Voyage à vélo et spiritualité

Finalement, le moment que je préfère dans une journée de voyage à vélo, c’est lorsque ça s’arrête !

Lorsqu’ en fin d’après-midi, dans la douce lumière du soir, je dégote un petit coin de paradis pour y passer la nuit. Seul face au soleil qui se couche, écoutant les oiseaux chanter, je prépare et avale ce qui fera office de carburant pour le lendemain.

L’esprit apaisé par une journée chargée, je retrouve l’extrême confort du sol pour une nuit de 11-12 heures – le minimum vitale pour récupérer sur la durée des longues heures de vélo quotidiennes.

Allongé, tout mon corps vibre des efforts de la journée, je le laisse tranquillement se régénérer car demain je compterais à nouveau sur lui pour me mener vers de nouveaux horizons.

Le flux continu de mes pensées cesse pour laisser place au bonheur intense de l’instant. C’est à ce moment, profitant de ces quelques minutes de répit avant que la fatigue ne s’abatte sur moi, que je m’octroie une petite lecture méditative. Il serait dommage de ne pas mettre à profit cet état d’extrême réceptivité.

es derniers effort avant la nuit

Les derniers efforts avant la nuit.

Je ne peux pas dissocier le voyage à vélo du camping sauvage, il représente la liberté absolue.

Pourquoi faudrait-il se contenter de cinq étoiles lorsque vous en avez une infinité au-dessus de la tête ?

Il y a des gens pour qui le confort est une notion spirituelle, d’autres pour qui il est une notion matériel. Ces derniers ne connaîtront jamais l’extase de la Simplicité. Dépendants de plaisirs volatils et illusoires, coincés dans une impasse, ils ne gouteront jamais au bonheur.

La notion de confort physique me dépasse totalement. Même malade dans un lit d’hôpital ce n’est pas la souffrance physique qui me poserait problème mais la souffrance psychologique qui découlerait du fait d’être bloqué dans un endroit que je ne n’ai pas choisi et accessoirement de remettre ma vie entre les mains d’un autre. Nous sommes tous dépendants les uns des autres, y compris l’ermite qui es parti, seul, vivre au fond d’une forêt, mais lui ne finira pas dans un lit d’hôpital. Dans la souffrance physique peut-être, prématurément peut-être, mais l’esprit libre.

Je suis trop jeune pour mourir ! Mais un jour je le sais, je le pense, je l’espère (que j’en aurais le courage), si besoin, je choisirais la liberté à la vie.

Quel poids pèse donc le confort d’une douche ou d’un matelas, dans la balance, face à la liberté ?

L’existence humaine se limiterait-elle à de pareilles futilités ?

Des gens prennent trois douches par jours ! Mais ce n’est pas la poussière en surface qu’il faut éliminer, ce n’est pas la chambre qu’il faut aérer. L’air que vous respirerez à plein poumon sur votre vélo, celle-ci régénérera chaque cellule de votre corps en profondeur.

Le paraître, sans cesse le paraitre ! Qu’importe que l’on soit pourri à l’intérieur, aujourd’hui on fait des crèmes anti-rides, des crèmes anti-cernes, des crèmes anti-cellulite… Mais bon sang, les rides c’est la vie, il n’y rien de si magnifique qu’un visage marqué par la vie, marqué par l’effort, un visage qui raconte une histoire.

Garder son corps en bonne santé est un devoir. Sinon nous ne serons pas en mesure de garder notre esprit fort et clair - Bouddha

” Garder son corps en bonne santé est un devoir. Sinon nous ne serons pas en mesure de garder notre esprit fort et clair ” – Bouddha

Avec son cerveaux vieux de 2500 ans, Bouddha avait compris. Aujourd’hui, sous le poids de l’évolution, on ne comprends plus. Le “bon vivant” c’est celui qui se goinfre, picole, se drogue… en d’autre terme, celui qui se suicide doucement mais surement. Celui qui fera chier la société et pour qui vous paierez lorsqu’il sera malade. Celui là même qui vous fait déjà chier en se plaignant que tout va te travers !

La nourriture nourrit le corps, le corps nourrit l’esprit par l’effort. Le corps n’est rien d’autre que l’image la plus parfaite de l’esprit. Je ne comprendrais jamais le blocage que font les gens dès lors qu’il s’agit de fournir un effort physique, incapable d’aller chercher le bien être spirituel qui se trouve derrière puisque totalement emprisonnés par leurs petits “besoins” matériels.

– Voyager à vélo ? Mais il faut pédaler !

– Courir ? Après quoi ?

– Mais ouvre les yeux j’aurais envie de répondre.

Nous sommes parmi les plus gros consommateurs d’anti-dépresseurs au monde et manifestement parmi les pays développés les moins sportifs. J’habite à la frontière avec le Luxembourg, lorsque l’on y croise un joggeur ou un cycliste il y fait du sport, c’est une habitude au même titre que les trois repas quotidien, non pas une corvée à laquelle on s’astreint un mois avant d’aller exposer ses bourrelés au soleil ! J’ai traversé l’Alaska et le Canada, les gens courent et pédalent avec le sourire, de bon cœur et ça se ressent dans leur énergie au quotidien, non seulement pour eux mais aussi pour les autres qui se nourrissent et bénéficient des énergies fortes.

N’avez-vous jamais remarqué après plusieurs mois à voyager, même à raison d’une douche par semaine, que les odeurs disparaissent ?

Non, on ne s’habitue pas aux odeurs.

Si elles disparaissent c’est que l’effort, parce qu’il est un apport en oxygène – cet ingrédient de base indispensable à vie – purifie le corps et donc l’esprit, il nous maintient en vie. En vie cela signifie se lever en forme tous les matins, ne pas être malade au premier coup de froid, ne pas être essoufflé par trois marches d’escalier, ne pas avoir des douleurs toutes les cinq minutes, ne pas ressentir la nécessité de se goinfrer et picoler, ne pas être négatifs…

L’effort ne fatigue pas, il nous ressource. Et c’est parce que le voyage à vélo inclut cet effort qu’il est bénéfique sur tous les plans.

