Voyage à Okinawa

Note : Article invité écrit par mon frère Baptiste suite à son voyage dans l’archipel Ryukyu au Japon.

L’année dernière j’avais fait irruption sur Le braquet de la liberté pour vous raconter mon voyage à vélo sur l’île d’Hokkaido au Japon. Je vous propose maintenant de faire un bond  de quasiment 3000 km pour se retrouver à l’autre bout du Japon, tout au sud, à quelques centaines de kilomètres  de Taïwan à peine. Ces îles lointaines aussi tropicales qu’Hokkaido est sibérien  représentent l’autre extrême  de l’archipel japonais et sont appelées « Okinawa » bien que ce terme soit vague. Il s’agit en fait de l’archipel Ryukyu, dénomination géographique correspondant exactement à la préfecture d’Okinawa contenant entre autre l’archipel d’Okinawa dont l’île principale Okinawa-honto sur laquelle se situe la ville d’Okinawa.  Vous avez suivi ? Vous trouverez une carte ici des îles qu’on a visitées.

Information importante : le braquet – si on peut l’appeler ainsi – que l’on va tirer au cours de ce voyage sera motorisé. C’est en voiture que nous avons découvert les îles paradisiaques d’Okinawa (la préfecture !) mais les informations données seront autant valables pour les cyclistes. Que je sois sur un vélo, sur une moto ou en voiture, pour moi l’esprit est similaire, je me sens autonome donc libre. La seule différence c’est que la liberté offerte par la voiture ne se paie pas au prix de l’efforts et c’est un aspect important lorsque notre douce ne s’épanouit pas dans les crampes et la transpiration !

Voyage à Okinawa

Notre voiture de location garée près d’un spot plage sur Ishigaki-jima.

Naha est situé sur l’île principale Okinawa-honto et constitue grâce à son aéroport international la porte d’entrée d’Okinawa pour la plupart des touristes, de nombreux vols intérieurs font la liaison entre Naha et le reste du Japon. C’est une grande ville de plus de 300 000 habitants qui ressemble à beaucoup d’autres grandes villes japonaises si ce n’est qu’ici les rues sont bordées de palmiers et qu’il y a un « monorail » aérien qui donne une touche d’originalité à la ville.

Traduire son permis de conduire en japonais

Je ne vais pas m’attarder ni sur Naha ni sur Okinawa-honto, ce ne sont pas les principaux centres d’intérêt de l’archipel des Ryukyu, en revanche c’est à Naha que j’ai obtenu la précieuse traduction japonaise de mon permis de conduire pour pouvoir louer une voitures au Japon.

La JAF pour Japan Automobile Federation est représentée par des bureaux un peu partout à travers le Japon et permet la traduction de votre permis si celui-ci est allemand, français, belge, slovène, monégasque ou taïwanais. Si vous disposez d’un permis français, vous faite donc parti des rares privilégiés à bénéficier de cet avantage de pouvoir rouler une voiture au Japon après simple traduction de votre permis.

Voyage à Okinawa

Une plage déserte sur Ishigaki-jima accessible depuis une route tout aussi déserte grâce à la voiture de location.

Pour ce faire il y a deux possibilités, la première c’est de faire les démarches à distance en envoyant une photocopie de votre permis de conduire ainsi qu’un formulaire rempli par la poste à un correspondant au Japon, qui enverra lui-même votre dossier à un office de la JAF, office qui renverra votre traduction à votre correspondant japonais. En effet la demande doit être envoyée depuis le Japon et une fois satisfaite sera retourné vers le Japon. Les frais sont de 3000 Yens (traduction) + 392 Yens (frais de renvoi).

Autre possibilité, celle de se rendre physiquement dans une agence JAF avec son permis de conduire et 3000 Yens. Vous payerez 392 Yens de plus si vous souhaitez que la JAF vous envoi votre traduction par la poste à votre hôtel. On vous fera aussi remplir un très court formulaire sur place. Dans notre cas nous nous sommes rendus à l’office de Naha, nous avons payé quasiment 3700 Yens (retour en express à l’hôtel) et le lendemain nous avions la traduction à la réception de notre excellent hôtel GRG Naha Higashimachi. Le délai varie suivant l’office dans lequel vous allez et peut aller du jour même à 2 semaines ! Connaissant le dévouement des japonais je doute qu’on vous fasse attendre 2 semaines si vous en avez besoin rapidement.

Direction Ishigaki-jima

Voyage à Ishigaki-jima

Arrivée à Ishigaki-jima avec son littoral corallien.

