Déprimer au retour de vacances

Let’s go. L’heure est venue de s’attaquer à la question désagréable, sans quoi ce blog ne serait pas complet : LE RETOUR.

Nous sommes aujourd’hui le 14 Août et cette date n’a pas été choisie au hasard. Cela fait un an jour pour jour que je suis de retour en France. De quoi aborder les choses avec un minimum de recul.

Je revoie Jan et Rick – sociologue – dans leur luxueuse maison de North-Vancouver me dire que je me sentirais probablement un petit peu dépressif lors du retour et avoir pensé à ce moment qu’il n’y avait aucune chance

Un an à vivre dans un flux constant  d’optimisme, il était impensable que le retour puisse venir m’arrêter dans mon élan !

Et pourtant, si l’année durant laquelle j’ai voyagé fut de loin la meilleure de ma courte vie, celle qui vient de s’écouler ne fut pas la plus agréable !

Casser les normes et partir à l’aventure !

« Dans vingt ans vous serez plus déçus par les choses que vous n’avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors sortez des sentiers battus. Mettez les voiles. Explorez » – Mark Twain

J’ai longtemps cherché la forme à donner à mes envies d’aventures et lorsque je suis tombé par hasard sur le reportage Le bonheur au bout du guidon de Christophe Cousin, je tenais là l’évidence.

Il pédalait sur une route non-asphalté au milieu des montagnes lorsque la frontière Chinoise est apparue. Sous haute surveillance militaire, ça n’avait rien de très convivial mais c’est à cet instant précis que je me suis dit : « c’est ce que je veux faire ».

Alors qu’à 22 ans la priorité pour beaucoup est de finir ses études, construire une carrière professionnelle et avoir 200 chevaux sous le capot.  J’ai pris le contre-pied, ai quitté un travail qui me plaisait sans même demander un congé sans solde et ai profité de l’énergie de la jeunesse pour  réaliser un projet qui en nécessité !

Je n’ai cependant pas attendu 22 ans pour refuser de me plier aux normes. Déjà petit à l’école je n’avais aucun mal à m’écarter du groupe pour ne pas agir contre mes principes et ce quelle qu’en soit les conséquences.

Il n’y avait donc aucune chance pour que la pression sociale vienne interrompre mes projets. Encore moins pour qu’un an de voyage vienne atténuer cet état d’esprit !

Quitter sa zone de confort

« La vie commence là où notre zone de confort se termine »

J’ai publié cette citation la semaine dernière sur la page Facebook du blog.

Quiconque est un jour parti à l’aventure en témoignera.

Le problème est que je me suis adapté à la vie nomade plus vite que je ne pouvais l’imaginer, si bien que sous les grêlons et le tonnerre, sans âme qui vive à 400 km à la ronde, ou perdu par 50°C dans la poussière des pistes sud-asiatiques, je me sentais toujours profondément ancré dans ma zone de confort.

Je n’aime point les contradictions et ai fini par déduire que pour conserver son caractère enrichissant et intense, le voyage aussi devait être soumis à restriction.

Lorsque l’on commence à se sentir chez soi partout, ne serait-il pas préférable de rentrer pour mieux repartir ?

Trouver l’équilibre pour vaincre la dépendance

« Tous les excès se paient…chèrement. Équilibre et discipline personnels. Les deux éléments de base pour réussir dans la vie. » – Thérèse B. Bayol

Entre s’activer du matin au soir au travail et avoir la sensation de passer à côté de sa vie, et voyager et avoir la sensation de vivre mille vies, le choix est vite fait

Mais comme toute chose nous plaçant dans un état de bien être intense, il y a risque de dépendance et par conséquent, difficulté à se ré acclimater.

Si vous me lisez depuis le début, vous avez compris que je ne souhaite pas faire du voyage une raison d’être, je ne veux pas devenir nomade à plein temps, je veux être capable de me déconnecter de la « réalité » en voyageant, mais je veux aussi être capable de m’y reconnecter sans difficulté. Je veux vivre des moments intenses en voyage, mais je veux aussi que la vie soit intense hors voyage.

Je veux non pas me sentir libre mais être libre, et pour être libre il ne faut pas être prisonnier de ses passions. C’est facile à dire mais beaucoup plus difficile à faire, car cela signifie ne jamais se reposer sur ses lauriers.

Après un an de voyage, j’étais dans le rythme, la routine s’était installée, voyager ne représentait plus aucune difficulté, je m’y sentais plutôt bien et j’aurais pu continuer comme cela éternellement. Bien que sur l’instant ce n’était pas l’envie qui manquait,  la raison m’a ramenée à la maison !

L’endorphine, l’amie du sportif !

L’endorphine c’est cette molécule libérée par le cerveau durant un effort dit d’endurance (supérieur à 30 min) et qui vous plonge dans un état de bien-être, d’apaisement, quasi euphorique.

C’est ce qui fait que des sportifs n’arrivent plus à décrocher et peuvent s’enfoncer progressivement dans les contraintes et les sacrifices jusqu’au dégout.

Si vous coupez tout effort physique du jour au lendemain en rentrant, vous risquez de le sentir. Mais vous ne sentirez pas que cela…

Étranger chez soi

Se sentir étranger à l’étranger est naturel, mais se sentir étranger chez soi l’est moins !

L’aventure vous ouvre les yeux. Vous passez des idées que vous pouviez avoir avant à l’action, à la réalité ou à votre réalité.

Sans vous changez, le voyage réveil ce qui est enfuit en vous. Resté longtemps loin de vos repères, il vous faut retrouver vos marques parmi vos proches ou moins proches. Vous avez encore des souvenirs plein la tête, mais vous êtes seul à les avoir vécus. Les autres vous envies sans en avoir envie et ils ne comprennent pas réellement vos motivations. Si le concept de « tour du monde » fait rêver, il reste abstrait pour qui n’y a pas gouté au moins par une envie profonde. Bref, vous serez seul face à vos souvenirs et vous vous rendrez vite compte que le décalage rend tous partage impossible.

D’ailleurs en écrivant cela, je me demande si ça ne serait pas l’une des raisons qui pousse les voyageurs à bloguer.

Mais si vous êtes capable de faire preuve d’ouverture d’esprit et d’émerveillement à l’autre bout du monde face à des cultures différentes, en toute logique vous devriez pouvoir en faire autant face à votre propre culture, qu’il vous est donné de redécouvrir avec des yeux tout neufs après une longue absence !

La french touch !

Ce n’est plus un secret, la France est première puissance mondiale en matière de pessimisme. Un français sur quatre consomme des psychotropes au moins une fois par an. Vous imaginez ce que cela représente ? Je n’arrive pas à imaginer qu’une personne sur quatre croisée dans la rue a ou a eu recours à cela.

Lorsque vous êtes resté exposé de longs mois à la décontraction sud-asiatique ou à l’ultra-optimisme nord-américain, vous ressentez très clairement l’énergie négative qui circule dans l’hexagone.

Il n’est pas étonnant que certains ne reviennent jamais. Cependant si votre amour des gens et du partage vous a fait prendre le départ d’un voyage de plusieurs mois, vous vous ferez probablement un devoir de diffuser votre bonne humeur autour du vous au retour, n’est-ce pas ?

Les batteries à plat

Après un an à pédaler et à voyager,  à vivre au grand air dans des conditions « minimalistes », à manger une nourriture pas toujours adaptés et à fournir un effort quotidien. Lorsque vient la fin et que le taux d’adrénaline retrouve son seuil habituel, le coup de barre est brutal.

D’autant plus si comme moi, vous terminez le voyage le pied au planché.

J’aurais dormi 24h/24 lorsque je suis rentré !

La fatigue n’est pas la meilleure alliée d’un moral mis à l’épreuve…

Le calme après la tempête

« Les voyages sont la partie frivole de la vie des gens sérieux, et la partie sérieuse des gens frivoles » – Anne Sophie Swetchine

Parce que lorsque vous êtes fortement impliqué dans un projet qui vous passionne durant plusieurs années, le jour où cela s’arrête la sensation de vide est quasi inévitable.

Ça arrive même aux plus malins. Il semblerait qu’une partie de l’équipe ayant participée à la mission Apollo 11 a eu un retour sur terre très difficile. Si un voyage organisé sur un caillou vide vous met le moral dans les chaussettes, imaginez le résultat après un « tour du monde » à vélo :)

D’où l’importance de prendre l’aventure avec légèreté et détachement – ce qui n’empêche pas d’y aller « à fond » durant le temps imparti – et d’enchainer sur d’autres projets au retour. Quelque chose de précis qui vous motive et qui vous permet de passer à l’action tout de suite.

Ce n’est pas le genre de période où il est bon de tergiverser.

Et c’est précisément sur ce point que j’ai buté…

Les aléas du direct

Les aléas du voyage ont fait que c’est en Chine que j’avais prévu de passer la période post-retour. Et le destin a voulu que je n’obtienne pas le visa.

Cela faisait cinq mois que je m’y préparais psychologiquement et au retour il s’est avéré que le visa travail était très compliqué à obtenir – jusqu’à un an d’attente – pour finalement, après plusieurs mois, devoir se rendre à l’évidence que je ne l’aurais jamais.

Le projet me tenant au moins autant à cœur que ce voyage, j’ai mis un certain temps avant d’avaler la pilule. Surtout que en plus de la déception, cela signifiait reprendre tout à zéro.

Lorsque vous voyagez une année de la sorte, vous êtes amené à rencontrer beaucoup plus de monde qu’à l’ordinaire et vous n’êtes pas l’abri d’une ou plusieurs rencontres susceptibles de changer le cours des choses

Le bilan

« Le plus grand voyageur est celui qui a su faire une fois le tour de lui-même » – Confucius

Le bilan est que la vie en voyage est si facile que cela peut très vite devenir une fuite. Vous êtes partie sur des bases saines avec l’envie de découvrir le monde qui vous héberge et passer un peu de temps avec vous-même et vous vous retrouvez à ne plus vouloir/pouvoir rentrer par lâcheté, de peur de devoir affronter à nouveau la vie.

La fuite en voyage est un sujet qui revient régulièrement sur les forums, tôt ou tard, tous les blogueurs l’abordent, et souvent j’ai un avis beaucoup plus tranché sur la question que ce que je peux lire ici ou là.

Déjà, je fais la distinction entre fuir et… fuir ! La fuite positive : prendre le large un temps pour mieux revenir. Et la fuite négative : prendre le large tout le temps pour ne pas revenir.

La première c’est ce que j’appelle le voyage, la seconde c’est ce que j’appelle la fuite. Peu importe laforme qu’elle prend, que ce soit par la drogue, le sport, le travail  ou le voyage, ce qui m’intéresse ce n’est pas le support mais le sentiment de départ. Le fond.

Alors le voyage vous semblera probablement être une manière plus saine de fuir que l’alcool, et il est surtout plus agréable d’avoir le titre de voyageur que celui d’ivrogne, mais tout cela n’est qu’une question de perception. Je pense que, et l’alcool et le voyage, ne sont ni bon ni mauvais en soi. C’est ce que l’on en fait qui est bon ou mauvais.

Pour juger du fait que ce soit bon ou mauvais, je n’ai qu’un critère. Est ce qu’à long terme la voie choisie a une chance de mener au bonheur ? Mettez-y sagesse ou éveil spirituel si vous préférez, le mot n’a pas tant d’importance que l’idée.

Si comme moi vous considérez qu’avoir recours à l’alcool pour fuir ses problèmes mène droit dans le mur, vous considérerez aussi qu’avoir recours au voyage mène au même endroit ! Car dans les deux cas il s’agit de fuite, et en toute logique, une même chose ne peut mener à deux résultats opposés.

Si je n’ai aucun doute quant au fait que la fuite ne mène nulle part, je n’ai aussi aucun doute quant au fait que le voyage est l’une des choses les plus enrichissante qui soit, pratiqué de manière équilibré.

Par « équilibré » j’entends le voyage par choix, non par défaut ;  le voyage comme direction, non comme fin en soi ; la liberté, non la dépendance.

J’ai au cours des mois qui ont suivi le retour eu plus d’une fois envie de claquer la porte et reprendre la route, mais j’étais bien conscient que la motivation n’était plus de voyager, seulement de fuir cette situation qui m’énervait au plus haut point. Aussi, j’étais tout autant conscient que cette décision me mènerait tout droit dans le mur.

