Voyage à vélo en Thailande

« Faire du vélo en Thaïlande ? Vous êtes fous ! Avec un enfant de trois ans en plus ! Le trafic est très important et les accidents fréquents. Et vous savez qu’ils conduisent à gauche là-bas, hein ? Et puis il y a des serpents et des araignées mortelles ! »

C’est ainsi que notre entourage a tenté de nous dissuader de partir… Malgré leurs avertissements, nous avons finalement passé deux mois en Thaïlande, un mois au nord et un mois au sud. On serait volontiers resté un troisième mois, mais nos congés respectifs touchaient à leur fin.

Nous n’avions pas vraiment planifié d’itinéraire et avons débuté notre périple thaïlandais par la frontière nord avec le Laos, en arrivant à Chiang Khong. Nous fûmes immédiatement surpris par le contraste entre le Laos, pays le plus pauvre de la région, et cette Thaïlande moderne en partie occidentalisée.

Rouler en Thaïlande

Pour commencer, les routes sont en parfait état et feraient des envieux en Europe ! Le réseau routier est vaste, ce qui permet d’échapper la plupart du temps au trafic dense qui se concentre sur les autoroutes et les grands axes. En règle générale, les routes à quatre chiffres sont les plus favorables aux cyclistes, car elles constituent le réseau secondaire. Il y a même souvent une bande de peinture à environ un mètre de la bordure, ce qui laisse un certain espace pour les vélos. En zone urbaine, notamment à Chiang Mai, il y a parfois des bandes et pistes cyclables. Malheureusement, elles sont trop souvent utilisées comme place de parc pour de gros 4×4, ce qui signifie qu’à vélo on doit se déporter sur la route pour les éviter. Par contre, au sud du pays, entre Hua Hin et Chumphon par exemple, il y a plusieurs tronçons d’une qualité remarquable réservés aux vélos le long de plages désertes. Ce tronçon a déjà été évoqué ici.

La Thaïlande développe gentiment une culture du vélo, certes davantage sur le plan sportif qu’utilitaire, mais ça a au moins le mérite d’habituer les conducteurs à la présence de cyclistes. C’est toujours sympa de voir des Thaïlandais sur des vélos de course dernier cri rouler entre 5h et 6h du matin, pour éviter la chaleur étouffante de la journée. Hors localités, il est vrai que les voitures roulent vite, mais contrairement au Vietnam par exemple, on n’est au moins pas accompagné par un concert de klaxons ininterrompus.

Il n’est pas inintéressant de noter qu’il est possible de rouler sur certaines autoroutes. Il y a un panneau qui indique que la bande d’arrêt d’urgence peut être employée par les cyclistes.

Pour reprendre les propos de mon entourage, les accidents de la circulation font plus de 20’000 morts par an en Thaïlande et le pays remporte la première place du carnage routier dans le monde (mais les cyclistes ne sont impliqués « que » dans 1 % des accidents). La vitesse, l’alcool et le non respect des règles de la circulation en sont les principales causes. L’état a donc pris les choses en main : les radars et les contrôles de police se multiplient. Pour notre part, nous nous sentions ni plus, ni moins en danger qu’en Europe.

Planifier son itinéraire

Pour planifier un itinéraire en Thaïlande, il faut prendre en compte les paramètres suivants, qui sont d’ailleurs applicables à la plupart des régions du monde : les itinéraires les plus plats et les plus directs sont destinés aux voitures. Par contre, il ne sont pas forcément les plus intéressants sur le plan touristique. Donc, pour éviter de rouler sur les autoroutes et les axes à fort trafic, il est souvent nécessaire de choisir des routes indirectes à la déclivité éreintante ! Sachant que les ponts et les tunnels ne sont pas la norme, les routes épousent le profil du terrain. Par exemple, c’est la première fois que la roue avant de mon vélo décollait du sol tellement la pente était raide ! De plus, avec une remorque dans laquelle roupillait notre fille, chaque montée était un véritable défi. En gros, le premier montait son vélo quelques centaines de mètres plus haut pour ensuite redescendre à pied afin d’aider à pousser le second qui avait la remorque. Une fois, on a même eu deux chauffeurs poids lourd qui sont sortis de leur camion pour nous aider… Au début de chaque montée, un panneau indique la déclivité qui est toujours la même, soit 8 %, quelle que soit la pente. À croire qu’ils n’ont qu’un seul type de panneau pour tout le pays !

