Luxembourg à vélo

L’hiver approche à grand pas maintenant et rouler à vélo dans mes contrées reculées du grand nord Lorrain deviendra bientôt quelque peu désagréable !

Les températures ont d’ores et déjà entamées leurs chutes vertigineuses, les journées raccourcissent dangereusement, bref, si je voulais avoir une chance de ressortir les sacoches cette année, il était préférable de s’activer.

Attendant désespérément depuis quelques semaines qu’un week-end ensoleillé pointe le bout de son nez, j’ai finalement décidé de partir mercredi dernier jusqu’à vendredi, jour de la Toussaint, pour une petite boucle au Luxembourg.

Avec moi pour cette expédition de haut vol : Séb !

Ça lui a pris comme une envie de c… cinq jours plus tôt. Il n’était plus monté sur un vélo depuis au moins dix ans.

– Tu crois que je vais tenir 100 bornes par jour pendant trois jours ?
– Oui, j’ai fait des interviews « premier voyage à vélo » la semaine dernière, ils l’ont tous fait. Je porterais le matos, tu n’aura qu’à te mettre dans la roue et tourner les jambes !

Nous sommes donc parti lui acheter un vélo sur lequel il puisse poser son mètre quatre-vingt treize puis, motivé à faire mentir ses collègues qui lui ont dit qu’il n’y arriverait jamais, nous avons pris la route sur le coup de midi avec dans l’idée de faire au moins quatre-vingt kilomètres dans l’après-midi. Nous ne pouvions pas partir plus tôt et je voulais écourter la journée de vendredi au maximum car ils annonçaient de la pluie.

Pistes Cyclables Luxembourg

La piste cyclable dans le Sud-est.

Mais mais mais, rapidement, nous avons du nous rendre à l’évidence que ça allait être compliqué. Après seulement trente kilomètres les premiers signes de faiblesses font leurs apparitions chez mon ami Séb, dix kilomètres plus loin il n’a plus rien dans le sac et à soixante kilomètres il prend la sage décision de déposer le bilan et d’appeler « Romain Assistance » pour le rapatrier.

J’ai tenté de le pousser dans les côtes, je me suis improvisé coach en motivation, mais j’ai vite été forcé d’abandonner l’idée de l’amener jusqu’au premier bivouac.

J’avais omis deux détails dans mes calculs : le froid – tout au plus 10°C – qui est grand consommateur d’énergie, et le soleil qui se couche à dix sept heures et impose de réduire les temps de pause pour avancer un minimum.

Il repassera donc par la case entrainement – on a tous connu cette période de mise en route difficile quand les jambes disent non, quand les articulations nous disent d’arrêter, quand on ne peut plus se poser sur la selle… – mais pour l’heure, il est déjà tard et je me dois d’écourter les adieux si je ne veux pas finir dans le noir. C’est in extrémiste à 17h30, après avoir passé la réserve naturelle de la Sûre où il est interdit de camper que je vais me poser dans un bois en surplomb de la route.

De la circulation toute la nuit, de la pluie et pas de boules quies, autrement dit, une nuit blanche !

Lac d'Esch-sur-Sûre

Lac d’Esch-sur-Sûre.

L’itinéraire

Le réseau de pistes cyclables au Luxembourg est très développé et elles sont particulièrement agréables puisque souvent dans la nature.

Vous trouverez une carte détaillée des pistes cyclables ici : Pistes cyclables au Luxembourg.

J’ai donc emprunté la PC12 depuis le Sud-ouest puis la PC17 jusqu’à son terme avant de rejoindre le lac d’Esch-sur-Sûre et la ville qui porte le même nom par la route.

Note : Si vous partez de Luxembourg-ville vous pouvez emprunter la PC15 jusqu’à Ettelbrück puis rejoindre le lac d’Esch-sur-Sûre.

Dans la partie Nord du Pays, je suis allé à Wiltz puis Clervaux avant de redescendre sur Vianden.

A partir de Vianden il y a la PC3 qui descend sur Echternach. Vous arrivez dans la plus belle région du Luxembourg : le Mullerthal.

Après Reisdorf vous pouvez quitter la piste cyclable et partir sur Beaufort, Merdernach, Larochette, Consdorf puis Echternach. La portion de piste cyclable entre ces deux dernières villes est particulièrement belle.

Piste cyclable entre Consdorf et Echternach

Piste cyclable entre Consdorf et Echternach

Passé Echternach vous pouvez continuer sur la PC2 et PC3 jusqu’à Mertert et remonter sur Bech récupérer la PC2 pour redescendre sur Luxembourg-ville. Cette portion dans le bois est vraiment agréable.