Aujourd’hui, je ne suis pas mécontent de m’être « rentré dedans » pour sortir de ma zone de confort qu’était le voyage. A force de persévérance, l’optimisme et l’apaisement m’habite à nouveau. Et ceux-ci sont bien réels, indépendant de mes conditions de vie (toute mesure gardée).

Parce qu’il faut bien l’avouer, être optimiste et de bonne humeur en voyage quand tu as zéro responsabilité, que tu n’as rien à perdre, tout à gagner et que ton esprit est constamment occupé par la nouveauté, c’est de l’optimisme au rabais. Mais ça a au moins le mérite d’indiquer la direction. C’est ce pour quoi j’ai voyagé : pour emprunter un chemin, non atteindre une destination.

Je voulais vivre une expérience enrichissante qui me soit bénéfique pour le restant de mes jours. Il a fallu que je tourne la page pour que le bénéfice réel se fasse sentir.

Dans les années 90 il y a un petit jeune bien sympa, un brin excessif, mais plutôt réfléchi, qui a jouait avec le feu et qui s’est brulé ! Lui a voulu resté en accord avec ses principes, et plutôt que de fuir la société tout en continuant à en profiter, il a choisi la voie ultime : la nature. Vous le connaissez tous, c’est Christopher McCandless. Dont l’histoire a donnée le Livre et le film Into the wild. Avant de mourir il avait pris la décision de rentrer. Il s’est retrouvé coincé par la nature et il est mort. Son histoire a fait le tour du monde. Plus qu’une mort c’est un symbole, aujourd’hui encore des gens sont prêts à risquer leur vie pour se rendre au bus dans lequel il a vécu.

Bien avant de voyager cette histoire m’avait fait réfléchir et je ne peux que vous invitez à en faire autant si ce n’est pas déjà fait. C’est le meilleur conseil que je puisse vous donner sur ce blog. Ne pas confondre la vie et le voyage, faire du voyage une où des étapes vers la réussite, mais ne pas y trouver un refuge à ses problèmes. Faire preuve de courage et rentrer quand l’heure a sonnée. Faire preuve d’encore plus de courage et ne pas repartir pour combler un vide.

Ce n’est que depuis que je suis parvenu à tourner la page et que je ne sens plus le besoin de voyager, que je commence à penser doucement à ma prochaine destination !

C’est selon moi la clé d’un voyage réussi et… d’un retour réussi.

Il y a plusieurs points dans cet article que j’aurais aimé développer en détail, j’aurais aimé vous donner en exemple toutes les rencontres et expériences qui m’ont permis de me forger ces idées mais vous venez déjà de lire six pages et je ne pense pas que plus soit vraiment nécessaire pour que l’article atteigne son objectif.

Je fais via ce blog l’éloge du voyage (à vélo), je peux éventuellement donner envie ou participer à la prise de décision et pour avoir la conscience tranquille je me dois d’aborder les aspects moins glorieux mais bien réels. Je n’ai pas écrit cet article pour convaincre, mais s’il peut permettre à un jeune ou moins jeune de partir dans de meilleures conditions alors il n’aura pas été inutile.

Les forums sont une source d’inspiration à l’écriture des articles que vous trouvez sur ce blog. Le retour fait partie des inquiétudes du voyageur et vous avez là ma réponse détaillée à la question.

Pour que cet article soit complet, j’attends bien sûr de vous que vous me donniez votre avis sur la question, ainsi que le ressenti que vous avez pu avoir en rentrant d’un long voyage.

Je vous dis à bientôt et en attendant, faites de beaux voyages. ;)

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Bertrand

C'est à la suite d'un tour du monde à vélo réalisé entre 2011 et 2012 que ce blog a vu le jour avec pour objectif de mettre à disposition du futur voyageur, au long cours ou en vacances, les informations nécessaires à sa préparation.

79 CommentairesEcrire un commentaire

  • Je trouve ta réflexion très juste et pertinente. Je me surprends parfois moi-même à développer une forme d’addiction au voyage, à vouloir voyager sans cesse juste pour fuir le quotidien ou à me plonger dans la préparation de mes prochains voyages pour m’évader et fermer les yeux sur ce qui crée mon malaise (un moment difficile au travail par exemple). Du coup j’essaie de sortir de cette dynamique pour vivre le voyage “sainement”. Je n’ai pas (encore) fait de tour du monde mais je peux imaginer la difficulté du retour. :)

    • Le tout c’est de se surprendre à temps ;)
      Quand ce genre d’idées me traverse l’esprit, je sais au fond de moi que ça ne débouchera pas sur un départ. Je ne me vois pas enchainer des cols et me bouffer de la piste si le mental ne suit pas derrière !

  • Bravo! Un super article qui me fait réfléchir, moi qui part en tour du monde dans 3 jours à peine ;-). Je t’avoue que nous nous sommes aussi posé la question du retour avant même notre départ. Comme nous voyageons en couple, il était important pour nous de partir tout en connaissant les attentes de l’autre. Du coup il fallait qu’on en discute avant de partir afin de savoir ce qu’on voulait faire après le voyage. Et de ce côté là, je crois qu’on a assez la même conception du voyage. On le voit comme une étape et on espère rentrer avec des projets professionnels qui nous motiveront autant que le voyage! Et on compte bien sur le voyage pour nous inspirer un peu… On va garder les yeux grand ouverts pendant toutes cette période. On se laissera émerveiller et évidemment inspirer afin de rentrer avec le plus d’idées possibles ;-). Donc du coup on espère que notre voyage sera, tout comme pour toi, une des étapes menant à la réussite ;-)
    Sinon j’aime aussi bien ce que tu dis quand tu parles “du décalage qui rend tout partage impossible”. Du reste on ne parle que très peu de ce projet de voyage avec nos amis. Ca ne les intéresse que peu car ils bossent eux! Ca explique peut-être pourquoi le blogging. Quand tu écris tes histoires sur un blog, seuls ceux qui s’intéressent à tes histoires passent les lire ;-)… Tu ne forces personne! Enfin, c’est juste mon avis…
    Finallement, on repassera peut-être sur ton article lorsqu’on rentrera… histoire de te donner notre feeling post-voyage ;-)… Encor merci pour ce super article ;-)

  • Article passionnant Bertrand. Décidément, c’est un plaisir de lire ton blog.
    Quand je suis rentré de mon année sur la route, à vrai dire j’étais content de rentrer. Je n’aurais pas continué plus longtemps. Ça n’était pas le manque de confort, la cuisine ou je ne sais quoi d’autre qui me manquait, ça je m’adapte sans problème. Mais la soif de découverte n’était plus la même. Et puis ce satané Larium (traitement anti-palu) m’avait rendu malade et complètement déprimé (une chance qu’on ne prescrit plus cette m$r#$)
    Et puis j’avais hâte de partager avec mes proches ce que je venais de vivre. J’adore voyager seul, mais ça manque tout de même parfois de ne pas pouvoir partager ce qu’on vit.
    Par contre, comme tu le dis très bien, ce qui m’a pas mal déstabilisé, c’est qu’à part quelques amis épris de voyage et très proches, avec les autres, ça ne passait pas. Revenaient les sempiternelles questions “c’est où l’endroit le plus dangereux où t’es allé” et d’autres du même acabit !!! Le truc qui me fait hurler. Non, je ne suis pas une tête brûlée inconsciente. Je ne vais pas dans des pays à la réputation quelquefois désastreuse, souvent en grande partie à tort du reste, pour me la jouer. J’y vais parce que je suis curieux et que je veux y aller. Tu prends la tangente en répondant par une boutade et la question revient. Les gens veulent de toi des trucs qui font peur comme ce qu’on leur sert au 20h !! Du coup, je ne parlais plus de mon voyage et ça ça m’a déprimé c’est vrai.
    Et c’est clair que le blog, c’est pas mal pour se faire plaisir avec ses voyages. C’est peut-être un peu égocentrique, mais bon … qui ne l’est pas un peu !!

    • J’étais parti avec de la malarone suite aux témoignages sur les forums justement. Médecin traitant et médecin du centre des maladies infectieuses me conseillaient le larium !

      La soif de découverte après un an, je crois qu’elle diminue chez tout le monde. On s’adapte à tout et personne ne reste motivé éternellement sur le même projet. Si j’étais super motivé sur la fin c’est parce que j’ai fini par l’Alaska et que je considérais cette partie comme un voyage dans le voyage. C’était vraiment MON “rêve” l’Alaska. Je n’ai pas cité McCandless pour rien ;).

      Sinon pour le côté percutant. Lorsque je suis rentré, la mairie de mon village avait organisé une petite réception et il y avait une journaliste. Elle voulait absolument que je lui dise que ça avait été super dur, que j’étais passé à deux doigts de la mort, que mon chez moi m’avait manqué… Elle ne m’a même pas recontacté trois mois plus tard comme elle me l’avait dit, elle était déçue :)

  • Je suis tout a fait daccords en ce qui concerne “Partir pour mieux revenir”. C’est la fuite qui m’a fait partir pour mieux me reconstruire, Et petit a petit, la construction se fait et je deviens de plus en plus forte, voulant respecter mes convictions. j’ai pense a cet etat de fuite que beaucoup de personnes experimente, fuire le pays car il devient de plus en plus mauvais, je ne suis pas d’accords avec cet etat d’esprits, La France est le pays ou ma famille vie, et je veux continuer a vivre pres d’eux et mes enfants un jour egalement, de plus, Je suis partie pour mieux revenir et plus que jamais a me battre pour aider mon pays a devenir meilleur, pour les Francais, pour ma famille, mes amis, et les voyageurs. Et pourtant je me suis toujours considere Terrienne avant tout, je Grandis et me construis dans le monde, et je vivrais avec ma famille.

    • Je suis content de te l’entendre dire ;).
      Pareil, je ne voulais pas partir en Chine pour ne pas être en France. J’avais même peur de ne jamais m’adapter à la vie dans ces immenses villes.
      Je suis bien ici et je n’ai plus aucune raison valable de m’expatrier. Cependant, si on pouvait retrouver l’ultra optimisme comme c’est le cas outre atlantique je ne serais pas mécontent. Et si je peux y participer même un tout tout petit peu, je serais encore plus content ;)

  • Superbe analyse Bertrand.
    Si effectuer le premier pas pour partir est dur pour certain, effectuer le dernier pas pour rentrer est dur pour tout le monde.
    La boucle est bouclée un superbe blog que j’ai eu plaisir à lire.

    • La boucle est bouclé mais de plus petites s’ouvriront à nouveau de temps à autre. Dès l’été prochain si tout se passe bien.
      Quant au blog, il continu bien sûr sa route, tant qu’il y a des lecteurs ;)

  • Ton article m’a beaucoup intéressé, et malgré la longueur, ne t’inquiète pas, il touche juste où il faut et accroche le lecteur jusqu’au dernier mot.

    La question du voyage et de la fuite, je l’ai d’abord vécu dans le regard des gens : “Tu veux partir ? C’est que tu veux fuir quelque chose”. Et avant le départ, rien à faire, je ne voyais pas ce que je pouvais bien fuir !

    Contrairement à toi, j’ai commencé à encaisser le choc du retour quelques jours avant de prendre “le dernier vol”. J’ai pleurer toutes les larmes de mon corps sur le malecon de l’île San Cristobal, aux Galapagos : j’allais quitter ce paradis et cette vie d’aventure, pour retourner à une petite vie “métro-boulot-dodo”, rangée dans un petit appartement comme on range un jouet dans sa boîte à contre coeur.

    Heureusement que mon conjoint était à mes côtés pour me faire réaliser que le meilleur n’est pas derrière nous, et que de belles choses nous attendent. … Mais quand même, c’est dur ! Le coup de blues, je l’ai à chaque voyage, rien à faire !