Montée à 8 % selon le panneau officiel. Nous on penchait plutôt sur du 15 %.

Au nord, nous avons relié les villes suivantes : Chiang Khong, Chiang Rai, Chiang Mai, Sukhothaï et Phitsanulok où nous avons pris un train pour Bangkok avec un arrêt à Ayutthaya qui vaut le détour.

Au sud, nous avons longé la côte de Hua Hin à Ban Ko Son.

Si cet itinéraire était à refaire, nous n’hésiterions pas, car il y a une alternance équilibrée entre des villes avec un riche patrimoine culturel, des parcs nationaux et des plages de rêve. Pour plus de détails, nous avons rédigé un guide de voyage avec des cartes et des informations précises sur les itinéraires (trafic, déclivité, état de la route et intérêt de l’étape) que vous pouvez trouver sur https://www.familleavelo.com/.

Hébergement

Le camping sauvage en Thaïlande ne pose pas de problème, car contrairement à certains des pays limitrophes, il n’y a vraisemblablement pas de mines antipersonnel ou de munitions non explosées (UXO) comme on peut en trouver au Laos ou au Cambodge. La Thaïlande dispose aussi de campings dans ses parcs nationaux. Ceux-ci sont souvent gratuits. Quant aux guesthouses, il y en a quasiment partout et le rapport qualité/prix est souvent imbattable.

Camping dans un parc national.

Chiens

Les chiens sauvages sont un problème national. Certes, il y en a dans de nombreuses régions d’Asie, mais en Thaïlande ils sont une véritable plaie. Ils se déplacent en meute et ce n’est jamais agréable de se faire courser par des canidés aux dents acérées et peut-être porteurs de la rage. D’ailleurs, nous avons rencontré d’autres cyclo-voyageurs qui préféraient rouler sur l’autoroute plutôt que de se risquer en campagne à la merci des chiens ! Quant aux promeneurs, il n’est pas rare de les voir se balader avec un bâton à la main pour se défendre en cas d’attaque… Plus d’informations sur le comportement à adopter avec les chiens ici.

Les lézards sont aussi nombreux que les chiens, mais au moins eux ne posent pas de problème…

Alimentation

Ce ne sont pas les gargotes qui manquent en Thaïlande. On peut se nourrir pratiquement partout à petit prix et on ne se lasse (presque) pas du fameux Phat Thaï. Il y a aussi de nombreuses échoppes familiales qui vendent des produits frais et industriels, mais la chaîne omniprésente des 7-Eleven leur fait une rude concurrence.

Quant à l’eau, on peut remplir ses gourdes à des « machines à eau » que l’on trouve à peu près partout. Ainsi, on diminue drastiquement sa consommation de bouteilles en plastique et on fait des économies : on reçoit environ 1,5 litre d’eau contre 1 baht, alors qu’une bouteille en magasin revient à 14 baht.

Vélo balnéaire le long du Golfe de Thaïlande.

Conclusion

Quoi qu’en disent certains, la Thaïlande est adaptée au voyage à vélo. En effet, il est facile de trouver un endroit où dormir, s’alimenter ne pose pas de problème et on roule sur des itinéraires intéressants. Ce pays est tout à fait adapté au voyage avec un enfant. De plus, l’hospitalité des Thaïlandais hors des zones touristiques est remarquable et offre la possibilité de faire des rencontres inoubliables. Par exemple, nous avons passé une journée avec une tribu des montagnes lors de la célébration du nouvel-an chinois, que vous pouvez voir dans la vidéo ci-contre.

N’hésitez pas si vous avez des questions ou des commentaires.

Vous préparez actuellement votre premier voyage à vélo ? Ce guide extrêmement synthétisé vous permettra de faire les bons choix et de disposer des bonnes informations en un minimum de temps.

Disponible de suite au format KINDLE ou PDF.

A propos de l'auteur Voir tous les articles Site web de l'auteur

Dominique Amstutz

Quand il ne voyage pas à vélo, Dominique enseigne à l'école. Il a roulé en Europe et en Asie avec son amie et leur fille de 3 ans. Suite à leur périple, ils ont édité un guide de voyage intitulé "Vietnam, Cambodge, Laos et Thaïlande, à vélo et en famille" disponible ici : https://www.familleavelo.com/

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