Cambodge à vélo

Le Cambodge est, d’une manière générale, un pays propice au voyage à vélo. Voici un extrait de notre journal de bord, comme témoignage de nos premières impressions en arrivant par le sud du pays, depuis le Vietnam.

27 novembre 2018. C’est avec délectation que nous entrons au Cambodge. La nature luxuriante, les chemins tranquilles, les vaches qui paissent et toujours la mer à l’horizon. Kep est notre premier arrêt. Nous sommes immédiatement surpris par ses immenses boulevards déserts. Sont-ils les restes de la célèbre Kep-sur-Mer, cette ville colonisée par les Français, ou un politicien local aurait-il parié sur un essor illusoire ? Quoi qu’il en soit, nous prenons du plaisir à y rouler à vélo, absolument seuls, en zigzaguant sur toute la largeur de ses énormes rues.

Au détour de ces artères, des murs de pierre décrépis encerclent d’anciennes maisons coloniales, sur lesquelles la végétation est en train de reprendre le dessus. Certains s’y sont installés provisoirement. On imagine que par le passé, ces lieux étaient habités par de riches colons entourés d’une main-d’oeuvre khmer, alors que des Occidentaux venaient les visiter sous ces latitudes exotiques. Aujourd’hui, l’histoire se répète, comme un air de néo-colonialisme. Kep a le vent en poupe, c’est le cap de beaucoup d’expat’ ! Ainsi, nous goûtons à la boulangerie française, la pizzeria italienne, le café à l’américaine et la guesthouse à la française. Nous sommes bien loin du Vietnam, comme c’est étrange de pouvoir converser en anglais et en français !

Mais Kep, c’est aussi un havre de paix. Sur ses hauteurs, un parc naturel offre des balades au coeur d’une jungle très dense et le « water-front » laisse place tous les soirs à de magnifiques couchers de soleil dont les variations de nuances sont impressionnantes. On comprend donc l’attrait des Occidentaux.

Si l’on souhaite un peu plus d’animation, on peut se rendre au marché. Il y en a deux. Dans l’un se succèdent des tailleurs d’habits, des coiffeurs et des maraîchers. Dans l’autre, ce sont les fruits de mer et autres poissons qui sont à l’honneur. Ça grouille, ça fume et les odeurs embaument.

Littoral de la ville de Kep, au sud du Cambodge.

Rouler au Cambodge

On distingue deux catégories de routes : les grands axes goudronnés et les routes secondaires, qui sont en fait des pistes de terre battue. Certaines routes principales sont tout à fait agréables à vélo, car avec peu de trafic, alors que d’autres sont à éviter. Quant aux pistes, bien qu’elles soient poussiéreuses et moins roulantes, elles furent parmi nos plus beaux souvenirs du Cambodge. Les paysages y sont magnifiques et nous étions en complète immersion avec les populations locales. Par contre, lorsque la route se rétrécit peu à peu pour ne devenir qu’un sentier uniquement composé de sable, il s’agit de se poser la question, s’il ne vaut pas mieux faire demi-tour, plutôt que de s’échiner à pousser son vélo chargé.

Le sable : l’ennemi du cyclo-voyageur.

Le Cambodge est aussi tristement célèbre pour ses mines antipersonnel. La guerre du Vietnam, le régime de Pol Pot et des décennies de guerres civiles ont eu comme conséquence la présence de six millions de mines sur son territoire. Bien que les principaux champs de mines soient signalés, la prudence est de mise : il faut s’abstenir de quitter les chemins.

Les taches rouges indiquent la présence potentielle de mines antipersonnel.

Itinéraire

Au sud du pays, de Ha Tien (Vietnam) à Kampot, le tracé vaut vraiment la peine. On roule à travers des plantations de poivre et des rizières. Le littoral, avec ses magnifiques couchers de soleil, apporte une touche romantique. Par contre, la route nationale de Kampot à Sihanoukville n’est pas adaptée au vélo : mauvais état du revêtement et trafic très dense.

Notre avons parcouru cet itinéraire du sud vers le nord.

Au nord, de Siem Reap au Laos, la route est de bonne qualité et plus on s’approche du Laos, plus le trafic s’estompe.

Pour un itinéraire détaillé (trafic, état de la route, dénivelé) et de nombreuses autres informations pratiques, nous vous conseillons le livre « Vietnam, Cambodge, Laos et Thaïlande, à vélo et en famille – un guide 100 % terrain ».

