Mongolie à vélo

« La steppe traîne toujours en longueur ; on n’en voit pas la fin. » écrivait Anton Tchekhov.

L’apparente monotonie de la steppe est une chose bien perturbante pour l’œil européen. Quand s’ajoute à cela le vent, la piste cabossée et le dénivelé qui réduisent inévitablement le nombre de kilomètres parcourus chaque jour, on a parfois le sentiment de faire du sur-place. Alors comment aborder sereinement un voyage à vélo en Mongolie ?

Mongolie à vélo

Les ravitaillements en eau et en nourriture

Avec deux habitants au kilomètre carré, une fois qu’on a quitté Oulan-Bator, il est assez logique de constater qu’en Mongolie : on ne croise pas grand monde. Le principal problème que cela entraine est le ravitaillement en eau et en nourriture… Vous pouvez espérer trouver une ville tous les 200 à 300 kilomètres, et dans les zones les plus peuplées un petit village tous les 100 kilomètres.

Mongolie à vélo

Si vous avez, comme nous, la bonne idée de pédaler à la fin du printemps (juin), certains jours un vent violent peut réduire drastiquement votre vitesse ; pouvant vous obliger à pédaler dans les descentes comme si vous étiez en montée. Lorsqu’on ajoute à cela les pistes en cailloux et les interminables vallons, force est de constater que nous avons eu du mal à porter suffisamment eau. Vous pouvez cependant, avec des détours de quelques kilomètres et un bon filtre, vous ravitailler dans les cours d’eau qui traversent le pays. Notons qu’en juillet et août les températures oscillent entre 20 et 30°. La quantité d’eau consommée n’est donc pas à négliger.

Pour ce qui est de la nourriture, il y a deux possibilités : les supérettes de villages, et les supermarchés dans les villes. Dans les secondes vous trouverez tout ce dont vous avez besoin : pâtes, riz, sauces, biscuits sucrés et salés, céréales, boite de thon, thé, café… Évidemment ne vous attendez pas à trouver un immense Super U, mais plutôt l’équivalent de nos supermarchés de centre-ville, ce qui est bien suffisant. Dans les villages, les supérettes sont logiquement moins fournies et se résument souvent à quelques produits sur 3 étagères, vous aurez donc peu de choix mais nous avons toujours réussi à trouver des choses à cuisiner facilement au réchaud (riz + sauce tomate ou nouilles chinoises par exemple) et des biscuits secs (parfait pour les pauses).

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Notez enfin que les recharges de gaz pour le réchaud ne sont pas les mêmes qu’en Europe, nous avons donc décidé d’acheter un petit réchaud de camping au marché d’Oulan-Bator et c’était une très bonne décision. Premièrement parce qu’il n’était pas très cher, ensuite il était équipé d’un bon pare-vent (essentiel pour cuisiner dans ce type de pays), et enfin parce nous avons trouvé des recharges correspondantes absolument partout ! Les nomades cuisinent souvent au gaz, ce qui est logique puisqu’ils ne sont pas reliés à l’électricité ou au gaz de ville. Vous trouverez donc toutes les tailles de réchauds et de recharges.

Mongolie à vélo

Réchaud acheté à Oulan Bator

L’itinéraire.

Passionnés d’architecture, passez votre chemin ! Il ne faut pas demander à des nomades de construire de jolies villes. Il n’y a pas, dans les villes et villages mongols, d’accueillantes rues, où il fait bon flâner. C’est dans la steppe que le voyageur européen, devenu claustrophobe depuis qu’on l’oblige à se déplacer sous terre, ou à vivre dans des bâtiments de cinq étages, viendra épancher sa soif d’aventure et de grand air.

C’est une donnée essentielle dans la préparation de votre itinéraire, n’ayez pas des attentes trop élevées sur les villes, elles ne seront là que pour vous ravitailler, à l’exception de quelques endroits comme Oulan-Bator la capitale, Mörön, Khovd…

Mongolie à vélo

Camp de nomades

En résumé pour choisir son itinéraire en Mongolie il faut bien garder à l’esprit que :

– Le pays est immense (1 566 500 km2) et les routes mauvaises, il faut donc circonscrire son voyage à une zone bien choisie et ne pas espérer faire autant de kilomètres par jour qu’en Europe.

– Les villes ne sont pas un endroit où l’on veut rester, il vaut mieux prendre ses jours de repos près des lacs, des monastères bouddhistes, des rares lieux de cures thermales…

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Arrêt paisible au lac de Tariat

La météo

Partez en juillet/août mais prévoyez un k-way et un bon duvet. Le climat est rude en Mongolie. L’hiver est absolument à éviter pour le vélo (-30°). Le printemps et l’automne ne sont pas idéals non plus à cause des tempêtes de sable et de la pluie. Juillet et août reste les meilleurs mois pour voyager en Mongolie, mais il peut faire assez frais la nuit (autour de 10° en été, 0° au printemps) et les orages d’été sont fréquents.

La Mongolie est un pays faiblement boisé (vous pouvez pédaler plusieurs jours sans voir un seul arbre), d’où ce vent si terrible qui peut arracher votre tente la nuit et faire tomber votre vélo la journée. Équipez-vous d’une béquille de bonne qualité et plantez bien les sardines de votre tente ! Pendant mon voyage, le vent a réussi à casser un des piquets de ma tente, et le vélo de mon coéquipier est si souvent tombé que l’aluminium du porte-bagages a fini par céder.

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Stop en camion

Vous connaissez maintenant les trois plus grandes difficultés à affronter en Mongolie. Mais alors, faut-il quand même y aller ? Oui ! Sachez déjà que le stop est très facile en Asie Centrale. Les camionneurs s’arrêtent dès qu’on lève le pouce, on met le vélo dans la benne et les cyclistes dans la cabine du chauffeur. Ça nous a personnellement sorti plusieurs fois de belles galères (manque eau, porte-bagage cassé, orage…) et ça permet de passer un peu de temps avec des mecs du coin, de partager un repas avec eux et de roupiller dans le camion pour recharger ses batteries. Par ailleurs le bivouac est super simple en Mongolie, personne ne viendra vous enquiquiner. Vous pouvez poser votre tente absolument n’importe où, c’est le principe chez les peuples nomades : un coin de ciel et d’herbe vous appartiennent à partir du moment où vous y posez votre tente. La Mongolie est un pays absolument unique et magnifique où vous pourrez pédaler au milieu des troupeaux de chevaux, être réveillé par le bêlement des moutons, être accueilli à bras ouverts dans les yourtes et avoir des sommets enneigés en toile de fond…

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A propos de l'auteur Voir tous les articles Site web de l'auteur

Emilie

Freelance une partie de l’année, cyclocampeuse et passionnée de littérature le reste du temps. A 24 ans, elle a déjà, à son actif : un voyage de 3 mois à vélo entre Oulan-Bator en Mongolie et Almaty au Kazakhstan, 6000 km à moto, un raid en 4L, 1 an et demi sur les routes du sous-continent indien…
Elle est l’auteure du livre Comme Sur Des Roulettes, un livre hybride, à la fois récit d’un voyage à vélo en Asie Centrale & Guide de survie pour cyclo-campeurs.
Ce livre est en vente jusqu’au ici : https://amzn.to/2BReT1S

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