Carretera Australe à vélo

Bonjour à tous !

Tout d’abord, merci Bertrand pour l’invitation. Cet article va nous donner l’occasion de partager NOTRE expérience de la Carretera Austral, route mythique du sud chilien. Pas de “on-dit” ici, que du vécu, vous pouvez compter sur notre journal de bord. En espérant vous donner autant de plaisir que nous en avons eu à la parcourir…

Voyage à vélo sur la Carretera Austral

La Carretera Austral, décryptée par Les coqs en selle.

PREAMBULE : QUI SOMMES-NOUS ?

En bref, Les coqs en selle, c’est le nom que l’on a choisi à notre aventure. Celle de deux amis de longue date qui, au cap de la trentaine, ont décidé de traverser la cordillère des Andes à vélo. Nous sommes partis d’Ushuaïa (Argentine) le 26 octobre 2013 et envisageons de rejoindre Carthagène des Indes (Colombie) au cours du mois de septembre 2014, soit 12000km plus au nord. Au-delà du défi sportif, le vélo représente avant tout un mode de voyage propice aux rencontres et à l’échange. C’est pour nous LE meilleur moyen de profiter au mieux du luxe qui nous est offert : le temps !

Voyage à vélo sur la Carretera Austral

Greg & Jul – Les coqs en selle

I- OU ? QUAND ? COMMENT ?

Les questions que l’on se pose tous en amont…

La Carretera, qu’est-ce que c’est ?

La Carretera Austral est une fierté pour le peuple chilien. Et pour cause, cette route qui longe la côte Pacifique se situe au cœur de la Patagonie et offre une succession de paysages somptueux à quiconque a la chance de pouvoir s’y aventurer.

Partant de la ville de Puerto Montt au Nord, cette route initiée par le General Augusto Pinochet (dont elle a porté le nom jusqu’en 1989 !) s’étale sur plus de 1200km jusqu’au petit village de Villa O’Higgins.

Tout au long du tracé, on plonge dans l’univers authentique de ses innombrables parcs naturels peuplés de forêts d’alerces, lacs et fjords aux eaux turquoises, cascades, montagnes aux sommets enneigés et glaciers suspendus.

Voyage à vélo sur la Carretera Austral

La Carretera Austral, décryptée par Les coqs en selle.

D’où partir ?

La majorité des cyclistes empruntent cette route du nord au sud. Ceci bien souvent afin de terminer leur périple un peu plus loin à Ushuaia et par la même occasion de profiter des vents plus favorables en Terre de Feu. Petite précision nous concernant: nous l’avons donc parcourue dans le sens inverse.

Surtout, sur les 1200km qui constituent la Carretera nous en avons parcourus 800 uniquement, de Villa O’Higgins à Villa Santa Lucia, ayant fait le choix de bifurquer à Futaleufu pour rejoindre l’Argentine (cf. plan ci-dessous)… Aussi nous ne serons pas en mesure de vous donner d’infos sur la partie nord de Villa Santa Lucia à Puerto Montt.

Voyage à vélo sur la Carretera Austral

La Carretera Austral

De plus, en raison d’un problème mécanique nous avons dû prendre un bus entre les villes de Cochrane et Coyhaique. Pas de bons plans donc non plus sur ce tronçon mais la certitude pour nous d’avoir “manqué” une partie somptueuse de la Carretera (en bordure du rio Baker).

Quand partir ?

Très largement sans asphalte, elle reste pour l’instant relativement peu fréquentée des automobilistes. Et c’est tant mieux car la majorité des chemins restent relativement étroits et les 4×4, bien que généralement prudents et respectueux, nous aveuglent impunément dans un nuage de poussière à chacun de leur passage.

Hormis cet aspect, il est très agréable de la parcourir en vélo. Nombreux sont les cyclo randonneurs qui empruntent cette route dont la réputation n’est plus à faire. Cependant, ses chemins étant dans un état plus ou moins bon, il est important de signaler que de grands travaux ont été initiés par le gouvernement chilien et sont déjà en cours avec pour objectif de rénover et d’asphalter la totalité de la route d’ici quelques années. Mais c’est aussi ce qui fait tout son charme. Alors amoureux de la nature, profitez-en et n’attendez plus, lancez-vous !