    Et encore aujourd’hui, j’ai l’impression que ma vie est sur pause lorsque je ne voyage pas. Tu parles des français dépressifs … Je peux te dire qu’en Belgique, c’est bien la même chose. Et je trouve ça terriblement «freinant» de vivre entourée de gens au moral à zéro, souvent occupés à se plaindre de leurs soucis qui finalement sont bien peu de choses …

    Voyager apporte une ouverture d’esprit, un nouveau regard sur le monde, sur soi et sur sa manière de vivre. Si une chose est sûre : je ne fais pas (plus ?) partie de ces gens qui s’angoissent pour des détails, des choses insignifiantes. On devient capable de prendre du recul et de relativiser … et de «tirer» les gens vers le haut avec notre dose d’énergie de la jeunesse comme tu dis, et de positivisme. C’est sans doute une des plus grandes forces que m’a apporté le voyage … Pour l’instant !

    • De ce côté là, personne ne m’a jamais dit que je fuyais quelque chose. Je ne pense même pas qu’ils aient pu le penser vu l’engouement qu’il y avait. Le fait d’être en vélo a pu y être aussi pour quelque chose. Les gens ne peuvent pas associer le vélo est le confort, donc ils n’y associent pas la fuite non plus puisqu’ils pensent que tu va galérer du matin au soir :)

  • Une réflexion plus qu’intéressante sur le ressenti après un voyage et surtout l’envie très forte de repartir.
    Personnellement, je préfère laisser vivre mon envie de repartir et y répondre (bon ça fait maintenant quasiment deux ans que je suis rentré il est vrai) car justement, je n’ai pas que le voyage comme projet dans la tête.
    Je veux fonder une famille assez rapidement, je veux être un entrepreneur plein de réussite, et je ne pourrais pas aussi facilement réaliser de longs voyages une fois que je me serais lancé la-dedans !

    • C’est ce que j’appelais l’équilibre.
      L’envie, bien sûr qu’il ne faut pas la tuer, il faut seulement la raisonner et la relativiser.
      Ni la famille, ni le travail ne t’empêcheront de voyager, ce sera juste un peu différent, par contre sur la durée probablement que les trois t’apporteront beaucoup plus que si tu t’étais focalisé sur le voyage.
      Cependant, cela implique un certains succès dans les deux autres domaines. Mais parait-il que quand on veut on peut :)

    • Quand on veut on peut accomplir plein de choses c’est sur ! Après comme tu le dis, c’est une question d’équilibre, et mon objectif n’est pas de réussir à tout prix mais justement de faire ce qui me plait, quit à gagner moins ;)

    • Je précise que par réussite je n’entends pas argent et fortune. Mais plutôt faire ce qui nous plait avec les gens qui nous plaisent. Plus largement, être heureux.

  • L’avantage quand on tient un blog c’est que le retour annonce le tri des photos, le dérushage des vidéos et la révision des notes prises au cour du périple.
    Une sorte de deuxième voyage après le vrai.

    Je suis d’accord avec Laurent sur le fait que presque tout le monde se fout de tes impressions post voyage. Ils veulent du croustillant ! A mon retour d’Amérique latine, mes proches ont tellement focalisé sur notre agression péruvienne que maintenant je fais une pirouette pour enterrer la discussion.

    Pour cette histoire de fuite, j’adhère aux propos de Laetitia. On ne part pas pour fuir son pays, ce sont nos racines profondes et nous ne devons pas les renier, même si elle ne nous plaisent pas particulièrement.
    Quant à nos problèmes personnels, on ne les fuit pas en quittant la France, on les emmène avec nous où que l’on aille ! Ça parait logique.

    Et bien dis moi Bertrand, une journaliste pour toi tout seul ! La chance ! Dommage qu’elle a bloqué sur le côté sensationnel… Peut-être que tu lui aurais tapé dans l’œil en exagérant tes aventures. Elle était jolie au moins ? ;)

    • Elle semblait sympathique oui, mais je doute qu’elle soit venue pour moi :) Pour l’article c’est plus sûr.

      Je ne renierais jamais la France. Ça ne me viendrait même pas à l’idée de me poser la question. Je me suis toujours considéré chanceux d’être né ici.

  • Superbe article qui donne bien à réfléchir…ou pas ! A la lecture de nombreux commentaires, je m’aperçois, et c’est très souvent le cas, que beaucoup sont partis “jeunes” avant de fonder une famille ou de faire carrière….Soit ! Mais ne sachant pas réellement s’ils pourront repartir un jour, en raison d’une situation économique guère florissante ! C’est le contraire qui risque de se passer pour moi. Depuis de nombreuses années, je ne voyage qu’au moment des congés, avec une priorité : faire le vide, et fuir le stress du boulot : absolument indispensable à mon équilibre ! Alors, me direz-vous, pourquoi ne pas être parti plus longtemps, étant plus jeune ? La peur sans doute, d’un lendemain sans avenir…Je voulais aussi assurer mes arrières : boulot, appartement….C’est fait ! La cinquantaine largement dépassée, j’ai l’esprit plus tranquille pour envisager plus sereinement un congé sabbatique : je m’y prépare tranquillement, sans stress, étant assurément plus à l’aise financièrement…Je pense que mes efforts et ma patience seront largement récompensés, enfin j’espère !

    • Merci et bienvenue,
      Ne pas pouvoir repartir ça ne m’inquiète pas, la crise ne m’inquiète pas non plus. Elle est là, il faut faire avec, et s’il y a bien une chose qui puisse nous en faire sortir, c’est bien l’optimisme. Alors autant l’être. En espérant que nos efforts soient récompensés et que l’on puisse remettre ça à la retraite tranquillement ;)

  • J’adore !
    C’est très réfléchi et en même temps très libre.
    Plus que l’année du retour, je me demande quelle peut être la suite après un tour du monde.
    Un tour du monde, c’est de la liberté. Et au final, revenir ce serait donc se restreindre.
    Quand on a choisi la liberté, comment fait on pour revenir à la norme ?

    • Merci !
      Le tout c’est de ne pas se rendre dépendant de cette apparente liberté. Je pense que l’on peut être libre tout en vivant une vie normale. C’est une question de perception. Le voyage n’est pas LA liberté, c’est une liberté que l’on s’offre à un moment donné, ce qui sous entend un retour. Tu sera toujours dépendant, et plus que jamais, de la société en voyage. La vraie liberté est psychologique, elle ne dépend pas des conditions de vie. Si elle dépend du voyage, alors ce n’est plus la liberté mais la prison de mon point de vue.
      Je pense qu’en couple, 1) on plonge moins profondément dans le voyage puisque l’autre représentera toujours ce lien vers la France 2) le soutien mutuel est assuré au retour en cas de baisse de régime, à condition de le vouloir bien sûr (le retour).
      C’est déjà une bonne base pour aborder le retour dans de bonnes conditions je pense. Ensuite c’est une question de priorité et de volonté ;)

  • je trouve ton voyage super
    j ai prévu dallé a Compostelle en 2014 en vélo 3500 k
    peu tu me donne des conseil pour la préparation
    merci

  • Je suis rentrée d’un an de tour du monde il y maintenant 2 semaines. Je viens de lire ton article. Même si j’ai les yeux tout humides, MERCI car c’est exactement ce que je ressens, je me sens moins seule…

    • Deux semaines c’est vraiment tout ressent, il faut se laisser un peu de temps, mais c’est certain que tu n’es pas seule.
      Courage, ça va passer ;)

  • Merci pour ce post, superbe analyse même si je ne suis pas d’accord avec tout.
    Je pense que le voyage est une forme de vie avec la liberté, le travail est un choix par défaut motivé principalement par des besoins financiers et ai considéré comme beaucoup comme un exutoire quand rien ne va…
    J’ai également démissionné, quitter mon confort, pour partir faire un break, voyagé, découvrir… J’en ai revé des mois, peut etre des années. Et une fois de retour? J’ai retrouvé un travail et les choses se sont remises dans le même ordre qu’avant.
    La beauté de ce genre de voyage réside autant dans l’imagination pre-départ, dans la préparation que dans le fait de le vivre. Aujourd’hui, de retour dans un quotidien que j’avais quitté, je n’ai plus de rêves, plus ce voyage auquel j’ai tant pensé et qui fait du bien, plus rien pour m’évader et m’échapper…

    Lire ton article m’a fait du bien. Je pense que j’ ai besoin de trouver ma prochaine étape de vie..
    Je vais méditer la dessus :)

    PS : Bonne année

    • Bonne année Dinou.
      Je ne pense pas que le travail soit un choix par défaut car si nous pouvons voyager de la sorte c’est parce que d’autres continuent à travailler. Ce n’est pas parce que nous avons économisé mais bel et bien parce que la société continue de tourner derrière et nous fait bénéficier de la technologie et des vivres. L’argent même que nous avons économisé est issu de cette société bien avant d’être issu de notre travail. Je devrais publier un article à ce sujet en 2014, il est déjà écrit mais il est resté dans les brouillons depuis un moment.
      Ceci dit, je pense qu’un break est bon pour soi et pour la société qui ne dispose plus d’assez de travail pour tout le monde et donc partir c’est permettre à d’autres de travailler, avant de… partir à leur tour, peut-être !
      Je réfléchis aussi à la prochaine étape, 2014 est l’année décisive ;)

  • Je viens de découvrir ton blog, je n’en suis pour l’instant qu’aux “réflexions” mais il est agréable de lire quelque chose d’un peu différent de ce qu’on peut lire habituellement sur les blog de voyage !
    En ce qui concerne la fuite, et le “retour à la réalité” “vraie vie” , cela voudrai dire que le voyage serait une “fausse” vie ? Il faut savoir revenir, d’accord, mais si, justement, le retour, et ce qu’on n’a laissé, n’est pas pour nous, ne nous convient pas ?
    Quant à la soif de découverte qui s’estompe après un an..peut être est ce du à la façon de voyager ? Peut être que cette soif ne s’estomperait pas aussi vite si l’on prenait de le temps de se poser quelque temps dans un pays, de vivre au sein d’une famille, de travailler avec elle ?
    Bon, ceci dit je dis tout ça, mais après mon année j’étais assez contente de rentrer si je me souviens bien..mais là, après deux ans et un retour aux études, j’ai hâte de repartir à nouveau!

    • Merci pour ton message.
      Je ne pense pas que le voyage soit une fausse vie, ça fait partie de la vie mais ce n’est pas un mode de vie applicable à l’échelle de l’humanité, de la société, pour des raisons évidentes d’organisation. La société n’a pas besoin du voyageur (surtout du routard) pour vivre tandis que le voyageur a besoin plus que quiconque de la société (transport, nourriture, les diverses infrastructures…).
      La voie qui nous convient doit bien se trouver quelque part, et tu as du la trouver si tu as décidé de reprendre les études, seulement il est difficile de la trouver là où le voyage est aujourd’hui très facile. Je ne vois pas bien l’intérêt d’aller de pays en pays ad vitam eternam en fait. Pour moi le voyage, même si j’ai eu un rythme assez élevé, ce n’est pas consommer des pays, en voir le plus possible, en faire le plus possible… c’est un déclic sur le plan personnel, c’est un changement qui doit s’opérer en soi. Si en un an de temps (même beaucoup moins normalement, mais un an c’est ce qu’on prend habituellement pour partir) le déclic ne s’est pas produit c’est qu’il ne se produira jamais par la voie du voyage, si il s’est produit alors il n’y a plus lieu de continuer, sans quoi nous retomberons dans les travers de la société : la sur-consommation et la superficialité des formes et des couleurs sans jamais en saisir le fond.
      Je ne suis jamais allé en Amérique du Sud par exemple, mais y aller ne m’apportera absolument rien de plus que ce que ces un an de voyage m’ont apporté. Par contre il y a des paysages de folie, des bonnes pistes… Et pour un voyage courte durée il y a de quoi s’amuser, se ressourcer, se faire une piqûre de rappelle… Mais le voyage longue durée je sais ce que c’est maintenant, je ne vais pas borner ma vie entière au voyage sous prétexte que c’était génial. Je pense qu’il faut savoir s’arrêter lorsque l’on est “au sommet de sa forme” et ne pas attendre d’être au fond du trou pour penser au changement. En générale le fond du trou, comme tu le sais, c’est là où atterrissent les gens bornés qui n’ont pas su faire la part des choses, trouver l’équilibre, l’indépendance psychologique et qui poussés par l’adrénaline ont avancé les yeux fermés ! Elle est là la vraie ou fausse vie, dans l’état d’esprit et dans le pourquoi.
      Ma réflexion s’arrête à la simple question : est-ce que j’en ai besoin (dépendance), où est-ce que j’en ai envie ? Tu me diras qu’il y a un besoin dans l’envie mais je fais la différence entre un départ poussé par le mal-être et un départ poussé juste par l’envie.
      Après tu parles de s’installer au sein d’une famille, de travailler… on est peut être plus dans le cadre de l’expatriation là.
      Ceci dit, j’attends avec plus ou moins d’impatience, la prochaine virée, qui fait partie de l’équilibre, et qui même courte, me contentera ;). Sans écarter complètement toute idée de repartir pour du long cours un jour, mais ce jour est lointain et ça n’est pas une priorité. Si j’arrive jusqu’à la retraite et que je pète la forme, il se peut que je me dise : “LET’S GO” ;)

