Le népal à vélo

Le Népal est probablement la frontière que j’ai attendu avec le plus d’impatience, et pour cause, je ne voulais plus entendre parler de l’Inde, pas même en photo !

J’étais à la fois impatient et à la fois inquiet d’y retrouver la même chose. Dans ces conditions, même une légère amélioration m’aurait satisfait, mais je fus vite soulager de constater que rien ne rapprochait les deux pays.

De Mahendranagar à Katmandou ou presque, je reviens sur ces 12 jours de répits !

Un calme olympien

La sympathie des militaires à la frontière me redonnât confiance instantanément. Puis les quelques kilomètres séparant la frontière de Mahendranagar confirmèrent que l’Inde était bel et bien derrière.

Ni cohue, ni bruit, les gens se déplaçant quasi exclusivement à vélo, les véhicules motorisés se faisaient rares.

Quelle émotion que de goûter à nouveau à ce luxe suprême qu’est le silence !

Le Népal à vélo

Un petit village au pied des premières “collines”.

Une nature luxuriante

Des kilomètres de forêts séparent chaque village. De nombreuses rivières s’écoulent des monts himalayens. Les oiseaux chantent. Je respire enfin.

Trouver un emplacement idéal pour la nuit nécessite deux minutes de recherche. Un second luxe auquel il faudra s’habituer si vous vous rendez au Népal.

Peut-être est-ce psychologique, mais de me savoir à quelques kilomètres du plus haut massif montagneux au monde, à voir ces immenses forêts qui semblent sans fin, et ses puissantes rivières je ressens en ces lieux une certaine intensité. Celle-la même que je peux ressentir dans les montagnes chinoises ou encore en Alaska.

Les gens aussi semblent différents dès lors qu’ils vivent au contact de la nature : plus posés, plus apaisés, plus heureux.

Le Népal à vélo

Première apparition du massif de l’Himalaya.

Un peuple chaleureux

Les “bye-bye” énergiques des enfants et les doux “namesté” des femmes en sari vous accompagneront toute la journée.

Les Népalais vivent très modestement. Le PIB par habitant est encore très loin de celui de l’Inde par exemple et pourtant personne ne viendra vous demander d’argent. Ce qui fait d’autant plus chaud au cœur.

Le vélo étant le moyen de transport numéro un dans cette zone, voyager à vélo est le meilleur moyen de vivre au contact de la population.

Les jeunes n’hésiteront pas à vous donner du fil à retordre dans les bosses. Ne vous fiez pas à leur jeune âge, ce sont de véritables forces de la nature.

A les voir sur des vélos d’adultes monovitesse avaler les côtes en sprint la bouche fermée, si j’étais sélectionneur dans une équipe professionnelle, je sais où j’irais recruter !

Le Népal à vélo

Visez un peu la supérette :). Heureusement que les jeunes sont là pour vous donner de l’énergie !

Le plat n’a jamais été si éprouvant

En me rendant au Népal je m’attendais à franchir des cols de 5000 mètres tous les jours, mais j’étais à mille lieues de la réalité.

Jusqu’à Butwal c’est plat puis on entre effectivement dans la montagne de Butwal à Pokhara puis Katmandou. Nous restons cependant loin des 5000 mètres.

Ceci dit, entre rouler à plat au Népal et monter un col sur de l’asphalte de qualité, d’un point de vu de l’effort, je choisi le col sans hésiter.

Le rendement est vraiment très mauvais, mais je suis sûr que vous ne vous laisserez pas arrêter par ce détail.

Le Népal à vélo

Entre deux villages, la forêt.

Le Dal Bath pour ration de survie

Si à Pokhara ou Katmandou vous trouverez tout ce que vous souhaitez, dans l’ouest il n’y a aucun touriste et donc très peu de choix.

Le stock des supérettes se limite à des paquets de biscuits peu nourrissants. Avec de la chance, vous trouverez de la confiture difficilement mangeable car composée à 500% de sucre !

La nourriture dans la rue est la même qu’en Inde. Tout est cuit dans l’huile. Après vingt jours ça ne passe plus et la simple odeur de l’huile vous donne la nausée.

Reste les petits restaurants qui proposent du dal baht, du dal baht ou encore du dal baht ! C’est le plat local qui est composé de riz et lentilles, accompagné de légumes et poissons ou omelettes. Peut-être d’autres choses, je ne suis pas spécialiste en la matière mais ça m’arrangeait bien d’en trouver à midi. Cela me permettait de manger au moins un vrai repas par jour.

Car le reste du temps, si comme moi vous n’avez pas de réchaud pour faire cuir du riz, ça va être compliqué.

J’ai été malade en Inde, je l’ai été tout autant au Népal. Ce qui a causé mon abandon à 150 kilomètres de Katmandou après des moments très difficiles à Pokhara. N’ayant plus la force de rouler à plus de 10 Km/h sur le plat, m’arrêtant constamment pour vomir sans jamais y parvenir, j’ai dû me rendre à l’évidence que je raterais mon vol si j’y allais à vélo.

