Iran à vélo

A la mi-automne 2011 nous arrivions en Iran via la petite frontière Turc de Kapikoy Koyu, perdu au milieu des montagnes. Notre route nous mènera à Téhéran puis Bandar Lengeh sur les rives du Golf Persique via les charmantes villes d’Isfahan et Shiraz.

L’Iran est une destination très prisée des voyageurs au long cours et malgré les craintes que le pays peu susciter de l’extérieur, tous en gardent un souvenir mémorable.

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras !

Après avoir traversé trente pays l’Iran reste parmi le top-5 des pays les plus accueillants. Cela commence dès la frontière avec le “welcome in Iran” souriant des douaniers. Ce qui est assez rare pour être souligné. Ensuite, et j’en profite pour glisser une information important, il n’est pas possible de retirer de l’argent avec une carte étrangère dans le pays. Nous ne le savions pas et avions dû faire changer les 50 € que nous gardions en sécurité dans nos sacoches pour nous permettre de rejoindre Téhéran et trouver un solution avec l’ambassade de France. Le Banquier qui s’est occupé de la transaction nous à immédiatement proposé de nous avancer sur son argent personnel l’équivalent de 200 €.

L’Iranien ne demande pas il donne : “Tiens, installe toi et mange. Et si tu as déjà mangé ce n’est pas grave tu vas remanger”. Il n’est pas rare que des automobilistes nous tendent des jus de fruits ou barres de céréales en passant. Partout les gens portent un intérêt certain pour le voyageur et lorsque la police nous arrête c’est pour discuter, non nous contrôler, sans oublier de nous remercier de nous être arrêté !

Dormir chez l’habitant est chose aisé, s’il y a un pays dont il est impossible de repartir sans s’être fait invité c’est l’Iran. L’hospitalité est telle, que je la trouve parfois excessive !

Voyage à vélo en Iran

Le surveillant d’une école islamique m’a invité à mangé à la pause de midi.

Une culture riche et dépaysante

L’Iran est un pays musulman très pratiquant et les monuments religieux avant d’être des attractions touristiques sont des lieux de culte. Lorsque vous visitez les magnifiques villes d’Isfahan ou Shiraz, qui sont avec Yazd (que je n’ai pas visité) les incontournables Iraniens, vous avez le sentiment d’être au cœur de l’histoire. C’est grand, raffiné, coloré, ça ne vous laissera pas indifférent.

Chaque ville a ses spécialités culinaires mais de manières générale on y mange beaucoup de riz au poulet avec du curry. J’y ai particulièrement apprécié le Nan-e sangak qui est un long pain d’un centimètre d’épaisseur cuit sur des cailloux, sa confection est à elle seule une visite de l’Iran ! Pour y accéder la patience sera votre meilleure alliée, car il n’est pas rare que la file d’attente dure plus d’une heure.

Les pâtisseries iraniennes riches en miel vous apporterons l’énergie nécessaire aux longues journées dans le désert et raviront vos papilles. Vous redécouvrirez également le goût des oranges et des dattes, fraîchement cueillies.

Néanmoins, discuter avec les gens ne nous donne pas le sentiment de vivre sur deux planètes différentes, les rapports sont très bons et cela permet de trouver ses marques rapidement malgré les différences apparentes.

Voyage à vélo en Iran

Chehel Sotoon – Espharan

Un paysage lunaire et désertique

L’Iran c’est de longs plateaux désertiques et rocailleux balayés par le vent et délimités par des chaines de montagnes. Tous les 50 Km environ, il y a une barrière montagneuse à franchir, cela donne la sensation d’être parqué par les montagnes. De longues lignes droites rallient les villes qui semblent noyées dans le paysages et apparaissent tel un mirage à la dernière minutes.

Pour certains les journées paraîtront ennuyeuses car elles sont identiques entre Téhéran et la côte, pour d’autre la traversée du “désert” est une expérience unique. Personnellement j’ai pris plaisir à rouler en Iran, nous n’avons pas ce genre de paysages en France, ni ailleurs où j’ai pu rouler, et je l’ai trouvé sympathique bien que monotone après un mois de route.

Voyage à vélo en Iran

Vers l’infini et au delà !