    • C’est à Bertrand que je réponds. En fait je suis en c moment meme en train de me poser la question du retour puisqu’il ne me reste plus qu’ne semaine de voyage. J’ai lu le blog, super bien écrit, bien pensé. C’est juste une phrase et une pensée qui ne me plait pas car elle responsable de beaucoup de malheur. LA voici “La société n’a pas besoin du voyageur (surtout du routard) pour vivre tandis que le voyageur a besoin plus que quiconque de la société (transport, nourriture, les diverses infrastructures…).”.. Si des gens pensent comme ça alors c’est évident qu’ils considèrent les roms et les gens du voyage comme des gens en trop sur ce monde. Je pense que le voyage rend moins con et que donc il pourra peut etre permettre à l’humanité de se sauver un jour. Voilà c’est tout

    • L’idée que le voyage en soi rend moins con est un leurre. Vu le nombre de voyageurs qui rentrent totalement dépendants au voyage, ne pouvant plus envisager la vie autrement que par le voyage, est la preuve que le voyage, en soi, n’est aucunement un enrichissement. Seul la conscience rend moins con et un voyage qui répond à l’appel de la conscience n’entraînera pas de dépendance. La conscience mène à la liberté, la dépendance quelle qu’elle soit est inconscience. Vu la quantité de personnes dans le monde qui n’ont pas les moyens de voyager, s’il fallait compter sur le voyage pour sauver l’humanité on ne serait pas sortie de l’auberge.

  • C’est sympa d’avoir une réponse aussi vite!

    En faite, je ne parle pas de “réelle” expatriation, mais de rester trois semaines, un mois, deux ou plus chez une famille, via HelpX par exemple (si tu ne connais pas je t’encourage à aller jeter un coup d’oeil au site!). Personnellement, c’est ce qui m’a le plus enrichi au cours de mon voyage. Je ne voulais pas, comme toi, tomber dans la superficialité, être un simple touriste seulement de passage. Et mes divers experiences via Helpx (entre autre) m’ont permis de vivre des moments incroyables! Plus qu’un touriste ou un voyageur, prendre le temps de s’arrêter, de travailler, me paraît essentiel pour découvrir vraiment les habitants d’un pays, leurs rythmes de vie, leurs coutumes. Pour ma part j’ai travaillé entre autre dans plusieurs ranch, j’ai toujours été accueillie comme un membre de la famille, et d’ailleurs, je suis toujours en contact avec ma “famille de Tasmanie” J’encourage quiconque à essayer ce mode de voyage là. Pour tous ceux intéressés par les fermes, la permaculture, les animaux, les sports d’eaux, les bateaux… c’est bête j’ai commencé à faire une énumération mais il y a tellement de différents “boulot” ! Que l’on veuille travailler dans une réserve naturelle pour crocodile en australie, un refuge pour animaux blessés en Chine, un éco-lodge au Japon, un ranch aux USA (etc) : cela changera complètement votre façon de voir le pays, et ses habitants, dans lequel vous êtes.

    ps : ce concept est basé sur l’échange, l’entraide : vous donnez un coup de main à l’activité principale de la famille, de faire réellement partie de celle-çi pour un temps donné en “échange” d’être nourri et logé

    • Tes commentaires avait atterri dans les indésirables. Ce fut un temps où je croulais sous les commentaires indésirables donc j’avais du m’armer contre cela :).

      C’est une bonne adresse à connaitre, je viens d’y jeter un œil rapide, je vais la mettre de côté. Pour perfectionner son anglais ou s’expérimenter aux techniques manuelles comme la permaculture c’est intéressant.

      Ça demande de partir juste pour ça ou très longtemps par contre pour pouvoir incorporer des semaines en immersion dans le voyage.

  • C’est peut être d’ailleurs pour ça que ces un an de voyage t’on un peu essoufflé ? Ce que je peux complètement comprendre si pendant ces un an tu as rarement pris le temps de te poser.
    Par contre, je trouve ça un peu dommage et ne comprend pas très bien ton raisonnement lorsque tu dis “l’amérique du sud ne m’apportera rien de plus”. Je suis d’accord, par rapport au cheminement intérieur que tu à du parcourir pendant ton voyage. Ceci dit, je crois sincèrement que chaque “peuple” nous fait découvrir quelque chose d’autre, de plus, et chaque pays te mettra dans des situations que tu n’as jamais connu avant et qui par là te feront te redécouvrir.
    Qu’en penses tu ?

    • Non, quand l’heure est venue de rentrer, je n’en avais pas la moindre envie, ma seule envie était de continuer, j’étais super bien sur le vélo et j’aurais été motivé pour poursuivre. Si j’ai avancé à ce rythme c’est parce que c’était le mien mais je ne me suis pas forcé. Seulement je m’étais fixé un an et je ne me suis pas réellement posé la question de continuer. C’était programmé comme ça, j’ai fait comme ça. D’ailleurs en rentrant je m’étais dit que dans quelques années je repartirais de Vancouver pour traverser l’Amérique. Quand tu es lancé, tu as tendance à en vouloir toujours plus, toujours plus… Puis quand tu rentres et prends du recul, tu te dis que ça n’a pas beaucoup de sens, un an c’est déjà super, il faut être raisonnable. Aujourd’hui j’ai complètement abandonné l’idée d’en voir le plus possible. Tu vois, mon prochain voyage devrait se dérouler au Vietnam alors que j’ai déjà vu le Vietnam, que j’ai détesté le Vietnam et que pour le même prix j’aurais pu ajouter un nouveau pays à la liste ! L’opportunité fait que… Et je me dis que c’est une bonne occasion de donner une nouvelle chance à ce pays en me rendant dans une autre région.
      Ce que j’entends par “ne m’apportera rien de plus”, tu l’as compris, c’est au niveau du cheminement intérieur. En effet j’y découvrirais de nouvelles formes, de nouvelles couleurs, de nouvelles saveurs… Mais tout cela c’est aussi possible chez soi, ou dans un pays que tu as déjà visité. C’est très bien occasionnellement, mais à partir du moment où ça ne t’apporte plus rien de concret intérieurement ce n’est pas la peine de faire durer le plaisir plus longtemps “qu’occasionnellement”, il faut penser à passer la deux.
      Quand aux situations qui me permettraient de me redécouvrir, je crois qu’il ne faut pas se mentir, le voyageur n’a absolument aucun stress et n’est confronté à quasiment aucune situation qui le met en difficulté sans quoi il faudrait être complètement ouf pour prendre la route, il me semble que le quotidien nous réserve assez de difficultés et de stress comme cela pour ne pas aller volontairement le chercher en voyage. C’est justement cela que je viens chercher en voyage, le calme émotionnel derrière l’apparente forte activité, propice à l’introspection et même à la découverte. C’est bon pour se ressourcer mais le sage c’est celui qui affronte les responsabilités et le stress sans vaciller, pas celui qui passe la journée sur son vélo ou dans un monastère à méditer et qui n’a ni stress ni responsabilité. C’est pourquoi, l’équilibre, toujours l’équilibre au risque de se mentir et de faire passer de la sagesse (l’enrichissement du voyage) pour de la lâcheté (la dépendance aveugle au voyage). Ça ne remet pas en cause le Voyage, ça remet en cause le voyage comme mode de vie, comme raison d’être, comme unique but à sa vie. C’était la question principale que soulevait l’article puisque tout voyageur au long cours y est confronté je crois au retour. Je pense que tu as cerné mon avis sur la question ;)

  • Je comprend ton point de vue. Je crois qu’il faut que j’essaye d’arrêter de chercher chez chaque voyageur au long cours le même état d’esprit que le mien.
    Je te souhaite une bonne continuation pour la suite (d’ailleurs, que fais-tu ?) et j’espère que tu reprendras un jour la route! Car, malgré tout nous sommes en constante évolution et il se peut qu’un jour tu ressentes de nouveau l’envie (le besoin?) de partir, puisque le cheminement que tu as parcouru jusque là risque à un moment donné de ne plus te suffire (et heureusement! qu’à nos âges nous ne soyons pas la forme définitive de notre être,ce serait triste)

    • C’est exactement ce que je me dis. Là j’ai ressenti en moi que je devais partir, je suis parti. Peut être qu’un jour je ressentirais à nouveau la même chose et si c’est toujours possible je repartirais. Peut être que sans en ressentir l’envie profonde, les conditions créerons l’opportunité et que je me dirais : “C’est le moment”. On ne peut pas savoir ce que la vie nous réserve, il y a tellement d’événements qui peuvent tout bousculer. Ça peut arriver beaucoup plus vite que prévu comme ça peut ne plus jamais arriver, je ne me fixe pas de limite dans un sens ou dans l’autre. Tant que je peux partir quelques semaines de temps en temps, pour le moment ça me va.

  • Bonjour Bertrand,
    J’ai lu avec grand intérêt ce dernier article sur le “retour” d’un tel voyage.
    Au cours de ces 4 dernières années j’ai eu l’opportunité de voyager ponctuellement (Thaïlande, Cambodge, Jordanie et bientôt Costa Rica). Je me considéré, jusqu’ici, dans une position “confortable”. Emploi stable et plaisant avec un revenu correct. Mais voilà … De récents événements m’amènent à me poser la question de partir en voyage et faire un tour du monde.
    L’un des derniers freins m’empêchant de concrétiser ce voyage est ce Retour de voyage …
    Quitter cette situation stable pour une période de découverte du monde et de soi et revenir sans aucune garantie d’être de nouveau dans le confort…. Qu’elles étaient tes réponses a ces questions “post départ”? Comment as tu vécus cette crainte (si tu l’as eu).
    Je te remercie par avance pour ta réponse et continue de lire ce blog qui m’a l’air particulièrement bien écrit.

    François

  • Salut François,

    Merci pour ton message.

    Je suis aussi passé par de nombreuses périodes de doutes tout au long de l’année de préparation car j’étais moi même dans une situation confortable avec un travail bien payé et plaisant. A cela s’ajoutait le fait que mes chances de retrouver ce type de travail au retour étaient infimes, si ce n’est impossibles dans ma région.

    Et j’ai décidé de faire confiance au destin. Je suis parti du principe que si l’idée d’un tour du monde m’habitait depuis si longtemps il devait y avoir une raison profonde surpassant l’intelligible. Préparer le projet me motivait plus que tout, l’idée de partir également, j’ai donc fait le choix du cœur, je suis parti (non sans quelques difficultés, les trois derniers jours ont été un enfer de stress !).

    Le destin m’a donné raison car quelques temps avant que je ne parte l’ambiance au travail se dégradait et aujourd’hui les deux personnes qui m’ont remplacées ont été licencié et aux dernières nouvelles la société a été vendu. Quand bien même je n’aurais pas été licencié, la situation ne serait ni confortable ni sécurisée…

    Aujourd’hui, je n’ai toujours pas retrouvé une situation pro. stable mais je ne regrette aucunement d’être parti. Je sais que je devais le faire. Il est évident que ça a créé des perturbations avec de grosses remises en question et si je n’ai pas avancé sur le plan professionnel j’ai avancé sur le chemin de la vérité, ce qui est ma priorité. Je le prend comme un investissement à long terme :).