Concernant la période de l’année à privilégier, nous avons parcouru la Carretera au cours du Printemps, soit de fin septembre à fin décembre. A cette saison le soleil est bel et bien déjà au rendez-vous (crème solaire recommandée !) tout en garantissant un climat encore tempéré (autour de 25° le jour et 10° la nuit lorsque nous y étions au mois de novembre). Par ailleurs, toute une partie de la route est bordée de lupinos (fleurs) dans un cocktail de couleurs blanches, violettes et roses. C’est donc à notre sens la période idéale
pour la parcourir. Enfin, rien à signaler au niveau du vent car la route en est relativement préservée dans un sens comme dans un autre (contrairement au côté argentin !).

Voyage à vélo sur la Carretera Austral

La Carretera Austral

Est-ce difficile ?

Nous avons réalisé 80km par jour en moyenne. La route oscille entre de nombreuses petites montées et descentes avec des dénivelés raisonnables, même si quelques pentes sont parfois un peu plus exigeantes. L’altitude elle n’excède jamais beaucoup plus de 1000 mètres. La preuve en images avec ci-dessous un exemple de profil topographique avec notre meilleur ami Openrunner, sur le trajet de Villa Santa Lucia à Cochrane :

Voyage à vélo sur la Carretera Austral

Carretera Austral

En revanche, la plus grosse difficulté tient davantage à l’état du chemin. En effet, une grande majorité de la route est encore constituée de ripio (chemin de terre et caillouteux). Si le tout se fait plutôt bien, ça secoue quand-même un peu parfois. Il est donc indispensable de disposer d’un bon vélo et d’une bonne trousse à outils au cas où (outils type clé allen, chambres à air de rechange, etc.).

Il nous est arrivé de chuter chacun à une reprise dans les descentes parfois glissantes et les attaches de nos sacoches en ont gardé quelques séquelles… Nous avons donc dû parfois user d’ingéniosité.

C’est autour de Coyhaique que se situe la seule partie asphaltée de la Carretera. Elle s’étend sur environ 50km au sud et 180km au nord de cette dernière.

Enfin, le tronçon La Junta – Villa Santa Lucia est actuellement un peu plus délicat car en travaux. 70 km très inégaux (gros cailloux, terre, ralentissements pour cause de circulation alternée…) que certains choisissent d’éviter en prenant un bus ou en faisant du stop (toujours possible en cas de coup dur vu le nombre de pick-ups dans la région). Pour notre part, nous les avons passés sans souci avec nos pneus de 26*1,75 (Schwalbe Marathon Cross).

Carretera Austral à vélo

Carretera Austral

Approvisionnement & budget associé ?

La Carretera traverse une région relativement isolée, dont les conditions climatiques sont parfois dures l’hiver. Aussi elle reste peu peuplée. Pour autant, on y trouve un certain nombre de petits villages qui permettent de se ravitailler, au moins un tous les 100km. Il est donc aisé de s’alimenter à prix raisonnable au sein des kioskos locaux (pain, pâtes, sauces, thon, etc.), même si par sécurité il est toujours préférable de prévoir 2 à 3 jours de réserves de nourriture pour être autonomes (en cas de problème technique, etc.).

Côté produits, du fait de l’éloignement tous les produits (importés) sont un peu plus chers que dans le nord du pays et la disponibilité de produits frais (fruits / légumes) n’est pas toujours garantie. Pour les moments où l’on peut cuisiner (camping ou hôtel), notre bon plan c’est le poulet (parole de coq!) qui est de très bonne qualité et coûte environ 1500 pesos le kilo en surgelé (à peu près 2€).

Côté budgétaire : globalement les logements en camping coûtent entre 3000 et 5000 pesos la nuit (soit de 5 à 8€) par personne tout équipé (wifi, douches chaudes, cuisine -parfois- ou fogon/barbecue, électricité parfois payante en sus). Compter 9000 pesos la nuit dans le dortoir partagé d’un hostel ou d’une cabana.

Quelques restaurants proposent des plats plus ou moins typiques à partir de 5000 pesos (8€) et dans un kiosko (une épicerie), un paquet de pâtes ou de riz coût en moyenne entre 500 et 1000 pesos et une plaquette de chocolat autour de 2000 pesos (3€).

Seule Coyhaique dispose d’un supermarché Unimark avec une réelle variété qui rend les courses jouissives. Cochrane a également un supermarché (place centrale) bien achalandé avec notamment un rayon quincaillerie très complet (nous y avons trouvé un dérailleur de vélo!).