Mais cela passe par un temps d’adaptation. Au début vivre au grand air vous procurera sans doute une grande fatigue, vous aurez quelques appréhensions à dormir dans la nature, les bons petits plats vous manqueront… Mais soyez rassurés, tout le monde passe par là.

Avez-vous déjà obtenu des résultats dignes de ce nom sans persévérance ?

Quand en voyage je parviens à faire de la douche hebdomadaire une habitude naturelle, de la tente un logement naturel, du vélo un moyen de transport naturel et de tous ces détails avec lesquels nous ne sommes pas à l’aise naturellement, des habitudes naturelles, je me dis en moi-même : « Tu as encore fait un pas en avant aujourd’hui ! ». Qu’importe que j’ai 0 ou 200 Km au compteur !

Je disais dans le premier paragraphe : « Finalement le moment que je préfère dans une journée de voyage à vélo, c’est lorsque ça s’arrête ! ».

Si j’aime autant le moment du bivouac c’est aussi parce que je l’ai payé de quelques efforts tout au long de la journée. Ce n’est pas l’un ou l’autre, c’est un tout, un cheminement qui fait que lors qu’arrive l’heure du repos, on se sent magnifiquement bien, qui fait que lorsque l’on rentre de voyage, un changement positif s’est opéré en profondeur.

C’est ce cheminement que je viens chercher en voyage.

Faire, visiter, profiter, d’un maximum de choses et de gens dans une journée ne n’intéresse pas, c’est déjà ce que l’on fait au quotidien : s’occuper l’esprit artificiellement et constamment pour fuir la vie.

C’est pourquoi j’aime la tranquillité du voyage à vélo, de ses bivouacs dans la nature, loin de l’agitation.

Qu’importe que le Lonely Planet est répertorié ou non les lieux dans « A voir » ou « A faire ».

Sentir son corps qui Vie, la nature environnante qui Vie,  l’harmonie du tout et la confiance intense qu’elle procure est un luxe. Ce moment est une méditation en soit. J’aime accrocher la poche à eau à un arbre pour y prendre une douche froide, j’aime me laisser sécher au vent face au coucher du soleil, puis m’endormir paisiblement au contact du sol, sous un ciel étoilé. J’aime me sentir connecté avec les éléments. Là est le cœur du voyage, dans l’immatériel.

Des personnes parviennent, après des centaines ou milliers d’heures de pratique, à atteindre cet état en quelques minutes seulement grâce à la méditation. Moi je n’y parviens pas et j’ai besoin de le provoquer par l’effort et des conditions qui y sont propices. Mais même comme cela, plusieurs semaines ou mois sont nécessaires pour lâcher prise complètement avec le manque de confort et l’appréhension procurée par la vie nomade. C’est pourquoi il faut persévérer, les efforts sont toujours récompensées d’une manière ou d’une autre.

Lorsque vous aurez gouté à ces moments d’intenses émotions, les 7 merveilles du monde et les monuments classés au patrimoine mondial de l’Unesco – tous vestiges d’un passé révolu – vous sembleront bien fades !

Vous préparez actuellement votre premier voyage à vélo ? Ce guide extrêmement synthétisé vous permettra de faire les bons choix et de disposer des bonnes informations en un minimum de temps.

Disponible de suite au format KINDLE ou PDF.

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Bertrand

C'est à la suite d'un tour du monde à vélo réalisé entre 2011 et 2012 que ce blog a vu le jour avec pour objectif de mettre à disposition du futur voyageur, au long cours ou en vacances, les informations nécessaires à sa préparation.

46 CommentairesEcrire un commentaire

  • J’ai bien aimé cet article.
    Difficile cependant de s’extirper d’une vie familiale accaparante, mais je ne désespère pas: cela se dessine pour fin mai de l’année prochaine .
    Je sais, c’est déjà tard dans la saison, mais il y a le graduation de l’ainé à faiter aux USA début mai.
    Hélas, je suis encore hésitant sur les pays à parcourir , mais l’Est et N-E m’attirent.
    Any suggestions?
    Carl.

    • Salut Carl,
      Merci. J’ai pris plaisir à l’écrire :)
      I suggest you de profiter d’être aux Etats-Unis pour faire la Great Divide, où à défaut te mettre en jambe sur la côte ouest qui parait-il est magnifique, du peu que j’en ai vu ça l’était.
      Ensuite tu t’envole pour Ushuaïa et tu remonte par la Carretera Austral jusque Lima en tournant dans l’Altiplano et le Salar D’Uyuni.
      Voilà pour la première étape. Ensuite. tu t’arrange pour faire la Chine et le Japon, et comme tu as déjà vu l’Alaska, tu aura tout vu :) De retour au pays, tu aura tout le loisir de faire des virées en Europe du nord (Islande en tête) et de l’Est.
      Le programme te plait ?

  • Un grand coup de cœur pour ton article Bertrand : je l’adore !

    Et je te rejoins parfaitement : les gens sont effrayés dès qu’il y a quelques volées d’escalier à monter ou quelques mètres à parcourir à pieds.
    Rien ne ressource autant que l’effort physique, et le meilleur bien-être au monde est celui qui vient après l’effort : comblé, heureux (et parfois fier aussi ;) ).

    J’ai remarqué la même chose que toi en vivant une demi année au Canada : les gens font du sport tout naturellement, et avec le sourire. Qu’il neige ou pas, tous les matins ils se lèvent tôt pour faire leur jogging avant de commencer leur journée, ressourcés et plein d’énergie (positive). J’admire cela, je trouve ça tellement plus sain comme mentalité !

    En plus du sport, de l’effort et du confort, il y a la culture de sortir de chez soi, prendre l’air et aller à la rencontre de l’Autre/de la Nature, qui n’est pas très développée dans mon plat pays.

  • Le bivouac est certainement ce qu’il y a de plus beau quand on voyage à vélo, surtout quand on prend le temps de choisir l’endroit où on veut dormir.
    Mes plus grandes joies viennent souvent des bivouacs mais j’aime également passer du temps avec des gens (grâce aux réseaux d’hospitalité) et partager, le temps d’une soirée ou de plusieurs jours.
    Traverser un pays sans sans rencontrer les locaux et apprendre d’eux, quel dommage.
    La Laponie, j’ai adoré, pour le côté nature sauvage (c’est ce que je recherchais pour cette première année de voyage) mais j’ai quand même été frustré de ne faire aucune rencontre, à part le bonjour-au revoir du supermarché.
    J’essaie de trouver le bon compromis entre liberté totale et rencontres “programmées”.