    Pour conclure, je n’ai rien d’un sur homme et au moins autant que les autres, j’ai eu des doutes et ai stressé. J’étais content de me lever le matin pour aller travailler mais j’étais encore plus content à l’idée de partir et ce sur une période de deux ans, ce qui m’a conforté dans l’idée que ce n’était pas une décision folle prise sur un coup de tête, mais qu’au contraire que c’était un appel du destin ! Au final, si c’était à refaire je referais exactement la même chose. Ce qui donne un sens à la vie, ce n’est pas les 40 ans que l’on va passer au travail, c’est toutes les fois où l’on aura osé sortir du moule. La sur-activité humaine est au contraire en train de détruire toute forme de vie donc ça ne risque pas de lui donner un sens ;).

  • Merci beaucoup pour ta réponse. Rapide et complète qui plus est !
    Je ne suis pas encore décidé à l’organisation ou non de cette aventure. Je ne suis qu’au début de cette réflexion.
    Je me régale en lisant ton blog (et de nombreux autres).
    Comme pour tous ceux que j’ai pu lire, il s’agit d’une vrai prise de risque …. Se lancer dans l’inconnu … Comme dans tous grand projet .
    Bref merci pour ta réponse . Au plaisir de lire d’autres articles

    François

  • Entre le jour où j’ai eu l’idée et le jour où j’ai commencé à me renseigner et à préparer concrètement le voyage, 6 mois s’était écoulé, pour justement être sûr de ne pas partir sur un coup de tête.

    Bonne réflexion ;). Un congé sans solde pourrait éventuellement régler les inquiétudes quant au travail.

  • Salut,

    Je viens de tomber sur ton blog, en tapant “déprime post voyage” ahah. J’habite en Nouvelle-Calédonie et je suis rentrée il y a 3 jours de 2 mois en Nouvelle-Zélande. On est partis avec ma promo y faire un stage pour valider notre diplôme en école de commerce.
    J’ai fait mon stage dans une association Maori, où tous les gens travaillant là-bas sont gays. Un milieu que j’ai tout de suite adopté, je me suis sentie comme une princesse au milieu de tous ces garçons adorables.
    En particulier un, comme je lui ai dit “tu es comme le frère que je n’ai jamais eu”. Et là c’est hyper difficile le retour à la “vie normale”.
    J’ai vécu 2 mois en coloc avec mes potes, on faisait tout à pied ou en bus, on était autonomes, on sortait… enfin la liberté quoi.

    Ca parait idiot, mais je pleure tous les jours depuis que je suis rentrée, parce que mes collègues me manquent et que j’me demande comment retourner à une vie normale après avoir vécu une expérience comme celle-là.

    En tout cas merci pour cet article, j’espère que ça va m’aider à me ré-adapter plus vite !

    Bonne continuation,

    Oriane

    • Salut Oriane,
      A vélo, le fait de bouger en permanence facilite grandement les séparations et par ailleurs une rencontre ne dure jamais longtemps comme ce fut le cas pour toi.
      Mais je l’ai eu très dur quand j’ai quitté mon boulot par exemple, cela faisait un an et demi que je travaillais avec la même personne au quotidien…
      Tout changement engendre des émotions et donc un temps d’adaptation mais on fini toujours par se remettre de tout. Même quand ça nous semble impossible et que pire encore, on refuse l’idée de tourner la page, elle fini tout de même par tourner. Il faut accepter l’idée que tout à une fin je crois et s’efforcer de ne conserver que le meilleur. C’est un cadeau de la vie mais il y en aura d’autres… Dans une semaine ou deux, il ne restera plus que des bons souvenirs et plus aucune résistance :).
      Bonne continuation.

  • Salut Bertrand, c’est de loin, le meilleur article sur le sujet, que j’ai trouvé. Moi même je suis partie deux mois l’année passé, quand je suis revenu dans mon confort, j’ai vite eu une envie de repartir sur un projet d’un an et plus, mais cette fois lié à mon domaine professionnel, qui me passionne lui aussi . Ca me semblait évident, et encore aujourdhui ça l’est , mes deux passions y serait réunis…oui mais…il y à ce truc qui est vital chez l’Humain et qui s’appelle “la peur”

    Depuis 1 an je prépare ce projet, je ne sais pas quand je partirais et si je partirais, puisque aujourdhui j’ai des opportunités où je suis , et si cela se fige, et seulement si, …le départ risque de ne jamais se faire malgré un très beau projet derrière, qui n’est pas seulement un tour du monde à mes yeux, puisque je ne part qu’en Asie, mais avec un concept derrière qui tiens la route et qui intéresse du monde sur place, comme toi je fais confiance à la vie, je me dit que je dois être là où je dois être ( écouter sa voix intérieur, qu’on appelle intuition et qui est différente des ” désirs” selon moi… ) en attendant je continue de préparer ce projet, puisque j’ai déjà l’impression de voyager alors que je ne suis pas encore partie , et je ne partirais peut être pas de cette manière…. Je voyage simplement dans la vie pour le moment ;)

    Mais honnêtement quitter un bon job, qu’on aime ( pour ceux qui ont cette chance ) pour ce genre de projet, en ce moment avec le climat économique… c’est encore moins évident pour certain, comme tu le dis…le contexte morose et les discours extérieurs de l’entourage aide encore moins… Pour moi ce projet de voyage à long terme se fera, si il doit se faire, je me dit ( moi qui aime rêver ) qu’en fait je ne contrôle pas grand chose , selon le contexte ici dans quelques mois… le choix se fera définitivement et le départ suivra très rapidement derrière si il doit se faire…

    Ma seul peur dans ce projet: Le retour, ( pas l’avant , le pendant…) mais bien l’après…car là c’est le retour c’est l’inconnu total…et il s’agit bien de peurs, ( qu’elles soit irréelles ou autre) on ne sait pas ce qui se passera en rentrant, ce qui se passera pendant ( certains ne reviennent jamais, d’autres rencontrent l’amour et reviennent dans un contexte différent, d’autre y meurt( plus rare… heureusement) . J’ai toujours pensé aussi comme toi, à l’expérience de vie, en priorité à “être”, plutôt que “avoir”, je ne dit pas qu’il ne faut pas être carriériste, travailleur, ou être dans le confort,…non mais il faut aussi s’avoir s’évader et quitter ce confort pour se connaitre un peu mieux, effectivement…vivre un rêve si on a les moyens de le réaliser et au contraire ne pas le réaliser et regretter des années plus tard…juste parce qu’il y avait ce truc: ” la peur ” me semble pas le bon chemin….je peux me tromper mais j’en suis là aujourdhui ;)

    Bien à toi, et bonne continuation sur ce blog.

    Bien à toi.

    • Salut Nicolas,
      Merci pour ton message.
      C’est vrai que lorsqu’il y a une situation professionnelle derrière et l’argent pour sécurité, l’égo a tendance à prendre le pas sur les motivations profondes. Quoi qu’il soit, quel que soit les plans, il faut savoir changer de direction en cours de route si notre intuition nous indique de le faire. Le plus compliqué étant de rester centré sur ces motivations profondes dans ces cas là. On voit plus facilement les pertes instantanées (la situation, l’argent) que les gains à un an.
      Si je n’avais pas quitté mon job que “j’aimais”, aujourd’hui je ne l’aurais probablement plus (société vendue et licenciements) et je n’aurais pas fait ce voyage. Mon intuition était donc la bonne sur tous les plans : je me suis épargné le stress d’un licenciement et j’ai fait mon voyage. Ces données là je ne pouvais pas les avoir avant de partir mais le destin les avait et il me les a transmises sous forme d’intuition ! D’où la nécessité d’être à l’écoute de son cœur à chaque instant, chose au combien difficile dans cette vie toute tracée que la société nous impose, on est d’accord :).
      La peur n’est vitale que fasse à un danger réel et immédiat comme un camion qui vient droit sur nous. Or dans le cadre d’un voyage, ce n’est que des suppositions, rien n’indique que le retour sera compliqué, on émet cette probabilité et on en créés une peur de toute pièce. Si la peur prend le pas sur la raison elle n’est plus vitale mais mortelle. Etre contrôlé par ses peurs c’est laisser mourir son âme. Tout bien réfléchi, je préfère prendre le risque de laisser mourir mon corps que celui de laisser mourir mon âme. Je n’emporterais pas mon corps de l’autre côté mais il est fort probable que j’emporte mon âme :)

  • Salut Bertrand, on est un peu, voir complètement, sur la même longueur d’onde ( j’aurais aimé quand même un débat avec des contres arguments ;) )

    La notion d’avoir un bon boulot est différente à chacun, si on se compare avec quelqu’un, un autre pays, un autre contexte, bref c’est compliqué tout ça, perso je suis passionné par mon travail et c’est plus compliqué de quitter un boulot qu’on adore , qu’un boulot qu’on subit…( toujours par peur de ne pas retrouver cette situation actuelle ) mais clairement la seule réponse que j’ai trouvé pour le moment c’est de suivre mes intuitions et lacher prise et attendre de voir si “je dois” le faire et pas” je peux”, je fonctionne de la sorte..

    Je pense aussi que la question du retour sur le plan économique se posait moins il y a 20 ans, et encore moins il y a 50 ans
    J’ai écouté à la radio, il y peu de temps, les histoires d’un roadtrip depuis l’Europe jusqu’en Inde en passant par le moyen orient, d’un mec aujourd’hui qui a de l’age et qui était partie dans les années fin 60/ début 70… la question du retour , il n’y a pas pensé…, pas grand monde y pensaient en fait…à cette époque, les mentalités étaient différente, le contexte aussi.

    Concernant le fait que tu as quitté ton travail et que cette boite n’existe plus aujourdhui t’as peut être réconforté fortement au retour, puisque tu n’as pas perdu grand chose, mais du coup je te poses cette question : Si aujourdhui cette boite serait encore sur pied, avec des projets bien plus intéressants qu’avant ton départ et un contexte en plein expansion… comment te positionnerais tu par rapport à ta situation actuelle? Je sais que tu ne regretterais pas ce voyage mais je la pose quand même ;)

    Bien à toi
    Nicolas

    • “c’est plus compliqué de quitter un boulot qu’on adore , qu’un boulot qu’on subit”. C’est ma définition du bon boulot. Même sans l’adorer, ne pas y aller à contre cœur.

      Lorsque je suis parti, la boite se portait bien et avait dans l’idée de se développer encore et encore (le chiffre grimpait tous les ans). Tout au long de mon voyage aucun signe ne montrait qu’ils allaient revendre, de gros investissements étaient fait sur le site… Donc à ta question j’y ai répondu avant même de rentrer et jamais je ne me suis senti frustrer bien au contraire, le fait de prendre la décision de partir dans ces conditions m’a fait me sentir d’autant plus libre.

      Aujourd’hui, je m’en sens complémentent détaché et quand bien même on me dirait que je serais passé gérant avec un salaire énorme et la voiture de fonction si j’y étais toujours, que ça ne me ferait ni chaud ni froid. Je suis allergique au mensonge et en partant j’ai écouté la vérité que j’avais au fond de mon cœur, c’est tout ce qui m’importe. Je n’emporterais avec moi ni argent, ni situation, ni biens matériels et s’en rendre dépendant c’est vivre dans le mensonge.

      La question à se poser est très simple dans le fond : Là tout de suite maintenant, indépendamment du contexte extérieur, quelle décision me rend le plus heureux et quelle décision est susceptible de m’apporter le plus sur le plan personnel ? Dans l’idéal il faut prendre cette décision et ne plus jamais douter :).

      A bientôt.

  • Bonjour Bertrand,
    Je viens de tomber sur ton article grâce à cette fameuse recherche: ” déprime au retour d’un tour du monde”
    Ton article me semble très pertinent et, en tout cas, me parle complètement.
    Il n’y a pas de mode d’emploi, et, me concernant, après un mois de retour au pays, je ne sais pas trop comment je vais passer la phase: “il faut que je reparte”
    Car la seule réponse qui vient à l’esprit à la question: qu’est-ce qui me rendrait heureuse aujourd’hui? REPARTIR! Et oui, dur de se défaire de ses doses d’endorphines quotidiennes de voyageuse!
    En ce qui concerne le non-retour, je suis tout à fait d’accord sur ce point de vue qu’il faut bien rentrer un jour!
    Félicitations pour cet article intéressant.
    Sarah

    • Salut Sarah,
      Merci pour ton message.
      Perso, je me sens très bien sur les routes mais je ne me vois pas y passer/consacrer ma vie. J’estime que le voyage m’a énormément apporté mais j’en ai déjà tirer les bénéfices et j’estime qu’il faut maintenant passer la deux. Certes, il est fortement tentant d’aller à la facilité en repartant sans cesse, mais je crois que le but de la vie c’est d’avancer spirituellement non physiquement :).
      J’ai fait du sport ma priorité pendant plusieurs années et quand j’ai compris que ça ne m’apporterait plus rien j’ai arrêté et le voyage est arrivé. Aujourd’hui je fais toujours de l’exercice pour mon équilibre mais je ne recherche plus la performance physique. De la même manière je continuerai à voyager, mais je n’en ferais plus une priorité.
      Le tout c’est de trouver l’étape suivante ;).