Sur le plan de l’eau, comme en Patagonie en général on trouve facilement des cascades et sources d’eau tout à fait bonne et potable le long de la route sans besoin de filtre ni de pastilles pour la purifier.

Voyage à vélo sur la Carretera Austral

Carretera Austral

Petite précision importante néanmoins en ce qui concerne le retrait d’argent ou le paiement par carte bancaire, les distributeurs et machines ont tendance à ne pas fonctionner avec les VISA étrangères. Ce fut le cas à Cochrane et à Futaleufu notamment où seules les cartes Gold Mastercard fonctionnent. Ces dernières étant visiblement également refusées dans certains endroits, l’idéal
est de pouvoir disposer des deux moyens de paiement et surtout de disposer de liquide sur soi en quantité suffisante. Les risques de vols sont limités dans ces régions même s’il vaut mieux toujours être vigilant.

Logistique / Transport :

Plusieurs traversées en bateau sont nécessaires sur la Carretera.

Voyage à vélo sur la Carretera Austral

Les traversées en bateau sur la Carretera Austral

Précisément, elles sont au nombre de 4 :

1. En premier lieu : Villa O’Higgins.

Car si Puerto Montt est facilement accessible via son aéroport ou via un certain nombre de bus depuis le reste du pays, Villa O’Higgins est en revanche une ville beaucoup plus isolée. En effet, la ville se situe en bout de route et au bord du lago San Martin (dénomination argentine) ou lago O’Higgins (pour les chiliens). Un bateau la relie ainsi au village (fantôme) de Candelario Mancilla puis un chemin de 80km environ (attention : montée difficile avec de gros cailloux sur les 15 premiers kilomètres !) mène à El Chaltén en Argentine (aux pieds du mont Fitz Roy). Sur ce même chemin se trouve un autre lac qu’il faut traverser : le Lago del Desierto dont la présence de bateau n’est pas assurée à l’heure actuelle (plus de détails sur ce sujet dans les mises en garde un peu plus loin dans l’article).

  • Durée du trajet : 2h.
  • Horaires des bateaux Villa O’Higgins – Candelario Mancilla (ou inversement) : environ une ou deux fois par semaine (samedi 17h dans notre cas).
  • Tarifs : 42000 pesos chiliens payables à bord du bateau en cash ou CB (VISA et Mastercard OK).
Voyage à vélo sur la Carretera Austral

Traversées en bateau sur la Carretera Austral

2. Un autre fjord ne peut être contourné à proximité de Villa O’Higgins.

Il s’agit du fjord qui relie Rio Bravo à Puerto (ou Caleta) Yungay. Cependant, la traversée est gratuite.

  • Durée du trajet : 50 minutes.
  • Horaires des bateaux :
    • Puerto Yungay – Rio Bravo (nord vers le sud): 10h, 12h et 18h
    • Rio Bravo – Puerto Yungay (sud vers le nord): 11h, 13h et 19h
  • Tarif : Gratuit.

3. Hornopirén à Caleta Gonzalo

  •  Durée du trajet : 60 minutes.
  •  Horaires des bateaux :
    • Hornopirén à Caleta Gonzalo : 10H30
    • Caleta Gonzalo à Hornopirén : 14H
  •  Tarif : 5000 pesos (8€).
Voyage à vélo sur la Carretera Austral

Traversées en bateau sur la Carretera Austral

4. Sud de Puerto Montt à Caleta La Arena

  • Durée du trajet : 40 minutes.
  • Horaires des bateaux : 1 à 2 départ(s) par heure toute la journée (de 7h à minuit environ).
  • Tarif : 2700 pesos (4€).

II- NOS BONS PLANS

Logement :

Il est important de préciser que les possibilités de camping sauvage sont très nombreuses sur la Carretera Austral. Nous avons largement privilégié ce mode de camping (7 de nos 10 nuits sur la Carretera au final). Le nombre de cyclistes rencontrés, et donc de bons plans, doit y être pour quelque chose !

A notre tour donc de tenter de rendre la pareille, tout en sachant que de nombreux endroits sont difficilement descriptibles ni identifiables sur une carte. Et puis après tout il n’est pas toujours très simple ni souhaitable de planifier ses nuitées à l’avance dans un tel voyage en cyclo. Le mieux est selon nous de juger et de choisir son campement soi-même une fois sur place.