    PS : chaque bivouac est toujours accompagné d’une bonne douche, le plus souvent froide mais j’adore !!

    • Salut David,

      Les rencontres “hors agitation” sont moins nombreuses mais souvent plus intenses. On ne peut pas dire que l’Alaska soit très peuplé et pourtant c’est l’un des pays où les gens m’ont le plus marqué tant la solidarité se ressent fortement. Tous ralentissent pour s’assurer que tu n’ai pas besoin d’aide par exemple, il n’y a ni bonjour ni au revoir, seulement une esquisse de sourire, mais un geste vaut mille mots. Une fois par semaine, quand il y avait une ville, j’allais chez des warmshowers, c’était toujours de très bons moments.

      En Asie du Sud-Est par exemple, j’ai du y passer trois mois, le monde ne manque pas pourtant, ils sont très avenants et excepté des expatriés ou des voyageurs je n’y ai pas fait une seule réellement bonne rencontre ! C’était toujours des rencontres superficielles, rien qui n’ai changé ma vie à jamais :).

      Bonne route.

  • Salut,
    oui le bivouac c’est le pied! Sinon pour la route, tout est une question de proportion car l’homme se lasse facilement quand il n’a pas envie de faire ce qu’il fait. Il faut être libre et heureux pour pouvoir profiter! bon c’est ce que je pense… amitié

    • Bienvenue ici Kania,

      Il n’est en effet pas question de se contraindre avec des choses dont on a pas envie. Ce qui est triste c’est de ne pas avoir envie :)

      On peut ne pas être tout à fait à l’aise avec quelque chose et le faire de bon cœur sans s’en sentir contraint car on sait que derrière l’insignifiant effort il y a la récompense. Encore faut-il avoir la vue assez perçante pour voir ce qui se trouve derrière la “forme”.

  • Un tout grand merci pour cet article, un des meilleurs je trouve également! Ca me donne envie de faire plus que mes sorties à vélo du week end!

    Il parait que le Maroc est pas aussi à vélo!

    • Merci.
      L’Atlas Marocain doit être super à vélo. C’est la porte à côté, le vol ne coute rien, le dépaysement est assuré… On se complique la vie pour rien parfois :)
      Il y a deux frères près de chez moi avec qui je roule en VTT de temps en temps qui y sont allé à deux reprises. De la montagne, de la piste… la vidéo donnait envie !

  • Dormir sous la tente c’est en effet LA liberté. Mais ne voyageant pas à vélo, je ne voyage que très rarement avec une tente.
    Mais où je te rejoins complètement, c’est au niveau du besoin (ou pas) de confort. Je m’arrête pour dormir la plupart du temps dans la première auberge, quel que soit le confort du lieu. Je m’amuse toujours de voir d’autres backpackers défiler et hésiter une plombe avant de savoir si oui ou non ils prennent la chambre. Pourquoi se compliquer la vie ainsi.
    À nous faire passer ainsi ton amour pour le voyage à vélo, tu vas finir par me contaminer Bertrand ! Alors continue et le jour ou j’écrirai un billet sur un voyage à vélo, bah t’auras gagné, et ce jour n’est peut-être pas si éloigné :-)

    • J’attends avec impatience le premier article Onechai sur le voyage à vélo :)

      Je crois que le voyage à vélo n’est qu’un support qui me permet de franchir des caps de consciences (si je peux appeler ça comme ça) plus rapidement. C’est surtout le meilleurs support que j’ai trouvé jusqu’à présent. Et celui qui me permet d’être au plus proche des idéaux que j’avais avant de voyager sans prendre de risques finalement.

  • Il ne faut pas être trop dépendant du confort matériel pour ne pas être trop vulnérable, c’est sûr, mais c’est quand même bien de rester humain.
    Ce n’est pas parce que beaucoup de gens abusent et sont capricieux, ne supportent pas le moindre inconfort, qu’il faut à l’opposé refuser le confort physique.
    C’est clair que les campements sont de supers moments mais ne les apprécient-on pas autant parce qu’on sait justement qu’on est pas condamné à vivre comme ça et que tôt ou tard on retournera dans le confort d’un hôtel ou d’une maison.
    Pour moi l’inconfort physique c’est comme la solitude, c’est bénéfique si on le pratique momentanément et en ayant le pouvoir de passer d’un état à l’autre à tout moment.
    Vive le onsen^^

    • Je suis d’accord. Je voulais le préciser dans l’article mais je n’ai pas trouvé le moyen de le faire de manière à ne pas casser la fluidité du texte, si bien que ça ne m’a pas semblé indispensable.
      Comme je l’ai expliqué en long en large et en travers dans “Comment survivre à un retour de tour du monde ?”, toute bonne chose, pour être réellement bénéfique doit avoir une fin, sans quoi tu retombe dans la dépendance inverse et tu t’enterre ! L’équilibre il n’y a que ça de vrai. Le bonheur le vrai est un état, pas une condition, s’il dépends d’une tente et de la route tu n’y goutera pas plus que celui qui dépend du confort matériel.

  • Ben, ça c’est du costaud de chez Mouse…
    Le great divide est plus pour les VTT avec remorque, mais cela doit être super.
    Non, je pensais aux pays scandinaves, ou le camping est plus facile et autorisé.
    Cela semble bon pour un rodage…

    • Laurent de Lapetiterosedesvents à fait la Great Divide avec un vélo de voyage et sacoches. Si je me souviens bien il me semble que les portions les plus typées VTT sont avant la frontière US. Ensuite ça reste de la piste correcte…

      Mais l’Europe du nord à l’air top aussi. Je suis attiré par tout ce qui est dans le nord de toute manière. A la base je ne voulais pas aller en Écosse pour le premier voyage je voulais monter au Cap Nord par la Finlande ou aller en Islande, mais compte tenu du temps qu’on avait, l’Écosse était plus pratique.