  • Merci pour ton article !

    Je me suis reconnue dans tes propos.
    Je voyage depuis presque 9 mois, et je ressens l’envie de rentrer : je suis moins curieuse, mois enthousiaste quand il s’agit de rencontrer de nouvelles personnes et de nouvelles destinations. Je pensais aller jusqu’en Patagonie en Argentine (un rêve), mais je suis tellement contente de ce que j’ai vécu jusqu’ici que mon périple s’achèvera sûrement au Chili.

    Quand je parle de ce ressenti, j’ai honte : mais c’est la vérité, je suis peut-être “blasée” ? L’extraordinaire du voyage s’est transformé en quotidien, en routine… et je n’ai plus d’énergie positive à partager autour de moi.

    Alors, comme tu l’expliques si bien : il y a un moment où il faut accepter de rentrer pour reprendre le cours de sa vie après avoir expérimenté “d’autres vies”.

    Mes amis en France on beaucoup de mal à comprendre que l’on puisse se lasse de voyager, car le voyage est associé au plaisir à 100 % ! Et c’est grâce à des blogs comme le tien que je peux réfléchir à tout cela, plus en paix…

    L.

    • Il n’y a pas à avoir honte, il faut du courage pour voir la vérité en face. Le voyage est un plaisir, mais la dépendance aux plaisirs ne laisse aucune chance aux bonheur de survivre. Tu as peut-être tout simplement trouvé en toi ce que tu es allé chercher à l’extérieur, d’où la sensation d’être blasé. Le plus beau des paysages n’est rien comparé à la découverte d’un nouveau royaume intérieur. On part pour découvrir le monde, rencontrer toute sorte de personnes, jouer les aventuriers… Mais derrière tous ces justificatifs, il n’y a rien d’autre qu’une intuition à la base, celle de devoir absolument faire ce voyage, la raison profonde est inconsciente, je l’ai découverte pour ma part que plusieurs mois après être rentré. Aujourd’hui je comprend pourquoi je suis parti, ce que mon âme était venue chercher mais j’aurais été bien incapable de l’expliquer lorsque je suis monté dans l’avion pour rentrer en France et encore moins lorsque j’ai mis le premier coup de pédale. Les paysages, les rencontres… Tout cela reste derrière, ce ne sont plus que des souvenirs, mais dans le présent la seule découverte qui soit c’est soi ! Le fond du voyage est précisément là, le reste est accessoire.
      Tous les voyageurs devraient en terminer avec leur voyage de la même manière que toi, tu n’es pas dans l’échec d’un arrêt prématuré, ou dans la peur d’un retour en France, tu écoutes ton intuition qui te dit “rentre maintenant”. Quand un voyageur rentre avec pour seule envie de repartir, ce n’est pas son cœur qui parle mais son mental qui a peur de cette mort que représente la fin de cette vie de voyageur. Une personne complète ne ressent pas le manque, quel qu’il soit, et si tu rentres après un an et ressent immédiatement le manque du voyage, c’est soit que tu as perdu ton temps soit que tu t’es perdu en route. C’est comme lors d’un repas, tu peux manger jusqu’à te sentir mal ou jusqu’à satiété et si tu es coupé de toi même jusqu’à ne plus être en mesure de sentir le point de satiété c’est qu’il y a un déséquilibre quelque part. Certains appel ce déséquilibre passion, ça n’en reste pas moins un déséquilibre. Et c’est parce que j’avais conscience de ce déséquilibre que je me suis efforcé de ne pas repartir. Si j’avais stoppé mon voyage dès lors que j’ai senti la routine s’installer ce déséquilibre n’aurait pas vu le jour, mais j’avais signé pour un an et fidèle à ma nature de mâle c’est le mental qui a pris le pas sur l’intuition :). Par la suite j’ai retrouvé l’engouement, mais il n’était plus du même ordre, le voyage ne se suffisait plus à lui même, il m’en fallait toujours plus. Comme le voyage la vie doit se suffire à elle même, l’expérience “matérielle” doit être le fruit d’une intuition et non le fruit d’une pulsion. La première recherche l’éveil intérieur, la seconde se perd dans les apparences et n’est par conséquent jamais contentée.
      Donc moi je trouve ça génial de pouvoir se dire : “J’en ai assez, je rentre”, elle est là la seule et unique liberté, le reste n’est que dépendance à une liberté illusoire (illusoire car créatrice de dépendance). N’écoutes rien ni personne, tu es la seule à savoir ce qui est bon pour toi dans l’instant présent. Renoncer à la Patagonie maintenant ne signifie pas renoncer à la Patagonie éternellement, le destin t’y ramènera peut-être un jour d’une manière ou d’une autre.
      Merci pour ton message ;).

  • Bonjour,

    Je suis partie seule pendant plus de 8 mois en Amérique Latine et l’expérience a juste été Géniale! Je suis tombée sur ton site car ça m’intéresse de savoir ce que deviennent les voyageurs une fois rentrée? Finalement, ce n’est pas si évident de savoir ? Reprennent-ils leur “train-train” d’avant ou explorent t’ils d’autres voies? une reconversion? Du coup, je suis en train de monter un apéro de voyageurs “Et une fois rentrée au pays?!?” Mais que faites vous exactement??
    D’autre part, et sauf mauvaise interprétation, je ne suis d’accord sur tes propos à savoir “je crois qu’il ne faut pas se mentir, le voyageur n’a absolument aucun stress et n’est confronté à quasiment aucune situation qui le met en difficulté sans quoi il faudrait être complètement ouf pour prendre la route…”
    Je pense que même sans chercher les difficultés, il faut savoir s’adapter à un nouvel environnement qui est parfois générateur de stress. Je me souviens avoir été stressée lors des passages de frontière en bus entre la Bolivie/ le Pérou, l’Équateur/ la Colombie. A moins de tout planifier à l’avance, il peut arriver qu’un bus ai également du retard! Et là tous tes plans peuvent être chamboulés! Ne plus avoir de place en auberge, en visiter d’autres… Bref, on ne peut pas tout vouloir contrôler et anticiper. Bref avec un peu de débrouillardise, on s’en sort! Et puis rares sont les fois (dans certains pays) où tu peux connaitre à l’avance les horaires de transport!
    Sinon, merci pour ce blog! Un bon moyen d’échanger.

    • Bonjour Flo,
      Merci pour ton message.
      Les stress dont tu parles sont momentanés, c’est un montée d’adrénaline qui n’engendrera pas une dépression sur la durée et qui au contraire se vivent de plus en plus dans le détachement avec le temps, d’autant plus sur du long cours où tu as le temps de perdre du temps ! On est loin du cancer à 40 ans parce qu’il y a 20 ans de pression accumulée derrière au boulot :).
      Ce que les voyageurs deviennent ? Certains repartent sans cesse : boulot, voyage… ; certains reprennent leur train train ; il y en a sans doute qui changent de vie… Moi ce qui m’intéresse c’est le changement sur un plan spirituel car tu peux reprendre ton train comme avant mais en en état complètement détaché, tout comme tu peux repartir sans cesse par obligation (dépendance sujette au mal-être) en étant dans un état d’esprit consumérisme (bouffer du pays pour bouffer du pays, bouffer de la rencontre pour bouffer de la rencontre) et alors “le train-train comme avant” n’est pas là où on l’imagine mais bien dans le fait d’avoir fait du voyage une routine confortable. Ce qui se passe en soi est plus important à mes yeux que les apparences, d’où ce braquet de la liberté et cette idée que le voyage doit tendre vers la liberté et non la dépendance. La liberté c’est une vie que se suffit à elle même, un état de bonheur intérieur qui ne dépend plus des conditions de vie extérieures.
      N’hésites pas à nous faire part des détails de ton apéro voyageur.

  • J’ai bien apprécié la lecture sur ton blogue. Tu es fin psychologue et on sent bien la sagesse que tu as acquise au cours de ton aventure.
    ‘Le Retour..’ :
    Je suis curieuse de savoir comment s’est passé ton retour, sur le plan humain avec ton entourage immédiat. Y a t il de bonnes et de mauvaises attitudes (ou questions) a avoir face a la personne qui revient d’un long périple, qui n’a plus le même rythme, etc..? Quelle est la meilleure façon d’accueillir un proche qui revient ?
    Merci pour ton beau récit et le ce partage que tu nous offre!

    • Bonjour Chantal,
      Merci pour ton message.
      Mon entourage immédiat pense que le voyage m’a détraqué le cerveau, notamment mon père qui ne comprend pas ce cheminement spirituel sous-jacent. Cependant je crois qu’il a eu un comportement parfait, me laissant le temps nécessaire pour “atterrir”. C’est même lui qui m’a invité à ne pas reprendre le travail tout de suite et à prendre le temps.
      Il n’y a pas d’attitude à adopter, dans la vie de manière générale nous devrions nous “interdire” d’adopter une attitude et nous “obliger” à rester nous même en toute circonstance. Il n’y a pas de question non plus à poser. Nous avions été en contact toutes les semaines avec mes proches tout au long du voyage, je n’avais évidemment rien d’autre à ajouter dans le feu de l’action du retour. Bien sûr qu’il y aura ces éternels “alors c’était bien ?” ou autres formalités mais personne n’attend réellement de réponse en posant ces questions. Les mots sont tellement superficiels, aujourd’hui encore je ne suis pas capable de mettre des mots sur ce que j’ai pu ressentir en traversant le désert Iranien, la Toundra en Alaska… Et je n’en serais toujours pas capable dans 100 ans.
      Il n’y a vraiment pas de mode d’emploi pour l’accueil d’un voyageur de retour. Il ne faut pas se sentir responsable de quoi que ce soit ou être dans l’attente de quoi que ce soit et laisser les choses se faire naturellement… Il n’y a pas mort d’homme, pas de sortie de coma, simplement le fiston qui est de retour de promenade, tout va bien dans le pas tout à fait meilleur des mondes ;).

  • Un grand merci pour ton article! J’adore voyager mais je commençais à me renfermer là dedans alors que voyager c’est au contraire s’ouvrir. J’en suis arrivé à un point où je ne prend plus aucun plaisir dans la “vrai vie”, aucun projet ou quoi que ce soit ma seule préoccupation étant ma prochaine destination. L’idée de partir sans billet retour commençait à trotter dans ma tête, mais ce n’était pas pour les bonnes raisons. Tu m’as totalement remis les idées en places donc encore merci, je partirais sûrement pour un long voyage tout de même mais quand ce sera le moment avec plutôt une année sabbatique.

    • Merci pour ton message. Je te rassure, le monde (= “La vraie vie”) ne m’intéresse absolument pas, je suis étranger à tout ce qui se passe autour de moi et je ne m’investis émotionnellement dans rien. Je vis très heureux comme ça, ce n’est pas un problème, je n’ai pas même besoin d’avoir un voyage en vue pour me sentir bien. L’essentiel est en soi, le reste est superflu ;).

  • Bonjour,
    Je me joins à tous ces témoignages pour ajouter mon expérience personnelle. J’ai 23 ans, je suis partie 7 mois en voyage pour rentrer en juin dernier… depuis que je suis rentrée je meurs à petit feu dans cette ville, dans cette classe où je suis enseignante… Je m’ennuie, je manque de grands espaces, je crève de retrouver l’accomplissement et le bien-être que j’ai acquis en étant sur les routes. Pour autant, je me refuse à partir de nouveau car ce serait plus une fuite et j’ai peur d’un retour encore plus compliqué. Je ferme mes yeux, mes oreilles, mon cœur à tout projet de voyage… pour l’instant.
    Merci pour cet article, qui me parle et me touche.