Voyage à véki sur la Carretera Austral

Bivouac sur la Carretera Austral

Outre ces possibilités de camping sauvage, nous avons quand-même tenu à recenser des endroits de campement plus officiels qui nous ont plu.

NB : Les kilométrages indiqués dans cet article s’entendent donc du sud au nord, soit en quittant Villa O’Higgins pour remonter vers le nord.

KM 30 & 52 – Refuges gratuits

Il y a 2 refuges gratuits sur la route en sortant d’O’Higgins. Le premier se situe au bout de 30km sur le côté droit. Il est en bord de route près de l’entrée d’une ferme. Bien qu’il y semble rattaché il en est bien indépendant et peut être utilisé par n’importe qui.

Le second se situe 22km plus loin et est un peu plus difficile à voir. 1 km avant d’y arriver il y a une petite ferme à environ 50 mètres du côté gauche de la route, en bordure d’un petit cours d’eau. Le refuge, lui, est sur le côté droit de la route et est un peu caché par quelques arbres bien qu’à seulement 20 mètres de la piste. Il faut s’engager sur le petit chemin pour le découvrir. Ces refuges sont en bois, basiques, mais disposent d’une cheminée pour, selon le temps, se réchauffer ou faire un BBQ. Nous concernant, elle aura été très utile pour faire sécher les affaires (nos 2 premiers jours ayant été marqué par la pluie (avant que le soleil ne s’installe définitivement).

A noter également qu’à côté du second refuge est placé un container pour pouvoir héberger plus de monde. Le confort y est encore plus précaire mais cela peut être utile en cas de forte affluence.

Voyage à vélo sur la Carretera Austral

Hébergements sur la Carretera Austral

Rio Bravo / Puerto Yungai

Sur chaque rive du fjord qui relie les embarcadères de Rio Bravo et Puerto Yungai se situent 2 salles d’attente qui peuvent être utilisées en tant que refuges gratuitement.

Celle de Puerto Yungai est occupée en partie par un bureau d’administration militaire mais aucun souci avec eux.

Cochrane

Hospedaje – Camping : Calle Doctor Steffens 420

Pas de nom officiel à ce camping mais un panneau en bois devant la maison indiquant simplement « Hospedaje Camping ».

Cet endroit a été un lieu spécial pour nous pendant notre galère sur place. Nous ne pouvons que le recommander de par le cadre du jardin (hamacs, barbecue), son prix modique (3000 pesos la nuit) et l’extrême sympathie de la patronne avec qui nous avons partagé quelques repas et qui nous a fait crédit de plusieurs nuits lorsque nous avions un souci de carte bancaire.

Puente del rio Rio Barrancoso

Refugio / Camping La Araucaria

81km après Puerto Yungai la route croise le Rio Barrancoso et tourne
immédiatement à droite. Au même endroit sur la gauche part un petit chemin à l’entrée duquel se trouve un panneau en bois. Celui-ci indique notamment la direction du refuge situé 3 km plus loin. La nuit y coûte 3000 pesos chiliens et le cadre est au rendez-vous puisque l’on dispose d’une petite maison pour soi dans un petit parc avec chevaux, poêle pour feu à volonté et eau courante (froide). Pour nous, ce sera un petit riz au lait maison en dessert ce soir-là. La propriétaire habite à 100 mètres et vend quelque produits (un peu chers) faits maison (pain, confiture, oeufs…) qui peuvent servir.

Voyage à vélo sur la Carretera Austral

Hébergements sur la Carretera Austral.

Villa Mañihuales : casa de ciclista de Jorge

Prendre la rue qui monte en face de la station essence, puis c’est la dernière maison qui fait l’angle à gauche en arrivant sur le parc. Elle est attenante au magasin de vélos qui se situe là.

Le fonctionnement d’une casa de ciclista est que l’hébergement est très majoritairement gratuit et que l’échange est la base. Bons plans, cartes et autres infos sont échangées afin d’améliorer le voyage de l’autre dans la mesure du possible. Dans le cas présent le confort est très basique mais environ 5 personnes peuvent dormir sur place, il y a tout un tas d’outils à disposition pour les vélos (qui passent la nuit à l’intérieur), des WC et une douche (froide). Tout ça grâce à la bonté de Jorge, le maître des lieux, qui tient cet endroit ouvert et qui s’est montré très serviable lorsque nous l’avons croisé.