Note : Après Luxembourg-ville je suis rentré. Si vous avez le temps vous pouvez descendre dans le Sud-est, à Remich. Pour cela il y a deux solutions : continuer le long de la Moselle par la piste cyclable après Mertert, mais cette portion longe une grosse route et est monotone, ou, avant Luxembourg-ville, partir sur Sandweiller. De Remich, vous pouvez descendre à Schengen, repartir sur Mondorf-les-Bains et remonter sur Luxembourg-ville. Le Sud-est c’est la région des vignes, il y a également des pistes cyclables le long des rivières qui sont très empruntées en été.

Les routes

La circulation

La population étant concentré surtout dans le Sud et même Sud-Ouest, à quoi s’ajoute les travailleurs frontaliers, c’est dans cette partie du pays que vous trouverez le plus de monde sur les routes bien que ça reste raisonnable. Les voies rapides et autoroutes fluidifient le trafic.

Ailleurs, il peut y avoir plus où moins de monde selon que vous soyez au abord d’une ville ou non, mais dans l’ensemble c’est calme et sa roule raisonnablement.

Les pistes cyclables étant nombreuses, vous n’aurez souvent pas affaire à la circulation.

La difficulté

Contrairement à l’image que l’on en a, le Luxembourg est loin d’être plat.

La première partie dans l’Ouest, jusqu’à la fin de la piste cyclable quasiment, est plate. Le Sud, sous Luxembourg-ville, est également relativement plat. Cependant, le reste est très vallonné. Les côtes de deux ou trois kilomètres, parfois plus, ne manquent pas. Quand ce ne sont pas les côtes, ce sont les faux plats interminables qui prennent le relais, si bien que vous ne savez jamais vraiment quand la côte démarre et quand elle s’arrête, et surtout vous avez la sensation de monter en permanence. Et quand vous en avez fini avec les longues côtes et les faux plats ce sont les petits raidards de quatre cinq cent mètres qui s’enchainent.

Le revêtement

Point d’inquiétude à avoir de ce côté, les revêtements, qu’ils soient sur routes ou pistes cyclables sont parfaits. Le rendement est bon et il n’y a pas de nids de poule.

Vallée d'Esch-sur-Sûre

Dans la brume matinale.

L’orientation

Les pistes cyclables ne sont pas toujours très bien indiquées. Parfois il n’y a ni numéro ni nom de ville, ou elles s’arrêtent brusquement dans une ville et il n’est pas toujours évident de la récupérer à la sortie.

Ayant utilisé une carte des pistes cyclables où le numéro des routes n’étaient pas indiqué, j’ai parfois fait des erreurs. Je n’ai pas été très attentif non plus ni n’ai fait trop d’efforts, on à vite fait de retomber sur la bonne route au Luxembourg.

Le camping sauvage

Un seul lieu en particulier est à éviter : la zone du lac d’Esch-sur-Sûre, là où j’ai bivouaqué la première nuit ! Avant c’est très bien, après c’est très bien, mais pendant, tout d’abord c’est interdit et passé la ville d’Esch-sur-Sûre c’est une vallée avec une colline abrupte à gauche et une colline abrupte à droite.

D’une manière générale, il est facile de bivouaquer au Luxembourg. Entre chaque village il y a très souvent une forêt. Dans l’idéal si vous pouviez vous retrouver sur piste cyclable à l’heure du bivouac, notamment dans la région du Mullerthal, vous serez vraiment bien. Loin de la route et de la circulation.

Note : Vous trouverez des auberges de jeunesses à Lultzhausen sur les rives du lac d’Esch-sur-Sûre et à Vianden dans le Nord. A Beaufort, Larochette et Echternach (en bord de lac) pour ce qui est du Mullerthal. A Bourglinster, Hollenfels et Luxembourg-ville dans le centre. Et à Remerschen dans le Sud-est. Pour information, la nuit en dortoir à Luxembourg-ville avec petit-déjeuner inclus est à 23,9 € (pleine saison). Letzebuerg qualitat !

Pour ceux que le camping sauvage rebute, les campings officiels sont nombreux. Vous trouverez la liste ici : Campings au Luxembourg.

Camping au Luxembourg

Premier bivouac derrière Esch-sur-Sûre

Les ravitaillements

Se ravitailler quotidiennement ne pose pas de problème dans ce petit pays. Les tarifs sont identiques à la France et on y trouve la même chose.