      L’Islande ça reste le pays qui me tente le plus je pense, mais je fais durer le plaisir, il faut en garder sous le pied :)

      Tiens, je suis tombé là dessus aujourd’hui, en Norvège : http://minu.me/awge

  • Merci pour l’ article , ça fait du bien de te lire . Tu es un vrai baba , pas un baba cool , un baba au sens stricte du terme , en France on appelle cela un éveillé , heureux que la vie produise encore des gens comme toi , merci encore pour ce texte , un veritable médicament pour l’âme……..

  • Merci pour cet article, que de temps j’ai perdu à vouloir entrer dans le moule des “gens normaux”
    Mais je me soigne.
    Jules

    • Merci. Dieu sait que j’en ai perdu du temps et que j’en perdrais probablement encore. Mais si je prends le problème sous un autre angle je me dis que c’est ces années là qui ont fait qu’un jour j’ai pu dire STOP.
      Si elles ne m’avaient pas étaient si désagréables probablement que j’aurais fait comme beaucoup, je serais resté sagement dans le moule et aurait été jusqu’à la mort comme ça, sans jamais me poser la moindre question. Je n’aurais alors pas perdu de temps mais la vie ! Je ne veux surtout pas dire par là que la vie c’est le voyage, je ne le pense absolument pas et ne le penserais jamais…
      Reste à définir ce qu’est le temps et la perte de temps, si ce n’est une invention de l’Homme destinée à lui mettre la pression :)

  • Comme tu dois t’en douter tu prêches un convaincu avec moi Bertrand. C’est bien pour cela que je m’équipe de plus en plus correctement pour enchaîner les voyages à vélo et bivouaquer la nuit. Bientôt il ne me manquera plus que l’expérience des kilomètres dépassant la barre des 1 000 pour me sentir en phase avec tous tes écrits.

    La notion de confort est toute relative comme tu le dis, et la mienne se rapproche de la tienne.
    D’ailleurs :
    “Pourquoi faudrait-il se contenter de cinq étoiles lorsque vous en avez une infinité au-dessus de la tête ?” Elle est de toi cette citation ? J’adore !! C’est tellement vrai. Si c’est de ton cru, tu vas rejoindre les Gandhi et autres Bouddha que tu cites régulièrement sur les réseaux. ;)

    Par contre 11 à 12 heures de dodo par nuit c’est un doux rêve pour moi… c’est énormes ! Tout autant qu’avaler 100 km ou plus par jours en vélo. Tu ne rigoles pas toi. Décidément je ne suis pas encore à ton niveau sur toutes ces choses.

    Petit mention spéciale pour la douche hebdo. Je connais cela aussi et ce n’est pas un souci. Non seulement je te suis sur le fait que notre transpiration est beaucoup plus saine lorsque l’on a l’habitude de faire des efforts réguliers, mais en plus nous n’avons pas besoin de nous doucher tous les jours ! Nous perdons nos odeurs naturelles en faisant cela. Et si c’est pour les remplacer par des parfums dégueulasses et sentir la cocotte, je ne vois pas l’intérêt.

    Sans vouloir faire régresser l’homme à l’état d’animal, il faut savoir accepter notre part de bestialité. Ça aussi c’est éviter d’entrer dans les moules sociaux.

    • C’est du fait maison en effet. Je ne peux pas sans cesse me cacher derrière les citations des autres, parfois je dois prendre mon courage à deux mains et me jeter à l’eau ! Je crains cependant d’être limité au niveau de mes talents oratoires pour rejoindre Bouddha. Et à bien y réfléchir il se pourrait qu’il n’y ai pas que l’oral qui soit limité :). Mais ne faisons pas de complexe d’infériorité, Bouddha est peut être passé par 1000 vies avant de devenir Bouddha ! Aussi loin que remonte ma mémoire je n’ai eu que deux vies. Une première de 1988 à 2011 et une seconde de 2011 à aujourd’hui :)

      Je crains également de ne plus être en mesure de me taper 100 bornes ou plus par jour si je remontais sur le vélo aujourd’hui. Mais à la longue le corps s’adapte. Les nuits de 11-12h ce n’est plus qu’un vieux souvenir aussi. Je n’ai jamais beaucoup dormis et je n’ai pas tardé à reprendre mes bonnes veilles habitudes au retour. Mon corps à besoin de 5h d’efforts par jour pour s’équilibrer. Je le savais que j’aurais du faire cycliste mais le destin n’a rien voulu savoir :)

  • Ton texte est super bien écrit et me remet dans l’émotion de notre voyage à vélo en Norvège dans les Lofoten. Vélo plus camping sauvage forment une parfaite combinaison.

    Au final, on n’a pas besoin de grand-chose pour être heureux. C’est vrai que ça prend un peu de temps et d’effort pour s’en rendre compte, mais une fois qu’on y a gouté, plus moyen de s’en passer.

    C’est si bon d’être indépendant, de voyage grâce à nos efforts physiques. J’ai également ressenti ça lors de trecks de plusieurs jours en autonomie. La solitude est propice à la méditation et à la réflexion. Je n’ai jamais été aussi heureuse que seule dans la nature à marcher vers l’inconnu.

    • Merci.
      Pas besoin de grand chose pour être heureux mais le cerveau humain et si complexe qu’il recherche naturellement le “beaucoup de choses et malheureux” ! C’est comme chercher partout quelque chose qui es dans notre main, tu te dis : “Quel con il était juste dans ma main”. Après avoir travaillé 40 ans à raison de 70h semaine et essuyé 12 cancers, dans un dernier souffle ils diront : “Quel con, je n’avais besoin de rien” ;)

    • Après avoir glander 40 ans, dans un dernier souffle les autres ils diront: “Quel con, je n’ai servi à rien” ;)

