographes.

Avec l’équipement adapté, l’Écosse se prête parfaitement au voyage à vélo. Le camping sauvage y est non seulement facile mais très agréable avec les nombreux lacs qui bordent la route. Se ravitailler en nourriture ne pose pas de problème particulier si ce n’est sur l’ile de Skye (boucle Ouest dans mon cas) où il est préférable de ne pas compter sur les petits villages. Les routes sont calmes, les paysages superbes sur l’intégralité du parcours et les Écossais plutôt sympa.

L'Écosse à vélo

La côte écossaise

 

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Bertrand

C'est à la suite d'un tour du monde à vélo réalisé entre 2011 et 2012 que ce blog a vu le jour avec pour objectif de mettre à disposition du futur voyageur, au long cours ou en vacances, les informations nécessaires à sa préparation.

16 CommentairesEcrire un commentaire

  • Bonjour,
    Comme à chaque fois, c’est très intéressant.
    Je suis curieux de savoir si vous avez fait du camping sauvage en Écosse.
    Bravo et merci,
    AB

    • Bonjour,
      Merci pour votre message.
      Le camping sauvage est systématique chez moi, ça fait partie des moments que j’apprécie particulièrement en voyage. Maintenant si j’ai trois jours de pluie dans les jambes, plus un vêtement de sec et la tente détrempé, je peux aussi me laisser tenter par le confort d’une auberge :). Mais l’Écosse est sauvage et excepté à Portree, il a fallu faire avec la pluie.
      Bertrand.

  • Salut Bertrand,
    Je garde un très bon souvenir d’un tour d’Ecosse que j’ai fait… en voiture ! Nous étions une bande d’étudiants, et à deux voitures nous avons décidé de fêter notre diplôme en faisant ce grand tour.

    J’ai eu de la chance également à l’époque, c’était il y a longtemps, mais il n’a pas plu plus que ça, par contre il faisait terriblement froid ce mois de mai.

    Les paysages grandioses m’ont marqué à vie et un barbecue au bord du Loch Ness ça ne s’oublie pas.
    J’avais trouvé Glasgow bruyante et moche et Edinburgh magnifique. Mais j’ai bien aimé les deux malgré tout.
    Ton récit rappelle de bons souvenirs, tu l’as fait seul ce grand tour humide ? :)
    Concernant la légende du Nessy, il paraît que c’est le jeux des ombres d’arbres qui faisaient croire qu’il y avait quelque chose dans l’eau, mais c’est à vérifier, on entend de tout.

    • Salut Haydée,

      Non, nous étions deux. Trop jeune à l’époque je n’avais pas osé partir seul pour un premier voyage, la question ne s’était même pas posée d’ailleurs si je me souviens bien. Je n’avais fait que deux jours en solitaire parce qu’il était hors service et avait préféré prendre le train. Il y a mieux que la pluie et le froid comme remède aux tendinites !

      J’avais tellement roulé durant ses deux jours pour échapper à la pluie que le jour suivant, pour la première fois fois de ma vie j’ai du poser le pied dans une bosse tellement j’étais vidé. C’était sur les rives du Loch Ness. Je n’ai jamais oublié la leçon :)

  • Bertrand tes réçits de voyages sont toujours aussi agréables à lire, étant habitué au voyage à vélo par ton réçit il m ‘est facile de me transporter en Ecosse et imaginer un peu mieux ton voyage.

    Bonne route

    Laurent

  • Merci pour ton récit Bertrand, j’ai habité une année dans le Nord Est de l’Écosse (Aberdeen) et c’est vrai que la météo n’est pas toujours clémente. Mais au final il ne pleuvait pas tout le temps, j’avoue tout de même qu’il faisait très souvent gris ! Je me souviens d’un séjour à l’isle Of Skye (en voiture) sous la pluie, c’était l’horreur avec l’appareil :) J’espère que tu retourneras la bas et que la météo sera de ton côté :)

  • Je reviens d’un road trip en Ecosse de 8 jours, malheureusement pas en vélo. Mais j’ai découvert un pays magnifique et je sais que l’année prochaine je pars là bas avec la bête à 2 roues.

    J’ai pu faire l’île de Skye et je confirme qu’il n’y a … rien en dehors des villes de Portree et Broadford donc si un trip en vélo se fait là bas (ce qui est presque sur), il faut emmener ses provisions avec soi, même quand on aime ….

  • Fan de l’Ecosse alors :).
    C’est le tout de le savoir pour l’île de Skye, deux jours de provision (si on fait le tour complet) ce n’est pas excessif mais c’est mieux de le savoir avant. D’où l’intérêt du repérage en voiture un an avant ;).

    • C’est même plus fan là, je regarde pour aller y bosse un peu, ha ha
      Je sais pas si c’était du repérage là bas, mais après avoir discuté avec des Ecossais, sachant que le camping sauvage mais respectable est accepté … je vais aller y faire mes armes.

    • Bonjour Maxime,

      Là tu me pose une colle, c’est fort loin et je n’ai pas la mémoire la plus performante qui soit pour ce genre de détail. Je garde souvent un souvenir global plus que détaillé.

      Mais globalement la côte ouest était sympa, si je devais repartir demain pour l’Ecosse, je ferais la côte ouest, peut-être une ou deux îles comme l’île de Skye, je ferais la boucle au nord pour redescendre sur le Loch Ness et ensuite je me renseignerais, selon le temps aussi, s’il est préférable de redescendre par les terres ou la côte Est.

      Mais je ne pas de lieu précis à te conseiller, il n’y a rien qui me vient de spécial.

  • Bonjour,

    Très sympatique ce blog. As-tu été à d’autres endroits en Europe?

    Nous avons prévu de faire le tour de l’Europe pendant 3 mois en 2017, à la découverte des bikeparks (VTT descente), et celui de Fort William est sur la liste.

    Quelle température fait-il là bas en août? As-tu aimé Fort William et ses alentours?

    Bonne continuation !

    • Bonjour,

      Merci pour votre message.

      Il doit y faire une quinzaine de degrés.

      Je n’ai plus que de vagues souvenirs de Fort William et de ces alentours, je n’ai ni aimé ni pas aimé, c’est une ville, et les alentours devaient être à l’image de ce que j’ai vu de l’Ecosse donc je dirais sympathiques.

  • Ok bonne continuation en tout cas !
    Tu verras peut être le récit de notre expérience en écosse en aout 2017, j’espère que l’on aura un peu moins de précipitations que toi mais je suis sûre que ça vaut le détour.

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