Hébergement

De même que dans les pays limitrophes, les hébergements (guesthouses) sont bon marché. Cependant, en zone rurale, leur densité peut diminuer drastiquement par rapport aux régions touristiques et les étapes de vélo peuvent considérablement s’allonger. Quant aux nuits sous tente, nous n’avons jamais vu de camping « officiel » et le camping sauvage ne nous a guère tenté à cause des mines antipersonnel, hormis une fois où nous n’avions pas le choix.

C’est parti pour une nouvelle journée de vélo !

Alimentation

Au Cambodge, le « lok lak », un émincé de boeuf avec sauce au poivre accompagné de riz surmonté d’un oeuf au plat est excellent. Par contre, dans certaines régions reculées, on a l’impression de mâcher du chewing-gum, il n’y a pas d’oeuf et le riz sauve le repas.

L’inévitable riz frit que l’on mange à toute heure constitue un apport calorique bienvenu pour le cycliste esseulé.

Les plus du Cambodge

  • Il est facile d’acheter à manger et à boire. Presque chaque maison en bord de route fait office de petit magasin, vendant des boissons fraîches contenues dans des glacières rouges, que l’on retrouve dans tout le pays. La différence entre un magasin officiel et un citoyen s’improvisant épicier est parfois difficile à percevoir.
  • Les paysages sont magnifiques : maisons sur pilotis, rizières, temples…
  • Bien que touristiques, les célèbres temples d’Angkor sont un must do.
  • Les pistes de terre rouge sont un plaisir à vélo, au point qu’on en oublie rapidement les kilos de poussière avalés.
Les célèbres temples d’Angkor.

Les moins

  • Certaines routes sont dangereuses à vélo, car les véhicules dépassent de près sans ralentir. On pense à la route du sud, entre Kampot et Sihanoukville (Nationale Highway 3) et l’axe Sihanoukville -Phnom Penh – Siem Reap (NH 4 et NH 6). La route entre Kampot et Sihanoukville est également en très mauvais état : elle alterne trous et sections de terre battue.
  • La présence de mines antipersonnel est un frein au camping sauvage et contraint à demeurer sur les sentiers battus.
  • Les habitants du Cambodge ont compris que les touristes sont une source d’argent facile et ont tendance à en profiter (on peut les comprendre, le revenu annuel moyen est d’à peine plus de 1’000 $). Parfois, lorsqu’un Khmer s’approche pour dialoguer, c’est pour une raison pécuniaire : une demande de dons pour une école d’handicapés ou un autre motif plus ou moins réel. L’usage de deux monnaies, le riel et le dollar, accentue ce phénomène. En gros, pour les étrangers, les riels sont les centimes et les dollars la monnaie de base. Cela a pour conséquence que le prix de base est de 1 $. Tout est à un dollar : bouteille d’eau, fruit… Alors qu’en réalité, pour les autochtones, ces produits coûtent beaucoup moins. Pour pallier à ce phénomène, deux astuces :
  1. Payer en riels.
  2. Noter les prix de chaque produit acheté et marchander en connaissance de cause. Par exemple, une petite bouteille d’eau coûte 500 riels et le kilomètre en tuk-tuk à Siem Reap revient à 1 $ (ou 15 $ pour l’entier de la journée). Mais bon, puisque vous voyagez à vélo, pas besoin de tuk-tuk ! Malgré tout, le Cambodge reste une destination peu coûteuse.

Conclusion

Le Cambodge est pays adapté au cyclotourisme, à condition d’éviter certains axes comme évoqué dans « Les moins du Cambodge ». Si notre voyage était à refaire, nous retournions au Cambodge !

N’hésitez pas si vous avez des questions ou des commentaires et, comme évoqué plus haut, vous trouverez d’autres informations, photos, vidéos et notre guide de voyage sur notre site : https://www.familleavelo.com/.

Vous préparez actuellement votre premier voyage à vélo ? Ce guide extrêmement synthétisé vous permettra de faire les bons choix et de disposer des bonnes informations en un minimum de temps.

Disponible de suite au format KINDLE ou PDF.

A propos de l'auteur Voir tous les articles Site web de l'auteur

Dominique Amstutz

Quand il ne voyage pas à vélo, Dominique enseigne à l'école. Il a roulé en Europe et en Asie avec son amie et leur fille de 3 ans. Suite à leur périple, ils ont édité un guide de voyage intitulé "Vietnam, Cambodge, Laos et Thaïlande, à vélo et en famille" disponible ici : https://www.familleavelo.com/

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