J’ai sauté dans un bus…

Le Népal à vélo

German Bakery – Si vous parvenez à avaler une seule tranche de ce pain, vous passez dans la catégorie des grands explorateurs !

Les seuls sourires et la bonne humeur des enfants rencontrés sur la route me suffisent généralement à repartir d’un pays avec un avis positif.

Si vous y êtes aussi sensible, le Népal vous ravira.

Mais il a d’autres atouts, comme la tranquillité des lieux propice au camping sauvage, les paysages montagneux moins propices au bivouac mais spectaculaires dès lors que l’on bifurque au nord, et l’accueil qui est comme je l’aime : chaleureux et vrai, sans être envahissant.

La portion Butwal – Katmandou est certes plus belle mais aussi plus touristique et par conséquent, ce que je viens de dire juste au dessus ne tient plus forcément. J’ai de loin préféré l’authenticité de l’ouest.

Quant à Pokhara ou Katmandou, on y est comme à Disney Land ! L’avantage est que l’on y retrouve toute la nourriture occidentale. De la pizzeria « Dolce Vita » aux « German Backery » en passant par le steak/fritte, tout y est.

Vous l’aurez compris, on ne vient pas au Népal pour leurs spécialités culinaires. D’ordinaire j’aime manger local et c’est ce que j’ai fait durant une semaine, mais vu mon état de forme, j’ai préféré me rabattre sur de l’occidental dès que je l’ai pu. Ce qui n’a néanmoins rien changé au problème !

Un conseil avant d’en terminer : ne quittez jamais l’hôtel le soir sans une lampe frontale. Les coupures de courant sont fréquentes et dehors c’est la nuit noire.

 

  • Itinéraire : Mahendranagar – Butwal – Pokhara – Katmandou
  • Distance : 800 Km
  • Période : Fin décembre
  • Visa : Obtenu à la frontière pour 40$ et 30 jours (2011)
  • Carte utilisée : IGN Népal 1:750 000

 

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Bertrand

C’est à la suite d’un tour du monde à vélo réalisé entre 2011 et 2012 que ce blog a vu le jour avec pour objectif de mettre à disposition du futur voyageur, au long cours ou en vacances, les informations nécessaires à sa préparation.

20 CommentairesEcrire un commentaire

  • C’est sûr que niveau gastronomie, au Népal, on repassera… :) Et pourtant, on a trouvé un resto népalais l’autre fois à Valloire et on s’est empressé d’aller y manger Momos et Thali… comme quoi! Mais c’était certainement plus pour l’ambiance et les souvenirs ravivés. Ceux que nous rapportons de ce pays sont magiques et pleins d’émotions. Le peuple népalais est si accueillants, calme, chaleureux… après 3 semaines en Inde, c’est comme toi, on a ressuscité! Certes le pays ne se résume pas aux Treks, mais la montagne est quand même totalement unique dans ce pays, et en y grimpant, on a bien largement compris pourquoi les gens du monde entier venaient ici…

    • On est toujours prêt à faire beaucoup d’efforts pour goûter aux souvenirs ;)
      J’espère bien que le Tibet ouvrira ses portes un jour et que je pourrais les traverser ces montagnes.

  • Et moi qui pensais que la cuisine népalaise était savoureuse (je n’y suis encore jamais allée mais on m’a recommandé chaleureusement un resto népalais dans ma région) ! On m’a dit aussi que Katmandou est une ville affreusement sale, c’est vrai ?

    En tout cas rien que pour les paysages et le calme olympien dont tu parles, ça a l’air de valoir le coup d’y faire un tour !

    • Bienvenue ici ;)
      Sale ? C’est vrai que tout est fait de bric et de broc mais ça ne m’a pas choqué.
      Tous voyageur devrait commencer sa “carrière” en Inde je crois. Tu relativise tout ensuite !

  • Très chouette article, ça me donne vraiment envie d’y aller …enfin, l’envie était déjà là, disons que ça me donne envie d’y aller encore plus vite ! Et pour l’inde, tu confirmes ce que j’ai déjà entendu par ailleurs … Mais j’ai quand même envie de tenter l’expérience de la découvrir par moi-même (mais sans doute pas à vélo !).
    Moi qui suis plutôt une voyageuse “sac-à-dos” qui me déplace à pieds ou en bus, traverser le Népal à vélo à vraiment l’air d’être une expérience unique pour être au plus proche de la population locale, et donc de sa culture. Bon à savoir, on ne sait jamais que je change de moyen de voyager …!

  • Mmmm ces viennoiseries ont l’air bonnes pourtant. C’est quoi leur problème ? Trop dures ? Moi qui adore tout ce qui est étouffe chrétien, je m’y serai sûrement cassé une dent.

    Mais dis-moi. Prendre un autre moyen de transport que ton vélo ne doit pas être toujours de tout repos non ? Quand je vois les galères pour le mec voulant mettre son vélo dans un train sncf… j’imagine le bordel avec certains transports mal adaptés dans les autres pays.