J’avais emporté des sachets de nouilles avec des boites de thons aux tomates séchés et des tortillas au blé. Seul j’aurais pris des flocons d’avoine, mais comme nous étions censé être deux, je n’étais pas certain qu’il puisse survivre psychologiquement à la ration de flocons d’avoine matin midi et soir. Ce qui demande tout de même une bonne dose de folie et quelques mois de route derrière soi ! Je ne vous cache pas vu les températures que j’étais très content de pouvoir manger chaud !

Alimentation Voyage à vélo

Nouilles Japonaises dans une Tortilla Mexicaine !

Pourquoi voyager à vélo au Luxembourg ?

Pour voir à quoi ressemble un pays développé !

J’ai beau habiter la frontière et y passer toutes les semaines, parfois tous les jours, à chaque fois que je reviens en France je ne peux m’empêcher de penser que le tiers-monde s’est d’ores et déjà invité chez nous tant le contraste avec le Luxembourg est saisissant, à la ville d’abord mais c’est aussi vrai dans les campagnes.

Pour vous donner un ordre d’idée, le salaire médian d’un ménage luxembourgeois avec deux enfants est de 6029 euros par mois. En dessous de 3617 euros par ménage vous passez sous le seuil de pauvreté. Un fonctionnaire quel qu’il soit commence à 2552 euros. Un prof du secondaire fini sa carrière à 8671 euros par mois. Le smic est à près de 1900 euros et à ce tarif là, il vous faut vivre en France car les loyers ou maisons au Luxembourg sont inaccessibles. Ça tombe bien, il est souvent réservé aux travailleurs frontaliers ! Même si les tarifs de l’immobilier sont bien supérieurs à la France, le niveau de vie l’est aussi. Le Luxembourg est d’ailleurs le pays au plus gros PIB par habitant.

Bref, si vous voulez voir à quoi ressemble un pays développé, vous pouvez vous rendre au Luxembourg. Vous n’y trouverez pas d’immondes et inhumaines cités HLM en périphérie des villes,pas plus que de ridicules tours de verres de trois kilomètres, vous n’y trouverez pas des campagnes en ruines, les villes sont propres, les routes entretenues et la nature préservée.

Clervaux

Clervaux, dans le Nord du Luxembourg.

Pour les paysages

Le Luxembourg à l’avantage d’être beau plus ou moins partout. Le Sud-ouest est la région la moins intéressante, mais la piste cyclable qui monte dans le nord est en elle-même très agréable. Je n’ai jamais emprunté celle partant de Luxembourg-ville passant par Mersch et Ettelbrück mais pour avoir déjà pédalé dans ces contrées, je ne doute pas qu’elle le soit également.

Le nord est constitué de chaines de collines couvertes de grandes forêts de feuillus dessinées par divers vallées comme la Sûre, la Wiltz ou l’Our. La présence de roches de schiste apporte une touche montagnarde à ces petites collines de 450 mètres. La région est peu peuplée avec pour villes principales Wiltz, Clervaux et Vianden qui ont toutes un certain charme avec une mention spécial pour Vianden, son château fort et sa rue principale en pavés, et bien sûr Esch-sur-Sûre, son lac et également son château. Vous trouverez de nombreux châteaux dans ces villes du Nord du Luxembourg ainsi que dans la région du Mullerthal à l’Est.

Le Mullerthal est composé de la même manière de petites collines plus basses encore – 414 mètres pour la plus haute – mais les amoncellements de grés spectaculaire dans les forêts et les nombreuses rivières lui valent son surnom de Petite Suisse. Les villes principales sont Echternach, Beaufort et Larochette avec encore et toujours, des châteaux. Si les paysages sont sympathiques depuis la route, ils sont encore plus agréables dans le bois. De nombreux chemins de randonnées balisés existent. Je m’y rends parfois en VTT, c’est vraiment magnifique. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la liste des trails ici : Randonnées dans le Mullerthal.

Mullerthal

Un aperçu des paysages que vous rencontrerez dans le Mullerthal.

Plus au Sud nous attaquons la vallée de la Moselle, ses vignobles et villages viticoles avec pour chef-lieu Remich et nous bouclons la boucle par les Terres Rouges dans le Sud-Ouest, très bien à VTT mais plus banal et urbanisé par les routes.

Vous pourrez terminer la promenade par la visite de Luxembourg-ville, ses fortifications, son quartier du Grund et ses banques !