Voyage à vélo sur la Carretera Austral

Hébergements sur la Carretera Austral.

Puyuhuapi – Camping La Sirena

Situé en bordure du lac, il faut circuler le long du rivage pour trouver ce camping. Il est très peu cher, 3000 pesos chiliens, et offre une bonne prestation (wifi, abri du vent et pluie pour les tentes, maisonnette équipée d’un poêle à bois).

Attractions / visites :

Nous avons testé pour vous et nous vous recommandons les lieux suivants :

– le parc national Queulat dans lequel se situe Puyuhuapi et dont les
attractions nous ont séduites. Tous les sentiers sont payants (4000
pesos) mais il suffit de s’acquitter une fois pour ensuite avoir droit à
tous.

1. Sendero Bosque Encantado

Sentier de randonnée court (2h aller-retour) dans une forêt très verte et presque luxuriante à l’état brut enchanteur (d’où son nom qui signifie « la forêt enchantée ») qui se finit sur un lac magnifique dans lequel baignent, tels des glaçons, de nombreux blocs de glace.

A noter, ce sentier n’est pas très bien indiqué et nombre de voyageurs le loupent. L’entrée se situe au bout de 3km de la montée (très raide !) qui commence au début du ripio après le pont de Piedra del Gato.

2. Ventisquero Colgante (glacier suspendu)

Environ 30km après le Bosque Encantado le long de la route, c’est l’attraction phare du parc. Le sentier long (3h aller-retour) vaut vraiment le coup de part le point de vue qu’il offre.

Voyage à vélo sur la Carretera Austral

Ventisquero Colgante – Carretera Austral

3. Thermes d’eau chaude de Puyuhuapi

Avant d’arriver à Puyuhuapi (15km après le Ventisquero Colgante), un établissement se situe sur le côté gauche de la route. 25000 pesos l’entrée mais pour un cadre magique et la possibilité de se baigner directement dans l’eau salée du fjord! Sans aucun doute un luxe qui saura détendre vos petits muscles fatigués.

Voyage à vélo sur la Carretera Austral

Thermes d’eau chaude de Puyuhuapi – Carretera Austral

Mais il y a aussi de nombreux autres incontournables, situés sur ou à proximité de la route. Parmi eux :

L’Ile de Chiloé : archipel de pêcheurs connu pour ses maisons
multicolores (souvent sur pilotis, les palafitos) et ses nombreuses petites églises en bois (dont plusieurs sont classées au Patrimoine Mondial de l’Unesco). Accessible par la route depuis Puerto Montt ou en bateau ;

– Puerto Varas, surnommée la “ville des roses”, est située au bord du lac Llanquihue, le plus grand du Chili et dominé par les volcans Osorno et Calbuco. A proximité se trouve également le lac Esmeralda réputé pour ses sublimes couleurs bleutées.

– Le Lago General Carrera (lago Buenos Aires pour les argentins): le 2ème plus grand lac d’Amérique du Sud. Un détour est possible jusqu’à la petite ville de Chile Chico via la route 265.

– Las Capillas de Marmol : formation géologique d’une chapelle de marbre. Accessible depuis Puerto Tranquilo (dans la réserve naturelle Cerro Castillo).

– La Cueva de las Manos : site archéologique de peintures rupestres très bien conservées. Accessible via un détour sur la Ruta 40 côté argentin.

– Caleta Tortel : petit village pittoresque sur pilotis, situé à 44km au nord de Puerto Yungai & à 100km au sud de Cochrane.

Et bien d’autres…

III- MISE EN GARDE : FOCUS SUR LE LAGO DEL DESIERTO

Le trajet pour rejoindre O’Higgins depuis El Chaltén en Argentine (ou l’inverse) comporte un passage délicat qu’il convient de mentionner: le Lago del Desierto.

Voyage à vélo sur la Carretera Austral

Traversées en bateau sur la Carretera Austral

D’El Chalten, prendre la très belle route en sortie de ville qui mène à l’embarcadère sud du Lago del Desierto au bout de 35km de ripio standard. C’est dans la traversée du lac que réside le point d’interrogation puisque la présence d’un bateau en état de fonctionnement n’est pas garantie à l’heure où nous écrivons ces lignes. Lors de notre présence sur place mi-novembre il n’y avait pas de bateau et nous savons qu’au 30 décembre il n’y en avait toujours pas.