    • Hello,
      C’est sûr que la société n’est plus en accord avec ce à quoi aspire l’humanité aujourd’hui (décalage monstrueux entre la jeune génération intrinsèquement très éveillés et l’ancienne qui nous dirige, profondément inconsciente comme en atteste leur seul intérêt pour la politique et les médias, qui avec les religions sont le plus grand danger pour l’humanité) mais il ne faut pas la voir comme une contrainte mais comme une ressource. La ressource c’est l’argent, qui te permet de voyager, entre autre. Vu sous cet angle, ça change tout car tu ne subit plus la société, tu l’exploites à ton avantage et sans remord aucun ! Il est inadmissible qu’un jeune dise “Je meurs à petit feu dans cette société”, inadmissible de devoir prendre la route pour trouver un peu de répit car notre rythme de vie est totalement inhumain et abrutissant. Et il serait encore plus inadmissible de se sentir comme un poisson dans l’eau au sein de cette société car cela signifierait que tu n’es rien d’autre qu’un criminel. Cependant on peu se sentir comme un poisson dans l’eau en soi en dépit de cette société. Pour que les jeunes demain puissent vivre dans un monde qu’ils n’auraient pas besoin de fuir, cette société doit mourir quelque soit les conséquences à court terme. Les plus lâches et les plus égoïstes te dirons que tu es irresponsables, mais pas d’inquiétude, ils sont simplement terrorisés et plus en état d’avoir l’esprit clair, c’est pourquoi ils se rallient à un partie, à pile ou face, selon l’émotion du moment, qui pense à leur place !
      La sensation de mourir à petit feu est dû au fait de se sentir seul au monde, mais c’est très loin d’être le cas, on est tout une “armé” à se réveiller, de plus en plus nombreux à sortir de l’ombre comme je le fais sur le braquet et ainsi à donner la force à d’autres de le faire. Ce mouvement est d’autant plus puissant qu’il est imperceptible ou presque. Imperceptible car il se produit en chacun de nous, sans regroupement autour d’un leader, sans violence, sans bruit. Pour la première fois un mouvement né de l’intérieur si je puis dire. Nos politiques pensent à coller une amande à ceux qui dans leur immense bonté aurait l’intelligence colossale de ne plus aller voter, entre autres signes de panique évidents car ils perdent assurément le contrôle sans en comprendre la raison et tout en préférant sauver leur carrière minable que de prendre le train en marche. Mais quoi qu’ils fassent c’est maintenant irrévocable. Tu peux stopper une évolution intellectuelle ou technologique mais la mort elle-même ne stopperait aucunement une évolution spirituelle. Nous sommes sur le chemin de la liberté et ce n’est pas le moment de mourir à petit feu ;). Il faut bien rester ancré en soit, se positionner comme observateur du monde pour ne pas le subir et ne plus se poser de question, vivre ici et maintenant quelque soit les conditions, que l’on soit en voyage ou au boulot. Et naturellement, ton chemin croisera celui d’autres personnes en route sur le chemin de l’éveil qui est le seul voyage véritable et qui a l’avantage de se faire en soi ici et maintenant, sans même la nécessité de l’argent…
      Allez, car si je me laisse aller je vais encore écrire cinq pages !
      A bientôt et la vie est belle ;).

  • Bonjour Bertrand,

    Tes textes sont très intéressants et poussent à la réflexion.
    Je suis ton blog depuis un petit moment, toujours en lecteur ou en observateur.
    J’ai été très intéressé par tous les conseils que tu prodigues sur le voyage à vélo et je m’en suis inspiré pour préparer le mien.

    Ces dernières années j’ai enchaîné les voyages, en ne rentrant que pour refaire mes finances, avant de redécoller à nouveau.
    Aujourd’hui, je suis à nouveau prêt au départ. Prêt à la fuite perpétuelle qui est devenue ma vie…
    Je prévois actuellement un nouveau grand voyage à vélo. Mais en te lisant, je me demande si le courage, ce ne serait pas plutôt de rester et d’affronter la réalité, de surmonter les épreuves du quotidien que je n’ai fait que fuir depuis le fin de mes années lycée…
    J’ai souvent la sensation que ma vie n’existe plus en dehors du voyage. A tel point que cela devient obscène…
    Après la lecture de ton article, je sens qu’il faut que je me redéfinisse.
    Ton raisonnement m’aide à envisager une suite différente, plus compliqué peut être, dans un premier temps, mais plus pérenne, plus saine.

    Alors merci pour ton aide =)

    • Bonjour Franck,

      Merci pour ton message.

      Le courage n’est pas d’affronter les épreuves du quotidien pour affronter les épreuves du quotidien, mais le départ ne doit pas être motivé principalement par l’idée d’y échapper.

      Ce quotidien est incompatible avec l’humain et pour la première fois dans l’histoire, nous en prenons conscience dans des proportions significatives.

      La solution n’est pas de s’infliger ce quotidien pas plus que de le fuir. Elle n’est pas à l’extérieure, elle est en nous : qui suis-je et pourquoi suis-je venu sur cette terre ? Nous devons consacrer le temps nécessaire à l’obtention de cette réponse et la trouver. A savoir que la réponse ne va pas être une voie toute tracée, tu es là voie et au delà du pourquoi il y a donc comment. Que faire concrètement. Je crois que l’opportunité de le faire se présentera en temps et en heure, nous n’avons pas à chercher, simplement à être réceptif à ce qui arrive. Le voyage est un bon moyen de découverte du soi mais peut également être un moyen d’y échapper, il faut partir pour les bonnes raisons et ne pas avoir peur de composer avec ce monde le temps nécessaire, chose qui n’a pas l’air de t’inquiéter puisque tu rentres renflouer les caisses régulièrement.

      Je répète toujours la même chose, mais le voyage ne doit pas être une fin en soi, partant de là il n’y a pas de soucis. Et s’il est la réponse à des peurs est bien il faut aller voir qu’elles sont ces peurs et s’en occuper. Fuir ce monde de peur de s’y casser les dents est une chose, refuser ce monde par conscience en est une autre.

      Bon voyage ;).

  • Merci pour cet excellent article, nous rentrons d’un tour du Monde en famille de 10 mois et j’avoue que l’envie de repartir est bien présente mais comme tu l’écris certainement une fuite face au pessimisme français ! Bonne continuation

    • J’ai parlé de fuite face au pessimisme ? Cet article date à présent. Je ne crois pas que l’on fuit le pessimisme mais que le pessimisme est un prétexte pour fuir. Le monde extérieur est le reflet de notre monde intérieur et lorsqu’on cesse d’être pessimiste, on cesse de remarquer le pessimisme à l’extérieur. C’est pourquoi j’ai à présent la certitude que le vrai voyage commence au retour ;).

  • Salut Bertrand,

    Bravo pour cet article extrêment bien écrit sur ce sujet peu abordé, et un peu difficile, qu’est le Grand Retour. Ton article est profond et juste, et plutôt complet, même si le ressenti varie d’un voyageur à l’autre. Acune vérité n’est universelle, cependant je trouve que tu abordes bien la question sous tous les angles.
    Ayant moi aussi vécu le retour en France après un voyage de plusieurs années, je ne m’étais pas autant penché sur le sujet jusqu’à présent, et j’ai d’une certaine manière réalisé certaines choses en lisant ton article.

    Il y a un point sur lequel je ne suis pas tout à fait d’accord :
    “Si comme moi vous considérez qu’avoir recours à l’alcool pour fuir ses problèmes mène droit dans le mur, vous considérerez aussi qu’avoir recours au voyage mène au même endroit ! Car dans les deux cas il s’agit de fuite, et en toute logique, une même chose ne peut mener à deux résultats opposés.”
    –> Fuire dans l’alcool ne mène nul part, on est d’accord, il s’agit d’un enfermement progressif, un replis sur soi. Alors que voyager, même pour fuir ses problèmes, peut mener (et souvent je crois) à “la lumière”, à plus de compréhension (de soi-même, de ses problèmes, des autres, du monde, etc.) et surtout voyager ouvre des portes, des milliers de portes comme autant d’opportunités pour mieux rebondir dans une vie enlisée de problèmes. Les rencontres perpétuelles que vit le voyageur, mais aussi l’optimisme “facile” que tu décris, et la fluidité/liberté de mouvement en voyage, tout celà, même s’il s’agit d’une fuite, ne peut mener nul part, et surtout pas dans le mur.

    Merci encore pour cet article si profond !

    • Salut Julien,

      Je ne sais plus si je l’ai dit ici ou en privé mais cet article a été écrit il y a quelques années et je ne le réécrirais sans doute plus de la même manière aujourd’hui. Déjà parce que je ne connais plus le coup de blouse du retour aujourd’hui, mais aussi parce que ma vision est un peu plus clair encore aujourd’hui.

      Dans l’absolue, l’ivrogne lui-même n’ira pas dans le mûr. Celui qui a touché le fond, quel qu’en soit la manière, qu’il ce soit suicidé ou qu’il ai commis un crime contre l’humanité, finira par transcender et accédera lui aussi à la lumière, en cette vie ou une suivante. D’ailleurs il n’est pas impossible, si ce n’est tout à fait probable, que chacun d’entre nous ai eu quelques vis peu louables dans le passée, mais ma foi, cela fait partie du JEU et non pas du JE !

      Les murs sont dans les rôles que nous endossons, que ce soit voyageur, dictateur, végétarien, cycliste, cosmonaute… Et nous les transcendons dès lors que nous comprenons que l’Etre véritable est au-délà de l’ego/personnalité qui se plait à s’identifier ou à rejeter ceci ou cela d’extérieur à lui-même. Là est la lumière, là est la liberté, là est le message derrière Le braquet de la liberté ;).

  • Super article Bertrand. Ayant roule pendant 2 ans de la France a Taiwan je comprends cette réflexion. J’ai vécu un retour difficile après mon année de voyage à pied, en Amérique. C’est intéressant car je n’ai jamais réussi à expliqué en 2012 je suis partie la bas. Maintenant je sais que c’est parce que j’ai fuis. Pour mon trip à vélo ce n’était pas du tout une fuite mais une fuite. Oui le même mot mais c’est que comme toi je le définis de façon positive et négative. Quant on l’aborde avec sérénité, le retour peut bien se passer. Mon exemple, jai roule deux ans, c’était merveilleux pour les mêmes raisons que toi, il y a eu des grosses merdes aussi. Mais pareil, je me sentais chez moi partout et je savais comment réagir avec les gens pour en tirer de la bouffe ou un toit… je me suis remis en question et je me suis dis qu’il était temps d’arrêter. J’ai continué à roule jusque Taiwan ou j’étudie maintenant le chinois! Je suis très heureux de se choix qui en fait s’est parfaitement ancré dans ma vie de voyageur. Je suis toujours challengé.
    J’ai également un blog dans lequel je vais essayer d’écrire sur mes réflexions (il faut que je sois à jour), jai écris sur un sujet que tu as du ressentir “La lassitude en voyage”. Je te laisse y jeter un œil :)
    En attendant peut être qu’on se croisera sur les routes!

    http://yolotour.fr/la-lassitude-en-voyage/

    Thomas de Yolo tour

    • Salut Thomas,

      Merci pour ton message.

      “Mais pareil, je me sentais chez moi partout et je savais comment réagir avec les gens pour en tirer de la bouffe ou un toit…”
      Nous n’avons pas tout à fait l’air pareil mon ami, tu ne risques pas de me voir un jour essayer de “TIRER de la bouffe et un toit” des gens.

      Il faut faire attention aux mots que l’on emploi inconsciemment car pour qui voit un tant soit peu clair ils en disent plus long sur la personne que ce que la personne est capable de percevoir elle-même d’elle-même ! Ils sont également nombreux dans ton article…

      Je suis parti par Amour et également par Amour je m’évertue à travers les articles conscience, à hauteur de ce que ma conscience me le permet, de libérer l’humain de son EGO pour l’amener à ce qu’il est : l’Amour, autrement dit à ne plus profiter allègrement des autres pour assouvir ses petits plaisirs tout personnel.