Pour vous mettre en jambes

J’ai parcouru les routes du Sud en long en large et en travers à l’entrainement, j’ai participé cinq ou six fois à la Charly Gaul dans la région du Mullerthal et entre les échappées et les fringales toutes les côtes ont leur histoire, on a fait de belles sorties dans les bois l’hiver dernier dans cette même région… Finalement il n’y a plus que le Nord qui ne me laisse pas une sensation de réchauffé.

Mais c’était d’avantage pour regoûter aux plaisirs du camping sauvage et faire le plein de lumière avant l’hiver que pour visiter le Luxembourg. Aussi, je n’avais plus touché le vélo depuis deux semaines et avant cela je ne faisais plus qu’une sortie hebdomadaire de trente kilomètres depuis septembre, autrement dit : RIEN. Ces trois petits jours m’auront donc remis en jambes, d’autant plus que j’étais chargé comme une mule.

Piste Cyclable Luxembourg

Séb au top de sa forme dans un passage à haut risque !

Le Luxembourg est une bonne option pour faire une virée lors d’un long week-end, ou pour se tester avant un long voyage.

Sinon c’est sympa l’automne pour pédaler, vous ne trouvez pas ? Un peu frais, mais j’adore l’ambiance ;)

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Bertrand

C'est à la suite d'un tour du monde à vélo réalisé entre 2011 et 2012 que ce blog a vu le jour avec pour objectif de mettre à disposition du futur voyageur, au long cours ou en vacances, les informations nécessaires à sa préparation.

35 CommentairesEcrire un commentaire

  • Et bien moi aussi j’affectionne l’automne pour pédaler Bertrand. Les paysages automnaux forestiers et leurs feuilles multicolores sont parfois magnifiques. Et puis les températures sont plus clémentes pour réguler sa chaleur corporelle en plein effort.

    Tu m’as littéralement convaincu de visiter ces pistes cyclables luxembourgeoises. Ton article est vraiment fait pour donner envie. Des renseignements utiles très complets, des photos superbes et une plume très agréable. Je la connais bien maintenant, c’est peut-être pour cela.

    Bref je vais engrainer ma coéquipière pour partir quelques jours à la découverte d’un pays développé, un vrai. Ça changera un peu du tiers monde… :P Nous verrons cela en 2014 je pense.

    Une petite pensée pour ton pote Séb qui a dû être assez déçu j’imagine. Surtout après avoir acheté un vélo pour l’occas. Vous avez choisi lequel d’ailleurs ? Je suis prêt à considérer l’offre si il cherche à le vendre. :)

    • Merci. Décidément, moins je me casse la tête avec les photos mieux elles sont ! J’en ai pris neuf en trois jours, elles sont toutes dans l’article :).

      Il était déçu oui et non, quand tu es cuit tu n’a qu’une envie, c’est de rentrer, surtout quand tu découvre les « plaisirs » de l’effort physique pour la première fois quasiment, car il ne faisait plus de sport tout court depuis 10 ans il me semble, si ce n’est pas 24 ans, son age ! J’ai était trop optimiste sur ce coup, je savais que ce serait dur, mais je le voyais motivé et je pensais qu’à vide et à un rythme voyage ça passerait. Ce n’est pas grave, je vais le pousser à rouler maintenant !

      Le vélo est un Orbea Alma H20 de 2013 donc il était bradé à -30%. C’était une super affaire sauf qu’il n’a pas les fixations de porte bagage. S’il veut voyager vraiment il devra soit mettre des adaptateurs soit tirer une remorque. Il s’est précipité à l’acheter pour partir, mais il comptait quand même se mettre au vélo. Le tour au Luxembourg c’était juste l’élément déclencheur de l’achat, sinon les « Je vais… » reste trop souvent sans suite :)

      Peut-être en 2014 au Luxembourg alors ;)

  • Respect mon pote, car vu les photos de brumes il faut avoir un mental de stallone ! Finalement heureusement pour ton ami qu’il se soit crâmé, car il n’aurait pas survécu aux routes, vu ce que tu en dis ! C’est vrai qu’il n’a pas choisi la meilleure période pour partir en trip vélo. Moi avec mes mollets de coq je me serais arrêté bien avant je pense.

    Sinon tu n’en parles pas mais la vie de tous les jours est chère là-bas ? t’as eu le temps de faire des rencontres ?