La situation est peut-être résolue maintenant mais si ce n’est pas le cas il faut savoir que la seule alternative est d’emprunter le sentier de randonnée qui longe le lac et c’est là que ça se corse ! 12km qui se font, avec le vélo chargé et en fonction du poids, en 8 à 18 heures tout de même selon les récits (15h nous concernant) et dans tous les cas l’assurance d’une belle galère car il faut souvent acheminer vélo et sacoches séparément pour passer les obstacles du sentier. Le tampon de sortie de territoire argentin se fait au poste de police situé sur la rive nord du lac puis il reste 6 km d’un chemin à peine plus facile que le sentier du lac (compter de 3 à 7 heures de labeur) avant d’arriver au chemin qui marque le début de la zone où l’on peut à nouveau rouler.

C’est un ripio de qualité très inégale de 17km qui mène au poste de police chilien ou se fait la démarche d’entrée au Chili, à Candelario Mancilla, et où se trouve l’embarcadère pour le bateau qui mène à Villa O’Higgins. Un plan assez galère donc. On vous souhaite tout simplement que le bateau ait été remis en état de fonctionnement !

Important: revérifier les informations auprès d’un maximum de sources possibles. Les meilleures étant les voyageurs qui arrivent en sens inverse. Prendre les informations de l’office du tourisme d’El Chaltén avec des pincettes puisque l’échange d’informations Chili Argentine est à peu près inexistant et nombre de leurs indications se sont révélées fausses.

IV- APRES LA CARRETERA…

Pour ceux qui termineront la Carretera par le sud à Villa O’Higgins, nul doute que beaucoup d’entre vous penseront à poursuivre la route via la Ruta 40 (puis la Ruta 3) jusqu’à Ushuaia. Au programme, nous vous recommandons l’itinéraire suivant via la Ruta 40 : randonnée au mont Fitz Roy et Cerro Torre à El Chaltén, puis un peu plus au sud visite en bateau et marche sur glace sur le glacier Perito Moreno (côté argentin) à proximité de la ville d’El Calafate, puis randonnée d’une semaine (le « W ») dans le grandiose parc Torres del Paine (de nouveau côté chilien) avant de redescendre à Terre de Feu via Puerto Natales & Punta Arenas où vous prendrez le bateau jusqu’à Porvenir pour traverser le Détroit de Magellan.

Voyage à vélo sur la Carretera Austral

Après la Carretera Austral

Pour les autres qui décideront de suivre nos traces du sud au nord, sans pouvoir nous avancer sur le plus grand ou moindre intérêt de la bifurcation d’itinéraire que nous avons fait, nous pouvons clairement dire que nous ne regrettons pas notre choix. En effet, dès la sortie de la route la ville frontalière de Futaleufu offre l’un des meilleurs spots de rafting au monde !

Voyage à vélo sur la Carretera Austral

Rafting sur la Carretera Austral

Puis côté argentin on rejoint la Ruta 40 sur laquelle se succèdent tout à tour Cholila (célèbre pour sa ferme où a vécu Butch Cassidy), le Lago Epuyén, El Bolson qui vibre d’une touche hippie et psychédélique (passage recommandé par la Casona de Odile) et la plus Suisse de toutes San Carlos de Bariloche (spécialité : le chocolat) avant que ne se profile la magnifique et très réputée « route des 7 lacs » argentine (via la jolie San Martin de Los Andes) qui nous a mené jusqu’au Paso Tromen ou Maluil Malal (qui longe le volcan Llaima).

Carretera Austral à vélo

Route des sept lacs – Carretera Austral

Nous espérons que notre expérience pourra vous éclairer un peu plus dans la vôtre… Pour ceux qui parlent espagnol, il existe également une brochure très utile et parfaitement détaillée réalisée par le ministère du tourisme chilien et c’est en lien ici.

Pour nous suivre et interagir avec nous, on vous donne rendez-vous sur notre site : www.lescoqsenselle.com et notre page Facebook :
www.facebook.com/lescoqsenselle. Au programme : le suivi de notre
itinéraire en temps réel, des trucs et astuces aux voyageurs, des photos, des vidéos, des chroniques…

Bonne route !

Greg & Jul
aka « Les coqs en selle »

Les coqs en selle

 

 

 

 

[Note: Toutes les photos incluses dans cet article relèvent du droit d’auteur et sont la propriété exclusive des coqs en selle.]