Les plaisirs du camping sauvage

Pour être honnête il est très difficile de camper sur la première partie, entre la frontière turc et Téhéran. Il y a beaucoup de champs à découvert, peu d’endroits cachés et en cas de mauvais temps, le sol se transforme en bourbier dès lors que vous sortez de la route. C’est ce que l’on a vécu durant notre première semaine en Iran : beaucoup de pluie et neige.

Cependant, après avoir passé Téhéran nous avions bifurqué vers la route du sud qui offre des espaces infinis et des sols caillouteux bien plus propices au camping. Il suffit de se mettre derrière un bute pour être caché de la route, la nuit il y a très peu de circulation et l’on dispose d’un emplacement cinq étoiles.

Attention, il arrive qu’il fasse froid en automne. J’ai le souvenir d’une nuit en particulier – je poursuivais alors ma route seul – où je m’étais placé dans une gorge pour m’abriter du vent, j’avais sur moi une polaire, un sac 0°C et un 15°C et je n’ai pas pu fermer l’œil tant il faisait froid. Généralement les nuits ce sont bien passées mais mieux vaut prévoir un sac ou des vêtements chauds.

Voyage à vélo en Iran

On ne peut pas faire beaucoup mieux !

Un pays bon marché

Pour exemple, le prix d’une nuit en dortoir à l’hotel Amir Kabir d’Isfahan est de 25000 Rial soit 1,6€. Ce qui fait un taux de conversion assez impressionnant ! Cela nécessite un temps d’adaptions, surtout que les Iraniens vous indiques les prix en Toman pour simplifier. Un Toman c’est 10 Rials, il faut donc multiplié par 10.

Il faut compter 5/6 euros quotidiennement pour la nourriture. Je n’ai jamais rencontré de problème pour me ravitailler et n’avais jamais plus d’un repas d’avance avec moi.

Voyage à vélo en Iran

Du riz au curry.

Pour répondre à la question que tout le monde se pose avant de mettre les roues en Iran, non, je ne me suis jamais senti en danger. Comme nous l’ont souvent dit les locaux : “Le problème il est pour nous, pour le touriste il n’y a jamais de problème”.

J’ai gardé de mon passage en Iran un très bon souvenir et c’est un pays que je ne peux que conseiller aux cyclos voyageurs.

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Bertrand

C'est à la suite d'un tour du monde à vélo réalisé entre 2011 et 2012 que ce blog a vu le jour avec pour objectif de mettre à disposition du futur voyageur, au long cours ou en vacances, les informations nécessaires à sa préparation.

12 CommentairesEcrire un commentaire

  • Bonjour, avez vous des informations sur l’image de la femme en Iran, et notamment sur les conditions que devraient remplir une cyclotouriste pour être bien accueillit (contraintes vestimentaires, interdictions particulières…)?

    • Bonjour,
      J’éviterais les vêtements moulants de sport et je me voilerais les cheveux. D’après un couple croisé en Iran, il faut s’attendre de toute manière à ce que les mecs soient un peu lourd. Dès qu’elle était seule, il y avait attroupement et prise de photo.

  • bonjour

    je viens de de regarder sur diplomatie.gouv.fr.
    Et bien je vais attendre un petit peu avant d’y aller même si le pays a l’air très beau!!

    • Je n’étais pas rassuré au premier abord, puis les avis de cyclos semblaient contredire diplomatie.gouv.fr, et au niveau de l’itinéraire c’était quand même compliqué d’échapper à l’Iran si ce n’est en prenant l’avion donc on y est allé. Il n’y a pas d’enlèvements de touristes à ma connaissance en Iran contrairement au Pakistan où là pour le coup nous avions préféré prendre l’avion. De mon expérience sur le terrain, je n’ai ressenti aucune tension, que ce soit avec les locaux qui se pliaient en quatre pour m’aider ou avec les autorités qui me remerciaient de m’être arrêté pour les contrôles. C’était plus de la curiosité que de réels contrôle d’ailleurs. Comme me l’ont répété 1000 fois les locaux : “For tourist, no problem !” ;)

  • Bonjour,

    Nous sommes à la recherche d’une destination pour un périple de 3 semaines à vélo en octobre prochain en couple. Nous hésitons entre l’Iran, le Pérou, la Corée du Sud.
    En Iran, Avez-vous dû porter des tuniques ou tenues longues sur votre vélo ou étiez vous en short et maillot?
    Est-ce vrai que la conduite des autos est dangereuse pour les cyclistes?
    Avez vous du mettre votre vélo dans les voitures de la police qui vous demandait de vous avancer ?
    Etes- vous déjà allé au Pérou?