    • C’est ce que je lui ai dit en rentrant : « Heureusement que tu as remballé le premier jour ». Je l’avais prévenu que ça allait se corser le lendemain mais j’avais moi-même oublié que ça grimpait autant :)

      Hors mis l’immobilier, le coût de la vie est équivalent à la France.

      Les rencontres, il n’y a pas grand monde dehors en ces temps frisquets mais j’ai papoté longuement avec un mec qui était dans son jardin et qui me voyant sortir la carte est venu à mon secours ! Il m’a raconté l’histoire des pistes cyclables Luxembourgeoises qui avaient été construites sur d’anciens chemins de fer :)

  • Juste un petit mot pour dire que ton article et Tony m’ont convaincu d’aller faire ce tour. D’autant plus que nous avons des amis dans le coin, ce sera une belle manière d’aller les voir et de squatter une nuit chez eux ;)

    100 km par jour pour une personne qui n’a pas fait de sport pendant 10 ans, mais vous avez réfléchis avec vos pieds ! héhé Je pense qu’il n’aurait même pas tenu 50 km par jour. Enfin, l’histoire m’a bien fait rire. ;) Merci pour le partage.

    Par contre Tony est loin de faire 1m93, dommage le vélo a l’air d’être une bonne affaire !

    • Il ne compte pas le vendre de toutes manières, enfin je crois.

      Je me suis basé sur mon frère qui en Corée, sans avoir touché le vélo auparavant tenait les 100 Km par jour et qui un an plus tard au Japon, toujours sans être remonté sur le vélo, tenait aussi les 100 bornes.

      Mais c’est vrai qu’il est par ailleurs sportif de haut niveau, c’est un grand pêcheur à la carpe :)

  • Depuis que j’ai découvert ton blog, je réfléchis sérieusement pour un prochain long voyage à opter pour l’option vélo; ce que je n’aurais jamais imaginé avant, ne me considérant pas comme une grande sportive. François avait beau essayer de me convaincre, j’étais trop réticente. Pas tellement la peur de l’effort, mais juste le fait que je n’allais pas y arriver, que ce n’était pas à ma portée. Mais en te lisant, je découvre tout l’univers qui va avec ce style de voyage, et je me retrouve particulièrement dans celui « Ce que je préfère dans le voyage à vélo ? Quand ça s’arrête ! » (paradoxal pour une qui n’a même pas encore commencé à pédaler … ! :p).
    Bref, tu as fait de mon une futur adepte ;)
    Mais je me dis : pour se lancer dans une expédition pareille, il faut une bonne « remise en forme » : ça se prépare, et surtout physiquement.

    Je pense que ce qui change ici pour ton ami qui n’a pas tenu le coup, comparé à tous ces témoignages de « novices » qui ont fait de grand voyages à vélo … c’est toi ! Tu étais avec, toi cycliste chevronné, et tenir ton rythme, ce ne doit pas être simple ! De plus, personnellement, avoir quelqu’un qui monte la côte en mode « trop facile » quand je peine à côté, ça me découragerait trop, bref tout l’effet inverse de ton coaching ! Mais ça n’engage que moi … ;)
    Bon, y a aussi le côté forme physique qui joue, c’est clair, mais si je me lance dans une expédition pareille, nous serons tous les deux novices, et nous ne miserons pas sur 100km par jour dès le début de notre voyage, histoire de pas nous dégoûter trop vite ! ;)