Merci beaucoup aux coqs en selle d’avoir écrit un article aussi complet et précis, qui, je n’en doute pas, sera très utile à plus d’un cyclo. 

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Bertrand

C’est à la suite d’un tour du monde à vélo réalisé entre 2011 et 2012 que ce blog a vu le jour avec pour objectif de mettre à disposition du futur voyageur, au long cours ou en vacances, les informations nécessaires à sa préparation.

20 CommentairesEcrire un commentaire

  • Merci de tout ces précieux renseignements.
    Car nous partons (en couple) au mois de juillet en direction de ce trip vélocipédique via: Espagne, Équateur, Pérou, Bolivie, Chili Argentine et puis après ?

    • en mai 2011,je suis parti de Prudhoe Bay au nord de l’Alaska pour Ushuaia, tierra de fuego . A cause de circonstances ,accident, je n ai pas encore terminé .a l’automne 2014 je retourne finir de Santiago à Ushuaia par la carretera australe pourriez vous me faire parvenir un itinéraire détaillé ……………. Vous pouvez voir mon blogue ” beaudoinavelo”
      Merci

    • Beau voyage. Les coqs sont sur la route et ne peuvent que difficilement assurer le SAV commentaires. La partie Carretera est particulièrement bien détaillée dans cet article. Vous devriez trouver plus d’infos sur la partie Santiago – Puerto Montt directement sur leur blog.
      Bonne fin de voyage.

    • Bonjour,

      idem pour nous, mais on démarre au Pérou. On est juste encore en train de choisir le pays qui nous servira de “sas” et nous permettra de rouler un peu plus tranquille avant d’attaquer la montagne péruvienne….
      On se croisera peut-être sur la route?

    • précision: quand je dis “idem pour nous”, c’est en réponse à Rogeat (ça n’apparait pas clairement dans le fil de la discussion). Et le “pays” en question pourrait être Cuba, ou le Costa Rica.

  • Merci pour tous ces bons conseils ! Cela devient une obsession pour moi ; même une double obsessions :
    – je n’ai encore jamais voyagé en vélo, mais depuis que je lis LBDL, je vois des signes partout ! Je dois partir voyager à la force de mes jambes (à pieds ou à vélo, je dois encore voire … le débat entre Bertrant et Aala n’est pas encore clos pour moi ! :p ;) )
    – et la Route Australe, ses paysages magnifiques, sa nature et le sentiment de liberté qui s’en dégage : un rêve ! Pourtant, à la base, je n’aime pas le froid … Mais tout le monde change ;)
    Tant qu’à être “au bout du monde”, j’aimerais aller poser les pieds en Antartique : vous ne vous y êtes pas essayé ? Des infos/conseils à ce sujet ?

    Niveau équipement pour les vélos, remorques, sacoches, matériel camping, … une idée du budget totalt (je sais, c’est pas facile comme question !)

    Un plaisir en tout cas d’avoir découvert votre blog : je vous suit sur Facebook pour ne rien manquer de l’aventure ;)

  • Merci Arnaud, mais je ne suis pas assez téméraire que pour traverser l’Antartique à vélo ! ;)

    Je voulais juste descendre la Route Australe, et tout au bout prendre un bateau, et mettre les pieds sur l’Antarctique ; peut-être faire aussi de la plongée sous glace … enfin, je ne sais pas très bien ce qui est possible encore, c’est encore au stade de rêve et de brainstorming ;)

    • Salut Amandine,

      Nos Coqs sont sur la route à présent, la réponse se fera peut être attendre.