    Merci d’avance pour votre réponse et merci pour votre site!
    Margaux

    • Bonjour Margaux,
      Je roulais en long en bas avec un pantalon de running synthétique très léger et en T-Shirt manches courtes en haut quand la température le permettait. J’avais croisé deux cyclistes Iraniens qui roulaient en tenu cycliste tel qu’on le voie en occident (il existe aussi des compétitions cyclistes en Iran). Ça ne pose apparemment pas de problème tant que nous sommes sur le vélo mais j’éviterais si j’étais une femme, ne serait-ce que pour ne pas attirer les regards. Une cycliste occidentale rencontrée sur place était souvent sujette aux attroupements dès lors que son compagnon n’était plus avec… Selon la personne, ça peut mettre mal à l’aise. Toutes portent un voile léger aussi.
      Sur la route il y a du monde et pas vraiment de règles, donc ça peut être dangereux lors des passages de villes. En fait, c’est souvent plus impressionnant que réellement dangereux car on n’est pas habitué à ce genre de conduite, mais une fois rodé ça va assez bien. Surtout à vélo, en principe on reste à droite et on ne s’occupe pas de la circulation.
      Aucune voiture de police ne m’a proposée de m’escorter. J’ai été arrêté deux fois, c’était à chaque fois pour discuter :). Même les militaires nous saluent… Je n’ai ressenti aucune tension de ce côté.
      Pour le Pérou, je ne vais pas pouvoir vous aider, je n’y ai pas été. Je n’ai pas fait du tout l’Amérique du sud.
      Bonne route ;)

  • bonjour!
    l’année prochaine je pars pour un tour du monde à vélo moi aussi. Du haut de mes 18ans et étant une fille je redoute un peu la traversée de ce pays étant donné de la vision de la femme qu’ils portent!
    Mais je suis balancée sur plusieurs plans, parce que d’un coté on a une culture et un patrimoine exceptionnel mais également un rapport homme/femme particulier. En sachant que je serais avec une amie durant ce voyage, est-il plus ou moins dangereux de nous aventurer dans ce pays?
    Et bravo pour le blog, les photos et le témoignage, c’est super et très encourageant !! merci :)

    • Bonjour Justine,
      Merci pour ton message. J’étais absent, d’où le retard…
      Dangereux je ne pense pas, maintenant si j’étais une femme je ne te garanti pas que j’irais, les témoignages recueillis font état d’une lourdeur excessive !
      Le plus important étant d’écouter ton cœur, il est inutile de chercher des bonnes raisons (ex : culture), il faut y aller si tu te sens appelé par la région. Seule toi sais si tu dois y aller ou non. Si tu dois y aller, tout devrait bien se passer.

  • Bonjour Bertrand,

    je tombe sur ton blog decrivant ton voyage en Iran en 2014 ; je prepare moi meme un itineraire semblable , mais plutot en sens inverse : Teheran , Qom, Tabriz.. Turquie, Georgie …
    D’apres d’autre commentaire le trafic routier est plutot lourd , j’ai un peu de mal avec idée de respirer du diesel en grimpant!!
    En juin ce sera le ramadan, quand pense tu?
    Merci d’avance pour tes commentaires

    • Bonjour Gino,

      Le trafic est lourd en ville, entre ça va.

      Je n’ai pas d’avis particulier sur le fait que ce soit le ramadan.

      Bon voyage.

  • Bonjour Bertrand,

    J’ai prévu de partir en voyage à vélo au printemps 2017. Première étape, l’Europe, probablement jusqu’à Saint-Pétersbourg. Deuxième étape l’Asie Mineure-Centrale, et notamment l’Iran. Me préconises-tu de faire la demande de visa Iranien en Géorgie ou en Arménie (je ne sais pas si le process est rapide ou non) ? En Turquie, ce qui nécessiterait un détour via Trabzon ? Comment avais-tu procédé ?

    Merci par avance,
    Olivier

    • Bonjour Olivier,
      Je suis passé par Trabzon, mais c’était ma route, je n’ai pas eu à faire de détour.
      Je n’ai pas d’expérience avec la Georgie ou l’Arménie par contre.

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