    • Je suis loin d’être grand cycliste mais j’ai pensé au fait que rouler avec quelqu’un qui est « facile » à côté n’était pas très bon pour le moral. Quelque soit le domaine, quand on sait que l’on n’est pas seul à vivre une « galère » on l’accepte plus facilement et ce, même si ça n’aurait rien changé au problème que je sois dans le dur ou non. Au contraire, j’étais la roue de secours !
      Le gros problème ça a été les douleurs aux genoux, après physiquement je sais qu’il aurait pu tenir au moins le premier jour. Il y a des gens dont le cerveaux sonne l’alerte dès qu’ils commencent à sentir leur corps travailler. Le plus compliqué c’est de leur faire comprendre que c’est normal et que les limites se trouvent beaucoup plus loin. Car derrière c’est la peur de « souffrir » (mourir ?) qui se cache. La différence entre les grands sportifs et les autres, outre les capacités intrinsèques, c’est aussi la résistance à la douleur, même si bien sûr avec les capacités vient la confiance et avec la confiance vient la résistance à la douleur. L’inverse est aussi vrai, si tu arrive à repousser tes limites, progressivement tu vas augmenter tes capacités et ta confiance. Mais si tu fais un blocage à l’effort tu ne passera jamais ce cap.
      Je ne me suis jamais menti en course, parfois j’étais vraiment dans le dur et j’arrivais à faire « totalement » abstraction de la douleur et d’autres jours, pour une raison ou une autre, le mental est moins en forme et tu n’y arrive pas. Le tout c’est de bien cerner le problème et le problème c’est souvent le mental, y compris pour les crampes parfois ! Ce qui ne veut pas dire qu’il faut négliger la condition physique et là le secret c’est en effet d’y aller progressivement pour ne pas se dégoûter et pour ne pas se blesser. Je viens encore d’en faire les frais en course à pied. Une fois de plus je vais devoir couper, attendre que les douleurs passent et repartir de zéro à un rythme très bas pour habituer mes muscles et mes tendons à ce nouvel effort qu’est la course et seulement ensuite pourvoir monter en intensité. Ce n’est pas gagné, mais la encore il faut aller chercher le problème où il est : Le manque de patience, qui au final te coûte du temps :)
      Mais c’est un travail à faire une seule fois à chaque reprise, à savoir que c’est la toute première fois qui est la plus contraignante, parce que les sensations sont mauvaises et elles mettent un petit peu de temps à venir. C’est aussi valable pour le voyage, mieux vaut partir sur de bonnes bases et pouvoir être en total confiance une fois en route.

    • La résistance à la douleur voir le plaisir à la douleur, ça nécessite un temps d’adaptation je pense.
      Difficile d’être une machine de guerre dès le premier jour de voyage quand on a pas une bonne expérience passée.
      A Japon cet été, les premiers jours j’étais vraiment écœuré à cause des cols et de la pluie.
      Sur la fin du voyage je ne pensais même plus à la douleur. Dans un col je ne me posais même plus la question de la longueur de celui-ci. Il aurait pu faire 30 km j’aurais continué sans réfléchir en mode machine. Je pense que le voyage à vélo devient vraiment un plaisir quand on atteint ce stade là, si on peut l’atteindre :P
      A mon avis la solitude aide à atteindre ce stade. Dans l’accompagnant, je vois plus l’occasion de me plaindre que d’être soutenu.
      Voilà c’était mon avis sur la question ^^
      Bapt

  • Ce que je vais dire est idiot, mais à force d’entendre parler de banque, banquiers … etc, on en oublie que le Luxembourg est un vrai pays avec manifestement de forts jolis paysages ! Bien qu’originaire des Vosges, donc pas si loin que ça, je ne m’y suis jamais allé :-( Pas certain que j’aille le découvrir à vélo. L’option est séduisante certes, mais je reste pour le moment encré sur mon idée « vélo en Islande ». Monomaniaque moi ? Non, jamais !!

    • Disons qu’il est difficile de faire abstraction des banques quand tu es à Luxembourg-ville et comme la richesse est partout, tu n’y arrive pas non plus même là où elles ne sont plus présentes ! C’est plus « l’absence » de misère qui m’intéresse dans ce pays que l’ultra richesse, mais il n’en reste pas moins que si je n’arrive pas à m’y sentir parfaitement à l’aise c’est à cause de cette ultra richesse qui rend l’ambiance un peu froide. C’est pourquoi j’ai conclu, « … pour un week end prolongé ou se tester avant un voyage au long cours ». On est bien aussi sur les pistes défoncées ;)

  • Hello,
    Je ne pensais pas que les paysages étaient si beaux au Luxembourg. Cela doit vraiment être génial de partir en vélo pour voyager, j’aimerais bien tenter mais faudrait que je m’organise ! On n’est pas trop déséquilibré avec l’équipement sur le vélo ?
    Bonne soirée

    • Hello,
      Après une petite heure d’adaptation les sacoches ne posent plus de problème. En danseuse ou dans les virages, lorsqu’il faut pencher le vélo, les sensations sont différentes mais rapidement ça devient la « norme ». Il est plus déséquilibrant de rerouler sur un vélo sans sacoche après avoir roulé avec des sacoches que l’inverse.
      Bon week-end ;)