      Concernant le matériel, il y a comme partout tous les prix, mais en moyenne un vélo de voyage tourne autour des 1500€ ( selon que tu le montes toi an allant chercher les meilleurs tarifs sur internet ou prennes un vélo complet prêt à l’emploi, que tu sois en transmission classique ou vitesses intégrées au moyeu, ça peut vite aller du simple au double). Les sacoches 350/450€ selon les modèles Ortlieb. La tente c’est 3-400€, encore une fois il y a possibilité de faire avec beaucoup moins, mais si tu veux du léger, solide et pratique, ça monte vite. Ensuite les gros frais c’est le sac de couchage, aussi à 3-400€ (tu en as à 50 chez décath, mais comme toujours il faudra sacrifier le poids) ; le matelas, 80-100€, le réchaud va de 0€ si tu le fais toi (à alcool ou bois), à 150€ pour un muticombustibles puissant et robuste, et quelques dizaines d’euros pour un gaz… La popote : 15/20€ une alu chez décath, 60 voir plus une titane… A quoi il faut ajouter éventuellement des vêtements spécifiques vélo, je pense notamment au collant de cycliste qui peut vite atteindre les 100-150 euros et le casque bien sûr.
      Le vélo c’est rentable à long terme mais pas du tout à court terme ! Le tout c’est d’évaluer les probabilités de voyages à vélo à l’avenir pour savoir s’il est intéressant d’acheter tout de suite du matériel haut de gamme qui dure, ou s’il est préférable d’aller au moins cher pour un premier test. A savoir que du matériel haut de gamme ça se revend bien tandis que du bas de gamme plus difficilement… Sur les prix que j’ai indiqué, il est toujours possible de trouver des bonnes affaires, mais ça te donnes une idée et ça te préserve des mauvaises surprises).

      Pour l’Antarctique tu trouveras sur Voyageur du net deux articles qui parle de la chose en tapant simplement “Antarctique” dans la barre de recherche ;).
      L’Antarctique à vélo ça devient à la mode, surtout chez les femmes, une Australienne est en préparation ou peut être l’a t-elle déjà fait je ne sais plus, un américain l’a fait l’année dernière et il me semble en avoir vu d’autres ! Peut être un peu extrême pour un premier voyage ;)

  • Merci pour toutes ce infos Bertrand, je vais peser le pour et le contre et réfléchir à mes projets voyage dans les semaines qui viennent.
    Encore une fois, je n’ai pas l’audace de faire l’Antarctique à vélo !!! Trop extrême pour un premier essai ! :p
    Encore merci et à bientôt ^^

  • Nous voilà parés pour la route australe,
    solide article.
    Je commence l’entrainement avec les enfants, 3 et 4 ans. Première crevaison, première étape, trouver une pompe décente à Pékin.
    Y’a des bricoleurs à tous les coins de rue, mais j’aimerais avoir mon matos. Pour l’instant google map nous a induits en erreur.
    L’aventure…

    • La ville Chinoise où il est facile de s’orienter, je ne l’ai encore pas rencontrée ! Mais sur la Carretera, à moins qu’il n’y ai une panne bateau, vous ne devriez pas être embêté ;)

  • Tu as raison Bertrand, 80 bornes par jour c’est pas la mer à boire, à condition que le terrain soit acceptable. En France, plus jeune, je me basais sur 120 km en moyenne pendant une bonne semaine (de 100 à 150 selon le sens du vent)
    Aujourd’hui plus modeste, je passe quand même quelquefois les 100 bornes dans la journée. Bon courage à la jeune génération : je viens juste de passe, hier, au rang D’ARRIERE GRAND PERE !
    Je précise qu’au Mexique je ne roule pas très vite : relief, plus circulation, plus état moyen de la chaussée, mais il y a tant à voir !

    • J’arrive à passer les 100 bornes quel que soit le terrain en principe. En Alaska, le terrain était des plus dur avec un revêtement en stabilisé infecte et un enchaînement de collines cassent-pattes interminable, mais les distances à parcourir entre deux points de ravitaillement étaient telles que j’étais rarement sous les 120 bornes. Six à huit heures de vélo par jour ! Comme tu dis, bon courage à la jeune génération :). Physiquement, sur la durée, c’est épuisant et je ne suis plus motivé pour de si grosses journées.

      Félicitation pour ce nouveau rang d’arrière grand père ;)

  • Merci beaucoup pour ce site et cet article qui m’aide dans la préparation d’un voyage à vélo: ushuaia-Bogota. Départ prévu mi-novembre 2015

  • Hello,
    Un petit détail a modifier concernant le ferry d’Hornopiren :
    Ce n’est pas 60mn de traversée, mais 6h, répartie comme tel : un premier ferry de 4h depuis Hornopiren a Leptepu, une portion de 10km de route a faire en bus, auto stop ou en vélo, puis a nouveau 30mn de ferry pour atteindre Caleta Gonzalo.
    Cet été 2017, il y avait 3 horaires de voyage par jour dans les deux sens.
    Merci pour ces infos qui me furent utiles toutefois !

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