  • Salut Bertrand,
    Bel état d’esprit, sur l’effort personnel et la liberté
    J’ai quelques périples à vélo à mon actif, plus modestes c’est sur ! mais
    je peux comprendre ton point de vue; et je partage ta vision des choses sur la société “décadente” et ta conception et prefèrence pour l’independance, pour se deplacer, et dormir entre autre aussi;
    Questions plus terre à terre, si ça te dit d’ y répondre, sur le bivouac : En virée en thailande il y a un an environ (mais en sac à dos, avion, trains, bus, tuk tuk etc ), je m’etais posé la question des possibles risques de palu (et autres dengues ou variations), mais vu que je dormais en auberges routards ou hôtels pas trop cher, j’ai pris peu de précautions, à tort ou à raison : restant peu en zones de nature, campagne ou forestière, et dormant en ville ou GH, je n’ai pas pris la doxicycline qu’on m’avait conseillé en option, et mettre la moustiquaire dans les hôtels ou guesthouse m’a “pris la tete”, (impossible de la fixer au dessus et autour des lits)donc j’ai finalement abandonné la moustiquaire et dormi sans (auberges ventilées quand même mais quelques moustiques rodeurs dans la chambre, logique quand on fait des allers retours dehors le soir, en ouvrant la porte même quelques secondes ); bref je pense qu’il ne faut pas virer à la parano,ni au laxisme, mais je ne prenais qu’un peu de sprays anti moustique pour la peau le matin ou soir; Il parait qu’il y a de toutes façons peu de risques en zones urbaines;
    Mais quand on bivouaque comme tu le fais, y compris dans des zones impaludées ou jugées plus risquées, comme le laos, Cambodge, ou pire en afrique centrale entre autre, est-ce que la protection d’une tente suffit ? Je suppose que tu te camoufles dans la tente assez rapidement avant la tombée de la nuit, avec répulsif ou anti moustique, voire prise d’anti palu pour les zones a risques ou toute la durée en asie du sud est ? Une moustiquaire en plus à l’interieur de la tente ? (cela dit, la fixer dans une tente est peut-être plus pratique que pour un lit de guest house improvisés !)
    Une autre interrogation, c’est pour les zones plus froides au contraire, par exemple rouler en hiver en europe ou aux usa / canada, ca peut se faire ? par quelques “oufs” surement ;) et là aussi le pb du camping sauvage peut être problématique si on tombe proche ou sous O degrés à mon avis, (même si rouler au froid la journée est moins un problème avec le rechauffement dû à l’effort),; donc à moins d’être très bien équipé pour rouler-bivouaquer l’hiver, (entre autre sac de couchage efficace jusqu’à – 5 surement ou moins)
    Pour ma part, je prefère à choisir le froid, que trop chaud et moustiques à foison !
    Je pense aussi aux pays où “officiellement” au moins, camper dans la nature est interdit, ou très surveillé, voire passible d’amende, ce qui est un sacrilège d’apres moi, car la terre devrait rester libre et n’appartenir a personne, mais pouvoir accueuillr ses hotes passagers où qu’ils soient
    Bonnes routes futures

    • Salut Hajime,

      Merci pour ton message.

      Pour le paludisme, j’ai avalé des cachés de Malarone au quotidien dans les zones à risque. Je n’avais ni moustiquaire pour les nuits en hôtel, ni spray anti-moustiques. Dans la nature, la tente suffit. Dans le sud-est je ne montais souvent que la toile intérieur parce que la chaleur était étouffante. J’entrais au plus vite dans la tente en tachant de laisser les indésirables à l’extérieur. En Malaisie et dans le Sud de la Thaïlande il y en avait vraiment beaucoup, surtout lorsque je campais dans ces satanés champs de palmes, puis ensuite, au Cambodge, Vietnam ou Laos, je n’ai plus été embêté.

      Il y a bien quelques fous qui tente l’aventure en hiver ! J’ai passé quelques nuits sous zéro ce n’est pas un problème avec l’équipement adapté, c’est par contre un peu plus désagréable quand tu as froid. Les nuits sont moins problématiques que les journées. Avec les heures de selles tu finis par fatiguer, transpirer et c’est là que tu as froid. Une fois au chaud dans le sac, le plus dur est passé. Mais il est vraiment important d’avoir l’équipement en conséquence sinon ce n’est vraiment pas une partie de plaisir.

      Je suis passé par quelques Parc Nationaux au Canada et Etats-Unis, j’ai à chaque fois pris le risque de camper sauvage, je ne me suis jamais fait attrapé. Je fais aussi un blocage avec le fait de ne pas être libre dans la nature, mais l’humain n’étant par nature pas raisonnable, c’est le prix à payer pour conserver la nature à l’état naturel :)

    • Merci pour ta réponse et expériences !
      Donc apparemment pour toi, les “conditions extérieures”, chaleur, froid, moustiques sympatiques et autres “animaux rampants” (je n’ai rien contre les serpents, mais je prefère les laisser tranquille ;)) sont rarement un problème; J’aime aussi la vie au grand air et le contact avec la nature, mais c’est clair qu’il faut “se preparer et s’équiper” un minimum pour ne pas que ça vire à trop de galères; D’habitude je reussi assez bien mes bivouacs, mais le dernier, où j’etais “trop cool”, et pas assez sérieux, date d’il y a 15 jours environ en France, trouvant le dernier soir une foret tranquille avec clairière, j’ai eu la flemme de mettre la tente complete (j’ai la T2 ultralight de D4, dont elle se monte un peu moins vite que la hubba msr surement !), j’ai mis qu’une bache pliée en deux en guise de tarp “à l’arrache”, comme un calzone italien fourré avec mon sac de couchage, et mon sac à dos; manque de bol la pluie a 2h du matin a fini de me reveiller, avec sac de couchage détrempé, et en parti mon sac; Mais c’est de ses erreurs qu’on apprends toujours !
      Vu ton état d’esprit, ” chercheur de liberté, d’absolu, et nature”, et que t’aimes la lecture avant la nuit, je te conseille, si tu n’as pas encore lu “Tamata et l’alliance” de Bernard moitessier
      Marin “hippie”, qui cherchait lui aussi la liberté et la paix, sur son bateau (lui a vécu toute sa vie ou presque sur des voiliers); Et si ton braquet n’a pas pu suivre le peloton du tour de France et des compétitions, il t’emmène vers l’arrivée de l’étape la plus essentielle, la victoire sur soi même, celle de l’esprit;Ce marin aussi a commencé une course autour du monde à la voile, avant d’abandonner alors qu’il était en tete, mais a poursuivi son tour du monde sans franchir la ligne s’arrivée; il a preferé voguer vers la ligne d’horizon sans limite, ce qui est plus grand encore qu’une victoire de courses ;)
      Bons vents

    • Tout dépend ta définition du mot “problème”. J’ai le souvenir d’une nuit en Iran, j’avais un sac 0° + un 15° par au dessus + habillé en polaire en dessous et j’étais congelé. Je n’ai pas dormi de la nuit mais je ne suis ni décédé ni tombé malade :). Pour une nuit ce n’est pas un problème, par contre si ça commence à s’accumuler ça peut le devenir.