  • … pour voir à quoi ressemble un pays développé. Un pays développé le Luxembourg ? C’est une blague ? Une énorme lessiveuse d’argent sale plutôt. Un état voyou qui a ses entrées au coeur de l’Europe, malheureusement, avec la complicité de tous les autres états, à qui il rend service pour leurs petites magouilles. Tu ne t’es jamais interrogé sur les raisons de la richesse incroyable du Grand Duché ?
    C’est écoeurant ce que tu dis sur la France. C’est un beau pays; béni des Dieux pour sa géographie, avec une histoire riche. Et pas sous développé ! Tu es allé dans le vrai tiers monde pour dire qu’il y a du tiers monde en France ? De quel droit tu nous insultes ?
    Certes il y a des problèmes en France, les gens qui ont ton attitude méprisante en font partie. Tu n’aimes pas la France ? On ne te retiens pas !
    Je lisais ton blog pour trouver des idées de voyage à vélo, par pour entendre des considérations politiques à deux balles. Pardon pour le coup de gueule mais là c’est trop.

    • Je ne vous insulte pas, je suis moi-même Français, plutôt content de l’être et le premier à la défendre lorsqu’on crache lâchement dessus, c’est peut être pourquoi je me suis permis cette remarque qui n’avait rien de méprisante car je suis bien sûr conscient que les contraintes sont différentes entre un pays de 500 000 habitants et 60 millions, et d’autre part si problème il y a, étant Français et vivant en France j’en prends ma part de responsabilité. Et oui j’ai passé quelques mois dans les pays du tier-monde, si tu avais passé un peu plus de temps ici tu l’aurais constaté et tu aurais surtout réagit différemment. Mais il n’y a pas à s’excuser, je peux comprendre ta réaction en tombant sur cette remarque à froid, j’avais d’ailleurs conscience en l’écrivant qu’elle pourrait susciter ce genre de réaction, mais le blog existant depuis bientôt un an, les lecteurs réguliers commençant à me connaitre et ne voulant pas m’éloigner de trop du sujet principal, je n’ai pas pris la peine de préciser le fond de ma pensée, peut être à tort mais voilà qui est fait, ce qui ne remet toutefois pas en cause la simple constatation faite dans cet article.

      Cependant, je me questionne maintenant car, si le Luxembourg est un état voyou et si les autres pays Européens en sont complices alors je ne me risquerais peut être plus à vanter la France, car se rendre complice et bien pire encore, en profiter, ça n’a rien de très glorieux non ?

  • En effet l’existence même des paradis fiscaux comme le Lux n’est pas glorieuse pour les états voisins, dont la France. Et on fait toujours cette remarque : qui sont les pires : les banquiers véreux des paradis fiscaux ou les autres qui laissent faire ? C’est puant quand même cette situation.
    Bon excuse-moi, j’ai un peu sur-réagi. D’ailleurs tu peux shooter mes messages si tu ne veux pas qu’ils restent sur ton blog.
    N’empêche, sur l’instant ça m’a révolté que quelqu’un comme toi, avec tout ce que tu as fait, tous ces voyages fabuleux, fasse ce genre de remarque. C’est justement parce que j’apprécie ton blog que j’ai démarré au quart de tour.
    Bon voilà, je ne veux pas entrer dans une polémique avec toi, je comprends maintenant le fond de ta pensée. Bonne continuation.

    • Pas de soucis, les messages peuvent rester en ligne, sinon on va me refaire la remarque et je devrais répondre à nouveau :)

      Désolé du retard dans la réponse, j’ai récupérer le commentaire dans les spams.

      A+

  • Très intéressant. Le début de l’article montre qu’il faut un minimum d’entraînement, en ce qui concerne les muscles et aussi les douleurs de fesses. Les miennes commencent à être tannées, rugueuses comme des talons à l’endroit où je les pose sur la selle, car au Mexique, la rugosité de la chaussée n’arrange pas les choses. En ce qui concerne le Luxembourg, j’y suis passé plusieurs fois à vélo, la Capitale est très intéressante avec le franchissement de sa vallée, et dans les petites montagnes, le spectacle de l’automne est féerique. Seul mauvais souvenir, un hôtel m’avait refusé l’entrée de mon vélo, faute de place pour le ranger et m’avait conseiller de le confier à la station essence d’en face, comme si j’étais susceptible d’y être client. Autant dire que je suis allé ailleurs où ma monture fut acceptée ! C’est curieux, les cyclistes prennent toujours mal les entorses à l’hospitalité. Ainsi je n’ai jamais pardonné à l’hôtelier de Dieppe qui m’avait fait payer le parking de mon vélo, ce n’était pas une question d’argent, mais de principe. Je vois que dans le braquet de la liberté, il y a beaucoup à explorer
    PS : eh oui, je ne pratique pas le cyclo camping, préférant l’hôtel ce qui me permet de voyager très léger

    • On va revenir très prochainement sur l’idée qu’il faut un minimum d’entrainement et qu’il serait parfois préférable d’oublier le camping sauvage pour un voyager ultra light !
      Je retourne pédaler quelques jours en meuse et au lux fin du mois si tout se passe bien ;).