  • Bonjour Bertrand,
    Il y a deux ans j’ai posté un message sur ton blog à mon retour de voyages… Je retombe sur ton article (que j’ai relu!) et j’ai eu envie de donner une petite suite… Je me suis remise de mon retour même si j’ai bien conscience de toujours vivre dans/avec/a travers ce tour du monde que j’ai réalisé. J’ai de plus en plus conscience de ma chance d’avoir accompli ce road trip, j’arrive à reprendre ma place doucement, a comprendre que j’ai de la valeur et que je ne vaux pas moins que quelqu’un d’autre dans ce monde qui tourne trop vite… Je dois cet accomplissement personnel au voyage indéniablement. Je ne me résous toujours pas à repartir car c’est “trop tôt” et j’ai bien conscience que ce serait encore une fuite en avant comme tu le dis si bien. C’est long, un peu comme un deuil mais je suis sur le bon chemin. Merci d’avoir pris le temps de me répondre il y a deux ans et merci de trouver des mots si justes. Bonnes fêtes ;)

    • Bonjour Célie,

      Merci pour ton retour.

      Julien m’a repris un peu plus haut sur le fait que le voyage ne pouvait mener dans le mûr, mais il est néanmoins très facile de constater qu’il suffit rarement à nous ramener dans le cœur et cela me fait chaud au cœur de constater que c’est parfois le cas et qu’en l’occurrence c’est ton cas.

      Que 2017 te soit favorable dans ce retour à Soi ;).

  • Salut Bertrand,
    Depuis plusieurs mois l\’idée de tout plaquer et partir me trotte dans la tête. Bien plus qu\’une idée d\’ailleurs cela semble être une évidence. En lisant ton billet, je me rend compte que c\’est à la fois un besoin et une envie. J\’ai envie d\’être libre, de découvrir le monde et surtout me découvrir ou me re-découvrir. Mais j\’ai surtout besoin de fuir ! Fuir la réalité, mes problèmes, mon taf, cette routine etc .. Et tout plaquer pour partir ne semble pas être la solution. Car quand je rentrerais je me retrouverais face à tout ce que j\’avais fuit. Mais alors la question se pose. Dois-je réellement partir ? Ou, Dois-je tout simplement accepter la réalité telle qu\’elle est, faire face à la routine parce qu\’après tout c\’est ce qui nous attend tous.
    Merci pour ton billet et ta future réponse je l\’espère.
    Amitiés, Yann.

    • Salut Yann,
      Merci pour ton message.
      Un jour un collègue très sympa mais également très terre à terre m’a dit : “Un tour du monde, mais ça sert quoi ? Regardes, tu es de retour au point de départ aujourd’hui, c’est juste bon à se choper des coups de soleil”.
      J’avais pris cela à la rigolade à l’époque puis avec le recul je me suis dit qu’il n’avait pas tout à fait tord. Voyager pour voyager est en effet une immense illusion. Et même ceux qui parviennent à vivre sur la route sans je ne jamais revenir à la “routine”, si tenté que le voyage ainsi ne soit pas une routine, vivent une immense illusion car ils ne vivent plus qu’à travers le voyage. Cette illusion est la même que celle que nous vivons globalement en ce monde où que l’on soit quoi que l’on face, tout est mensonge à tous les étages, par simple ignorance de qui l’on est véritablement en tant qu’être éternelle au delà de ce corps éphémère, ainsi on fonctionne à partir des lois humaines, séparé des lois universelles et de ce mensonge fondamental ne peut découler autre chose que des mensonges et de l’illusion.
      Donc de savoir si tu dois partir ou si c’est nécessaire de partir, pas du tout, le voyage n’est pas une nécessité en soi, mais peut avoir son utilité. Tout dépends de tes aspirations dans la vie, si tu aspires à la vérité absolue, à découvrir qui tu es véritablement alors passer du temps loin de tes repères pourrait aider tout en gardant à l’esprit que la vérité ne jailliras jamais d’autre part que de l’intérieur. Toujours si tu as des idéaux d’absolu en extrême priorité dans ta vie alors il est fort probable que cet appel à voyager soit réellement celui de ton être véritable.
      Sinon, j’ai envie de dire peu importe, voyage ou pas, le problème est et sera le même, à l’exception peut être que si tu es très bon menteur, tu quitteras ce monde avec le sentiment d’avoir fait quelque chose de ta vie à travers le voyage, ce qui est toujours mieux que de le quitter désespéré !
      En espérant avoir répondu à ta question ;).

  • Bonjourno traveller,

    Après un léger passage de déprime, avec en tête divers pays en vue d’exploration, et sans doute, synonyme de fuite à cette fameuse période de “ré-adaptation”, je me suis dit : “Va voir sur google, retour de voyage difficile” et Bim, je suis atterri entre tes lignes.
    Article super, qui donne une bouffée d’oxygène ! Merci !

    J’ai voyagé un peu plus d’une année, en Océanie et Asie, et à mon retour, une sacré Baffe, pas un ami ou pote fut pris d’un brin de curiosité quand au sujet de voyage… Alors croyez moi, c’est comme être face à un Mur infranchissable…
    En attendant, j’essais de construire l’échelle, avec pour outil précieux, la patience, afin de passer celui-ci !

    Bonne route à tous !

    Et comme dit un proverbe aborigène :

    “Nous sommes tous des visiteurs de ce temps, de ce lieu. Nous ne faisons que le traverser. Notre but ici, est d’observer, d’apprendre, de grandir, d’aimer… Après quoi, nous rentrerons à la maison.”

    • Salut Aurèlus,

      Merci pour ton message.

      Je ne connaissais pas ce proverbe aborigène mais je ne cesse de répéter continuellement que nous rentrerons à la maison après notre passage sur terre, un passage qui s’étale évidemment sur plus d’une vie, durant lesquelles nous vivons des EX-périences qui une fois finies nous laissent face au vide colossal qui est en nous. Et alors, de ces expériences, il ne reste rien et nous prenons ainsi conscience que toutes, sans exception, étaient du vent, une illusion, une fuite, qui ne visaient qu’à échapper à ce vide existentiel qui fait si mal et auquel il nous faudra tôt ou tard faire face pour retrouver le chemin de la maison, de qui l’ont est.

      Ce début d’année est extrêmement propice à ces grands face à face avec soi-même, alors non pas bonne route mais bon courage à ceux qui se trouvent sur ce chemin car il secoue toujours un peu, mais comme toujours, après la tempête vient le calme et en l’occurrence, la vérité :).

  • Salut Bertrand :)

    J’ai une question finalement assez personnelle, aussi comprendrais-je qu’elle n’ait pas forcément sa place dans ce fil … cependant ..

    Je suis parti 2 x 2 mois un stop en Italie et 5 mois le long des côtes françaises à vélo ; dans tous les cas j’ai toujours été à fond dans les préparatifs, ultra motivé pour les départ.
    Mais également dans chacun de ces cas le retour a toujours été souhaité, voire même attendu avec impatience, soit parce que j’avais atteind les objectifs, soit parce que j’étais fatigué. Sans forcément non plus de besoin impérieux de devoir tout raconter à tout le monde autour de moi au retour, ni vraie déprime (de la nostalgie en revanche) ; d’ailleurs je n’ai jamais vraiment posté de photos sur Facebook …

    Depuis mes 20 ans je potasse régulièrement des blogs de tour de tour-du-mondistes (dont le tiens !) et participe à divers Festival de voyage.
    Aujourd’hui j’en ai 30 ai enfin suffisamment de temps et d’économie pour me permettre de partir pour 1 an, 2 ans, 3 ans voir plus.

    Mais en 10 ans bien des choses ont changé : j’ai de plus en plus envie de me poser avec une yourte (par exemple), de fonder une famille, de developper des activités liées à la Terre, de partir sur d’autres projets de vie … pourtant j’ai l’impression que si je ne fais rien, si je ne pars pas, ce voyage restera un regret, quelques chose de jamais accompli.
    L’envie de partir est toujours là, mais aujourd’hui voilée par de nouvelles aspirations (que je pourrai mettre en pratique à mon retour finalement ?)…

    Je ne suis PAS CERTAIN qu’il s’agisse là d’une fuite, peut-être plutôt d’une réelle envie d’aventures et de découvrir d’autres horizons.
    De plus, je travaille dans la protection de l’environnement et passe d’un CDD de quelques mois à l’autre, avec un petit peu d’intérim ou de chômage entre les deux, et avec ici et là un voyage de courte durée.
    Bref la situation est instable depuis plusieurs années et à priori à mon retour elle ne sera guere différente ; je n’ai donc a priori pas grand-chose à perdre de ce côté-ci …

    Doit-on toujours appliquer l’adage “On regrette toujours plus ce que l’on a jamais fait que ce que l’on a fait” ???

    BREF, sans prendre trop de temps, comment perçoit tu un départ au long court dans ce genre de situation ? Fuite ?

    Merci à toi ;)

    • Salut Marc,

      Pour te dire la vérité je ne ressent pas de fuite dans ton envie de prendre la route mais dans celle de te poser et fonder une famille. L’envie de se poser et fonder une famille c’est rechercher une sorte de sécurité, de réconfort et c’est se décharger de ses responsabilités personnelles quant à son chemin de vie sous prétexte de responsabilités familiales.
      Les modes de vie alternatifs sont aussi et souvent un moyen de se sentir utile là où on ne parvient plus à s’y sentir dans le monde, avant d’être de vraies convictions.

      Evidemment je ne dis pas ici qu’il ne faut pas se poser et fonder une famille, mais que la question de la famille n’a pas lieu de se poser tant que la “moitié” n’est pas rencontrée et une chose est certaine, c’est que qui recherche sa moitié, ne la rencontrera jamais. La rencontre avec sa moitié ne peut se faire que lorsqu’il n’y a plus ce besoin de trouver un complément à l’extérieur. Il y a certes des possibilités de s’accoupler par complémentarité mais c’est comme les modes de vie alternatifs, comme ça part le plus souvent d’un vide existentiel, il n’y a pas de fondations réelles et ça ne tient pas, ou ça tient artificiellement.

      Au delà de la famille, se poser de la sorte nécessite de trouver un terrain sur lequel tu te sens appelé, ce qui n’est peut être pas le cas et ce qui peut prendre des années, là où un départ en tour du monde peut se faire de suite.

      La vie se vie dans le présent et dans le présent, d’après ce que je comprends, les conditions semblent propices à ton départ et tu as prouvé que tu avais la fibre pour ça.

      Comme tu le dis toi même, nos envies premières, qui parfois nous font peur, sont souvent voilées par des envies secondes qui nous rassurent et qui une fois obtenues créées un vide encore plus grand, celui de se rendre compte que ce n’est pas ce que nous voulions réellement, d’avoir investi beaucoup d’énergie à leur réalisation et le plus souvent de s’en retrouver à présent esclave.

      Quand à la situation instable. Ce monde qui maintient les humains esclaves d’une apparente sécurité de laquelle personne ne sortira vivant est en train de disparaître et la situation ne deviendra réellement stable que pour ceux qui seront sur leur chemin de vie.

      On regrette avant tout d’avoir fait des compromis avec nos aspirations profondes. Qui vit la vie qu’il est venue vivre peut mourir demain la tête tranquille. Qui vit une vie de compromis pensera jusqu’au bout qu’il lui reste du pain sur la planche. Exactement comme le voyageur qui fuit et qui ne vit plus qu’à travers le voyage, prétextant une soit disant soif de découverte.

      Le plus important est de ne jamais mettre sa raison d’être en quoi que ce soit, à partir de là il n’y a plus lieu de fuir ni de se rendre esclave de quoi que ce soit, juste à faire ce que l’on est venu faire et plus encore, à être ce que l’on est venu être.

      Réponse inspirée qui j’espère t’éclairera ;).

  • Bientôt je serais partis et avoir un retour aussi bien expliquer sur la réalité du voyage me fait, je crois, du bien.
    J’ai pas une super vie actuellement et la fuite, sa fait un moment que sa me trotte dans la caboche. Partir pour mieux revenir.

    Je pars dans de meilleur condition grace à toi. Merci.

    • De rien :).
      Comme je dis toujours, l’important est de voir clair. Tant que l’on voit clair il n’y a rien à faire, tout se fait naturellement en temps et en heure. La vie ne peut nous prendre par surprise aussi longtemps que l’on garde les yeux ouverts. On n’a pas à être parfait, on a juste à voir clair ;).
      Bonne route.

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