      La chaleur idem, quand tu dors dans un sauna, ce n’est pas des plus agréables, mais on ne va pas se plaindre. Les moustiques aussi, tu as le choix de péter les plombs ou de rester calme. Au début tu pètes les plomb et ensuite tu abandonne parce que tu n’aura jamais le dernier mot :).

      Les serpents, araignées et tutti quanti, je n’ai jamais eu de problème, une fois enfermé dans la tente tu ne risque plus rien. Par contre je ne m’amuse pas à laisser la tente ouverte pendant que je suis dehors, je ne m’amuse pas à marcher “pieds nus” dans les hautes herbes, je tape même par terre avec les pieds pour créer des vibrations quand je sens que je suis dans un “hot spot”. Et le matin, je secoue systématiquement mes chaussures. Quand j’étais petit, une abeille était planquée dans mes shoes et m’a piqué quand j’ai mis le pied dedans. J’ai retenu la leçon ;). Et bien sûr je ne dors pas par terre à la belle étoile s’il y a du tueur dans les parages !

      Je prends note du livre. Mais ma définition de la liberté est tout autre, c’est en général ce genre de récits qui me coupe l’envie de vagabonder à vie ! J’avais aborder le sujet ici : https://www.lebraquetdelaliberte.com/comment-survivre-a-un-retour-de-tour-du-monde

      A+

    • Hello,
      Je rejoins pas mal de tes points de vue; je pense que le bouquin conseillé peut t’interesser quand même car c’est plus qu’un récit de voyage ou de voile, c’est une “philosophie de la vie”, une vision de la liberté, de faire ses propres choix, crée sa vie en phase avec ses idéaux, plutot que de la subir ou imposée par les “dictats” d’une société; Il aborde d’ailleurs autant la vie dans la nature, sur les mers, que l’écologie, la spiritualité “personnelle”, et tracer sa route avec ses convictions;
      Je pense que à terre ou en mer, on peut autant trouver “sa liberté”, que l’inverse, tout depend de notre etat d’esprit; L’important est de faire ses propres choix, suivre ses rêves, et essayer d’aimer ce qu’on fait au moment où on le fait;
      Le voyage à vélo aussi a beaucoup de part de liberté (dans le déplacement dans l’espace entre autre), économique, écolo, mais a aussi, comme toute action ou choix, ses parts de contraintes et dépendances (ne serait-ce que devoir se ravitailler assez souvent, gérer son eau, pouvoir trouver rapidement des réserves en cours de route, ou refaire un peu d’argent, gerer son effort, se soucier (un peu) de où dormir, dépendre parfois des délais de visa, des frontières, du dénivelé ou du climat sur place, et autres risques potentiels etc);
      Je pense que la liberté est surtout une façon d’aborder la vie, quelqu’elle soit; Et même un ermite, un jardinier ou menuisier, s’il apprecie sa vie, ou son travail, s’il vit pleinement son activité au présent sans vouloir “etre ailleurs” ou faire autre chose, se dira surement aussi que “c’est la liberté” (la sienne);
      Le voyageur (à vélo, backpacker ou autre !) qui vit mal son périple,ou galère sur des portions, et voudrait etre ailleurs, dans le pays suivant ou la ville suivante, ou chez lui, ne trouvera pas non plus “sa liberté” en cours de route à ce moment là (surtout s’il rêve à ce moment là d’un jus de fruit au bord de l’eau !)
      Pour rejoindre la philosophie bouddhiste, je dirais que la liberté véritable n’est pas de faire “tout ce qu’on désire’ (qui est la “liberté” de l”égo, et crée souvent attachements et dépendances, y compris à l’objet de son désir), mais d’être libre de tous désirs, être détaché de tout, ne dépendre de rien ni personne quelquesoit son mode de vie (ce qui est la liberté de l’esprit) ; Vivre le présent tel qu’il est, la méditation mindfullness, la respiration consciente, être pleinement conscient dans l’instant, etant surement le summum de la liberté (libre envers toutes pensées, souffrances, désirs etc);
      Même un prisonnier (pour reprendre un exemple du bouddhisme t’chan) s’il vit dans le présent, satisfait et l’esprit paisible et libre, peut effectivement être libre, alors que le milliardaire qui a encore des désirs donc des insatisfactions, ne le sera jamais)
      Mais tant qu’on est pas prisonnier physiquement, pourquoi pas aller faire un tour ;)

    • Je vais devoir allez faire un tour pour finir la pile de livres qui m’attend !

      Je viens de lire la biographie de l’auteur sur Wikipédia, j’étais en effet à côté de la plaque. Jugement trop hâtif :). On est loin de la course effrénée du “routs” qui avance sans cesse non pas pour avancer mais pour ne pas rentrer. Du coup j’ai tout de suite beaucoup plus envie de le lire tout en ayant une petite appréhension à l’idée de plonger dans ce genre d’histoires qui m’envoient de drôles de signaux directement au cœur à la simple lecture de la bio !