  • Bonne idée que de revenir sur cela
    En fait, il y a deux types d’entraînement :
    Pour la rando, c’est simple, en gros c’est ce que je fais, je roule toute l’année, avec régulièrement de plus gros morceaux comme un col, ou un + de cent km, et comme ça, toujours prêt pour une vadrouille de quelques jours
    Et puis il y a l’entraînement des compétiteurs, j’en connais, et là c’est plus difficile, plus technique, si on veut se classer en course.
    Mais pour moi, à 67 balais, je suis content quand je dépasse 100 bornes ou 1000 mètres de dénivellation positive dans la journée, et quand j’ai pu, à vélo, faire des découvertes
    PS : Bonne balade en Meuse et Ardennes, il y a de jolis coins, j’en ai d’excellents souvenirs des deux côtés de la frontière

  • J’ajoute que tu peux, dans cette région, abandonner le vélo une journée pour descendre la Semois en canoë ou en kayak, je l’ai fait lors d’un voyage de presse, c’était génial
    amitiés

  • Bonsoir Monsieur Bertrand,

    mes félicitations pour ces merveilleuses photos sur le Luxembourg et bravo pour votre super blog!

    Moi aussi, je suis VTTiste passionné….

    meilleures salutations,

    Marc

  • Joli petit reportage… De notre côté, nous partons également ce weekend à 5 pour faire le tour du Luxembourg en vtt. On le fera en 2 étapes d’environs 160 km avec une nuit à Vianden.
    En espérant qu’on arrivera au bout…

    • Merci. A VTT ça doit être encore plus sympa, j’espère retourner mettre mes roues dans le Mullerthal cette hiver. 2x80Km de VTT sur ces parcours ce n’est pas rien mais les paysages permettent d’oublier l’effort en partie :). Bon week-end.

  • Bertrand,
    Il ne s’agit pas de 2 jours de 80km a VTT mais 2 jours a 160km.
    Nous partons ce jour a 9h30.
    Ça sera dur mais une fois terminé nous pourrons être fiers de nous.
    A très bientot

    • Ah d’accord, le message était clair pourtant en le relisant après coup mais le cerveau l’a analysé autrement ! J’imagine que vous êtes habitué des longues distances et que vous ne vous êtes pas lancé dans l’aventure à l’aveuglette.
      Amusez-vous bien !
      A bientôt.

  • Non pas forcement habitués a de tellers distances, nous faisons les randos VTT organisées tous les dimanches (50 km en moyenne).
    Après cette première journée :

    155km
    1950 dénivelée
    22,9km de moyenne

    Quelques douleurs dans les jambes, dis et fesses.
    Demain la journée s’annonce aussi rude
    Bonne soirée

  • Bonjour Bertrand , super blog qui représente bien le Luxembourg . Comme vous, la seule critique que j’aurais à formuler concerne le fait que certaines pistes sont mal indiquées , quelques panneaux supplémentaires et surtout dans les villages limitrophes des pistes pourraient être bien précieux !
    Pour se loger , je voulais quant même renseigner , l’ hôtel Reiff à Fischbach-les- Clervaux , 47 euros en single et 37 par pers en double ,petit déj. buffet inclus et le plus vous disposez d’un garage pour votre vélo. Sinon que du plaisir à sillonner le Luxembourg .
    Belles balades à vous.

  • Merci Bertrand pour toutes ces infos et tes belles photos. Ca me donne des idées et envie. Je pars demain matin pour un tour de trois jours dans ce pays (inconnu de moi) qui me fait bien envie. Je dirai en rentrant.

  • Revenu du Luxembourg, je suis enchanté. J\’y ai découvert une région vallonnée, verdoyante, ensoleillée et je m\’y suis régalé. Mais attention encore : si les fonds de vallée sont plats et roulants, les reliefs escarpés sont abrupts et violents pour l\’organisme.
    J\’ai fait un compte-rendu avec plein de photos ici : http://auboutdespieds.jimdo.com/cyclo/luxembourg/.
    Merci encore à Bertrand et le Braquet de la liberté pour m\’avoir fait connaître ce fabuleux site de rando-cyclo.

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