    On parle rarement de sa monture quand elle ne nous sert pas. :)

    Par contre je suis dépité car j’espérais t’acheter 2 pochettes à vélo avec ton code réduction de ce week-end mais nous avons bougé et n’avons pas été connectés du tout… pas de chance. :(
    J’espère que tu relancera quelques opérations commerciales rapidement mister Bertrand.

    A+

    • J’aime aussi le nourrissant quand je pédale, les pâtisseries Chinoise devraient te plaire.
      Il n’y a que le pain qui était difficile à avaler. Trop… le goût, la consistance, rien n’allait ! Pourtant des efforts j’en ai fait, mais c’était celui de trop :)

      C’était un minibus d’une quizaine de place, les sacoches ont été dans le coffre, le vélo sur le toit et go… C’est sûr que c’est tout de suite plus encombrant qu’un sac à dos, mais dans ces pays ils trouvent toujours une place, ce n’est pas un problème. En Corée par contre le chauffeur du bus (aeroport-séoul) s’entêtait à refuser nos vélos alors qu’ils rentraient largement dans la soute !
      Un fois en Belgique, on pause les sacoches sur le quai (train), on entre les vélos, le contrôleur siffle, les portes se ferment et le train part sans les sacoches ! Ça laisse de bons souvenirs ;). On avait du tirer l’arrêt d’urgence pour aller les récupérer…

      L’offre était courte car j’attendais la suite de la réception, mais elle est arrivé hier et j’ai laissé le code actif jusqu’à dimanche. Au pire, un petit mail, pour les top commentateurs du braquet on sait prolonger les offres ;)

  • Tu dois avoir des mollets gonflés à l’hélium à force de pédaler ! Je connais pas du tout ce pays, je m’y intéresserais dans ma prochaine épopée, par contre je mangerais avant d’y aller… Il y a beaucoup de tourisme là bas ?

    • Dans la région de Pokhara – Katmandou c’est ultra touristique, en plus j’y étais à Noël, c’était bondé.
      A l’ouest, j’ai croisé un randonneur à la frontière et un voyageur avec son guide sur le pont de la première photo, c’est tout.

  • Je veux bien croire que le Népal, c’est mieux que l’Inde à vélo. L’Inde me fascine et j’aime le vélo, mais l’Inde à vélo non, pour moi c’est une sorte d’oxymore, le truc improbable, impossible, impensable.
    La route de Butwal à Pokhara doit être grandiose, mais pas de tout repos à vélo. J’avais trouvé ça grandiose serré dans un bus, donc au grand air…

    • “Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.”
      Tout le mérite va à mon ignorance, d’où l’avantage de ne pas trop se renseigner avant de se lancer :)

      Butwal-Pokhara, j’étais en mode pilote automatique, les jambes tournaient sans le contrôle du cerveau ! Ça devait faire 15 jours que j’étais malade non stop, je gérais au mieux mes journées pour ne pas m’épuiser et la montagne ça a été l’effort de trop. Quand après 15-20 min de marche à te trainer tu dois rentrer te reposer, tu as beau avoir quelques années de courses dans les jambes, tu découvre ce que c’est qu’être fatigué :)

    • Mouais, malade en voyage, c’est quelquefois un peu dure mais quand il faut en plus pédaler, faut un sacré moral pour continuer. Réussir à débrancher le cerveau qui lui ne veut vraiment plus continuer.

  • Bienvenue sur le braquet ;)
    Il faudra prévoir un réchaud la prochaine fois. Manger toujours la même chose ça ne me dérange pas, mais faire deux repas par jour avec des clémentines et bananes, ce n’était pas la meilleur idée !

  • Haa le Dal Bath, quel plaisir après plusieurs heures d’effort ! C’est marrant de voir que tu as eu à peu près les mêmes sensations que moi vis à vis de L’inde et du Népal. Et oui, il y a plein d’autres choses à faire au Népal, même si j’adore les treks (il n’y a qu’à voir mon blog pour vérifier) !
    L’ambiance est chaleureuse, culturellement il y a quelques très beaux lieux à visiter, et coté sport, en plus des randonnées on peut citer le parapente, le rafting ou encore et bien sur, le vélo :)

  • Bonjour,
    tout d’abord merci à toi pour ce blog riche en infos.
    J’envisage éventuellement un périple népal – inde, pourrais tu stp:
    – me préciser dans les grandes lignes ton trajet au népal
    – la page sur l’inde ne fonctionne plus, j’aimerais mieux comprendre pourquoi tu n’as pas aimé à ce point; et si tu pouvais également me dire par où tu es passé stp? simplement les régions

    Merci pour ta réponse,
    Johan

    • Salut Johan,
      Pour ce qui est de mon trajet au Népal : Mahendranagar (frontière avec l’Inde – extrême sud-ouest) – Butwal (par la route du sud) – Pokhara – Katmandou.
      En Inde : Bombay – Udaipur – Jaipu – Agra – puis Népal.
      Le monde présent partout en font un enfer pour le bivouac sauvage et le bruit jour et nuit en fond un enfer pour rouler, dormir, vivre.
      Si je devais retourner en Inde aujourd’hui, j’irais dans les montagnes tout au nord.
      Bon voyage.

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