      La nuit étoilée dans un champ au Vietnam à vingt mètres de la route et des klaxons c’est bien mais j’imagine que la nuit étoilée au milieu de l’océan doit être divine. C’est un coup à y rester d’une overdose d’émotions ça ;)

    • Hello, content de t’avoir “découvrir” un autre ‘vagabond’ (des mers), si ce n’etait déjà fait
      Je pense que le voyage à vélo et à la “voile pure” ont certains points communs, et pour avoir pratiqué les deux (à un niveau modeste, et en perfectionnement dans les deux cas), ils se rejoignent sur la quête de liberté, de tracer sa route de manière naturelle, relativement écologique, économique si on s’y connait, (et qu’on reste sur un voilier simple et modeste), et visant l’autonomie et le voyage à vitesse “humaine”; D’ailleurs Heinz stucke et Moitessier, pour ne citer qu’eux, sont en partie de la meme “generation”, assez proche des idéaux hippies ou beatnik (chers à Christopher maccandless !), epoque où les gens “censés” cherchaient comme plus haute valeur, la liberté et la nature; comparé à aujourd’hui où ce que cherche bon nombre est “l’argent, les biens (ou maux) de consommation, pollutions, les relations “sex, fastfoot, égoistes” et le dernier iphone !
      Autre vision du monde ;)
      Le site du routard avait fait une page sur Moitessier, si ça t’interesse !
      Amicalement, bonnes routes
      http://www.routard.com/mag_dossiers/id_dm/14/bernard_moitessier.htm

    • C’est justement à Stucke que je pensais lorsque tu m’a parlé de Moitessier. Il y a tout de même une grosse différence entre un Stucke et un McCandless. Le second a fuit la société mais a assumé, il a fait don de toutes ces économies avant de prendre la route et il a fini dans un bois. Le premier à lui aussi fuit la société sauf qu’il en a profité à outrance puisque ce sont les dons et les sponsors qui lui ont payé son “voyage”. Tu en as un qui part avec des idéaux et qui d’ailleurs envisageait le retour et tu en as un autre qui est parti car incapable d’assumer la moindre responsabilité (c’est ce qui est écrit entre les lignes de sa bio sur son site) et qui, la preuve en est, n’est par conséquent jamais revenu. Et qui, cerise sur le gâteau, 50 ans plus tard, a une soudaine envie de partager son expérience et va nous pondre un livre pour avril si j’ai bien compris. Une chose est sûr ce n’est pas mois qui lui paierait sa retraite. Certainement pas, c’est trop facile.
      Quand je disais que je n’avais pas la même définition de la liberté, c’est que la frontière entre la quête de liberté et l’égoïsme exacerbé est plus que minime ! Mc Candless était engagé, d’après Wiki Moitessier l’était aussi, j’en attend de même de la part de Stucke, mais quand tu passe 50 ans sur un vélo je doute que tu es beaucoup de temps pour penser à autre chose que ta petite personne, et ce quelque soit les valeurs bidons derrières lesquelles tu te cache.

      Je prépare un ou des articles à ce sujet, les idées sont posées mais je ne trouve pour l’heure pas l’inspiration pour les mettre en forme comme je l’aimerais, je ne sais pas si je vais le faire en un article ou plusieurs, ou pas du tout si l’inspiration m’a quittée à jamais :)

    • Re salut,
      Je peux comprendre ton point de vue sur Heinz stucke, que d’ailleurs je ne connais que superficiellement à travers quelques articles lus sur le net ! donc je n’ai pas d’avis tranché sur lui, ni positif ni negatif; En fait, plutôt positif jusque là, car si son périple “d’une vie” est vrai, il faut quand même avoir un caractère vaillant pour le faire; et pour financer sa route, j’avais lu qu’il avait (en partie) un mecene, mais qu’il vendait aussi ses photos ou brochure de voyage en cours de route; je ne sais pas si sa part de ventes personnelles suffisaient ou pourraient suffire à ce “genre de vie” (le voyage a velo reste assez economique quand même, voire très, suivant chacun, mais je sais que pas mal de routards longues durées(pas qu’a velo d’ailleurs), travaillent ou gagnent leur vie en voyageant (en ayant un job “nomade”, comme le freelance dans l’internet, l’import export, l’artisanat de rue, musiciens de rue ou autres suivant les capacités de chacun; Certaines vendent même des plats cuisinés ou patisseries “specialités” de chez eux a l’etranger sur des stands; Après c’est clair que c’est moins glorieux de se ballader avec l’argent des autres (dons etc) pendant qu’eux travaillent ! et ca je ne cautionne pas non plus;
      Pour Moitessier, il a comme d’autres voyageurs, exercé pas mal de boulots dans son ‘nomadisme marin”, en ouvrier charpentier de marine dans certains ports aux escales, secretaire medical de remplacement en France, pour financer son bateau suivent, les droits d’auteurs des bouquins qu’il a écrit au fur à mesure et qui avaient un certain succès (et fait rever beaucoup), des conférences sur ses navigations, et même enseigné la voile a des particuliers à une epoque où les écoles de voile existaient très peu, entre autre chose;
      Je rejoins donc ton avis, sur la valeur de s’assumer quand on choisit de vivre “hors système”, et j’espère que la plupart suivent cette voie !

  • Les “vestiges d’un passe revolu” sont parfois l’image de l’effort physique et de l’extreme devotion des peuples (sans parler des esclaves), pour leur spiritualite. Ils peuvent etre le reflet a grande echelle de ton effort physique en voyage, et aspirer a la reflexion, alors pas si “fade” que cela. Bon article sinon :)

    • Merci. C’est difficile à expliquer mais je vais tenter :). La spiritualité ce n’est pas quelque chose que je mentalise. Soit je me sens connecté énergétiquement à un lieu soit ce n’est pas le cas et ressortir mes livres d’histoire n’y changera rien. Lorsque tu es face à un paysage magnifique ou une nuit étoilée, ton énergie augmente instantanément, ton esprit est plus clair, tu te sens apaisé. Tu es connecté. Lorsque tu entres dans un supermarché bondé, ton énergie diminue, ton stress augmente et ton esprit s’alourdit. Tu es déconnecté. Lorsque j’entre dans ces usines à touristes que sont devenus ces vestiges du passé, je me sens plus proche du supermarché bondé que de la nuit étoilée. Ça ne remet pas en cause leur éventuelle glorieuse histoire mais ça remet fortement en cause l’intérêt concrète de ma visite. Autrement dit, si je souhaite m’intéresser sérieusement aux spiritualités du passé, j’ai tout intérêt à rester chez moi et me plonger dans les écrits. Mais pour le plaisir des sens seul, je ne fais pas le déplacement. En l’occurrence je ne fais jamais de détour pour visiter un monument, si j’y suis j’y vais, quoi que pas toujours, sinon les photos sur internet font l’affaire ;).

  • j’ai été très ému par cet article parce que je ressent et vis exactement la même chose
    mes rando vélos m’apportent de l’évasion, de la liberté, des découvertes, des aventures et des rencontres.
    Le bivouac sauvage fait partie intégrante de mes escapades et mes collègues et amis sont souvent surpris et admiratif que je vive ça. J’essaye de leur faire partager ce que je ressent et aussi leur expliquer que c’est accessible à tout le monde sans pour autant partir loin et longtemps.
    La question qui revient toujours c’est systématique c’est de me demander si je n’ai pas peur de dormir tout seul isoler. Je leur répond que c’est moins dangereux que si j’étais avec du monde car là où je suis il est certain que les personnes malveillantes ne viendront pas c’est logique du fait qu’il préfèrent se rendre là ou il y a du monde pour faire ce qu’ils ont à faire

    cordialement

    • Merci. C’est vrai qu’une fois dans le bois, aussi dingue que cela puisse paraître aux yeux de monsieur tout le monde, on se sent très vite en sécurité. Et pourtant nous avons tous eu peur où presque avant cette première nuit, preuve que nous étions comme tout le monde. L’envie était juste plus forte que la peur. Mais quand on a pas envie, on a pas envie non plus de surmonter sa peur ;).

  • Salut Bertrand !
    Bon, je commente tard sur et article, mais son fond reste intemporel, je pense :)
    Juste pour te dire, il fait plaisir à lire ! Je suis pas un habitué du voyage au long cours, mais je prévois un tour de la France à vélo pour cet été. Justement, je pense avoir le bivouac comme principal mode de repos. Dans mon entourage, cela est souvent ressenti comme synonyme d’inconfort, d’usure et de problèmes. Pour ma part, je rejoins ton ressenti. J’adopte ce mode de fonctionnement par envie de liberté, d’autonomie et me recentrer sur la simplicité plutôt que partir sur du tout-cuit. Enfin, voilà, cela fait plaisir d’entendre, de la part d’expérimentés, que de la simplicité découle le bien-être et l’apaisement !
    Au plaisir de parcourir davantage ton blog, salut !

    • Salut François,
      Pas de soucis, les articles restent d’actualité éternellement ! Ils sont écrit dans cet optique et j’ai même la chance avec le voyage qui n’est sujet à aucune mode que les articles matériels ne soient jamais dépassés ;).
      Bon tour de france, peut-être nous croiserons-nous sur la route, j’ai dans l’idée de partir une semaine à droite, une semaine à gauche, au cours de l’année.
      A bientôt.

  • Salut Bertrand,

    Je suis étudiant en journalisme à l’Université de Montréal. Je dois dans le cadre d’un cours construire un reportage sur le sujet de mon choix. J’ai décidé de me concentrer sur l’aspect psychologique ou encore spirituel du vélo. Après avoir quelques uns de tes articles, je crois que ce serait pertinent et profitable pour mon reportage de t’avoir en entrevue. Rien de compliquer ou de trop long… J’aimerais simplement que tu m’exprimes comment le vélo peut permettre une évolution chez la personne qui le pratique.

    Des motifs personnels m’ont poussés à orienter mon travail sur ce sujet en particulier, il me fera plaisir de t’en dire plus si tu réponds à mon invitation!

    Merci beaucoup,

    Vincent Aucoin

    514-922-8384

    • Salut Vincent,
      Désolé pour ma réponse tardive, je viens de rentrer d’Australie.
      Tu me trouveras sur skype sous lebraquetdelaliberte, il y a plusieurs personnes portant ton nom sur skype, toutes venant du Canada, ce qui ne m’aide pas…
      Par contre je risque d’avoir besoin de quelques jours pour retrouver mes esprits après ce long vol :).
      A bientôt.

  • J’ai adoré cet article, tu es complètement dans le vrai. Je projette un voyage en France d’ici 1 ou deux ans.(Surement en solo) Bravo pour tous les conseils .
    Bonne route
    Véro

  • J’ai attrapé le virus de la liberté à vélo cet été. Pratiquante du vélo plus ou moins par dépit depuis une quinzaine d’année (pas le permis de conduire, le vélo était mon moyen de locomotion principal), je suis finalement devenue accro aux randos à vtt et il est devenu impossible pour moi de me séparer de lui. Le voyage à vélo est donc venu naturellement, c’était tout simplement logique. Bref. Cet été donc j’ai fait un premier test d’une semaine de Lunel à Port-la-Nouvelle, en solo, voir si cela me plaisait. Pas de trajet précis prévu, juste “je longe la mer et j’attrape le canal du midi”, j’ai finalement terminée sur la canal de la robine. Et le moment que j’ai préféré… ma routine yoga du soir une fois le camps installé. J’ai beau pratiquer le yoga depuis longtemps, jamais je ne l’ai autant “ressenti”, jamais il n’a été aussi efficace, si je puis dire. Je n’ai jamais aussi bien dormi que cette semaine-là. Je ne me suis jamais senti aussi détendu que cette semaine-là. J’ai trouvé le combo gagnant pour ma “zénitude” personnelle, même si j’ai eu des coups de mou psychologiquement. D’un naturel solitaire, ces moments de fin de journée étaient ce que j’attendais chaque matin sans aucune appréhension. Traverser les villes en revanche était plus compliquer à gérer ! De plus, en pleine canicule, je n’ai montée la tente qu’une seule fois, au camping municipal lorsque j’ai voulu une vraie douche et besoin d’une prise électrique, j’ai donc profité de merveilleux ciels étoilés en pleine période des “pluies d’étoiles filantes”, d’un beau feux d’artifice avec une vue imprenable même cachée dans les pseudo-dunes après Sète. Tout ça pour dire que cet article m’a particulièrement parlé, ce moment où tu as terminé ta journée est peut-être le plus savoureux. Et, même si je veux repartir depuis que je suis rentré, lire ceci me donne encore plus envie de remonter sur mon vélo. Merci.

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