Après avoir passé quelques jours à Naha en ayant profité de ce temps pour visiter le superbe Aquarium Churaumi (à 3h de bus de Naha !) et fort de ma traduction nous nous sommes envolés vers Ishigaki-jima via la compagnie japonaise Skymark Airlines. Seulement 15 800 Yens (~112€) l’aller-retour Naha/Ishigaki pour deux !

Moins d’une heure plus tard nous étions sur cette île paradisiaque et quasiment déserte hormis la ville principale d’Ishigaki-city où se concentrent presque tous les 50 000 habitants de l’île.

Voyage à Ishigaki-jima

Vue depuis le cap Tamatorizaki, au nord d’Ishigaki-jima.

Ishigaki-jima est l’une des perles d’Okinawa : des plages sauvages paradisiaques, des montagnes boisées intactes, des pointes rocheuses magistrales… J’en passe et des meilleurs. Ne pas avoir un moyen de locomotion autonome dans cette île doit être vraiment frustrant tant les transports en commun sont limitées pour ne pas dire inexistant. Les routes côtières sont globalement plus belles que les routes intérieures, si vous envisagez un tour complet de l’île en passant par chaque pointe, y compris jusqu’au bout de la péninsule nord, cela fait 120 km. Ca peut paraitre faible pour venir dans cette île si lointaine avec un vélo encombrant, mais vous pouvez facilement passer 3-4 jours à arpenter l’île en faisant d’agréables pauses à la plage.

Voyage à Osaki

Baie de Nagura depuis Osaki.

Vous serez au calme, probablement seul à voyager à vélo, et vous trouverez très facilement des spots de camping sauvage époustouflants sur les plages. Attention en dehors d’Ishigaki-city il sera difficile de trouver des petits magasins pour se ravitailler. Quelques échoppes de fruits et restaurants parsemés sur l’île par contre oui.

Baie de Kabira.

La très renommée baie de Kabira.

Prise en main d’une voiture au Japon

Sur Ishigaki-jima nous avons loués deux jours une voiture, le prix journalier était d’approximativement 5000 Yens (~36€) auquel il faut naturellement ajouter votre consommation d’essence. Il s’agissait d’une petite Suzuki Wagon R, la petite voiture typiquement japonaise autrement appelé « pot de yaourt » chez nous. Au Japon on roule à gauche, ce qui peut nécessiter un temps d’adaptation notamment au niveau des essuies glaces et clignotants qui sont inversés ! De plus toutes les voitures sont à boite automatique mais si vous êtes capable de rouler une boite manuelle vous devriez vous sentir très à l’aise sur une boite auto. Information bonne à savoir, le frein à main est un « frein à pied » situé à gauche du pédalier. Si ça fait « bip bip bip » au début quand vous roulez, vous savez pourquoi. Toutes les routes de campagnes sur Ishigaki-jima sont limitées à 40 ou 50 km/h, comme c’est exagérément lent je n’ai pas vu grand monde respecter ces limitations.

Voyage à Okinawa

Notre Suzuki Wagon R devant un accès à l’océan, des centaines de mètres de sable fin pour… un plongeur et nous !

Les plages

Les îles Ryukyu sont connues pour avoir  les plus belles plages du Japon. Certaines, notamment sur Ishigaki-jima, sont indiquées et parfois même payantes. Très honnêtement, aucune plage réputée ne nous  a vraiment emballée. Pour trouver une bonne plage déserte je conseille donc de prendre au hasard des petites routes voir chemins qui partent en direction de l’océan, il faut parfois un peu marcher mais c’est de cette façon que nous avons trouvé de véritables paradis !

J’imagine le plaisir de voir le soleil se coucher devant sa tente pour le voyageur à vélo qui camperait ici.

Voyage à Okinawa.

La plage dont je parlais sur la photo précédente !

Iriomote-jima

Si Ishigaki-jima étonne déjà par son isolement et sa nature sauvage, on passe encore un cap en se rendant sur Iriomote-jima, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest (180 km de Taïwan !). L’île est plus grande qu’Ishigaki-jima mais est habitée de seulement 2000 âmes. Nous avons également loué une petite voiture mais il n’y a que 50 km de route côtière (une grosse moitié du tour de l’île) et aucune route intérieure. 90% d’Iriomote-jima est constituée de jungle dense inaccessible. C’est d’ailleurs sur cette île qu’on trouve le chat sauvage d’Iriomote, espèce protégée présente uniquement ici que vous verrez si vous avez beaucoup de chance et que vous trainez la nuit.

Voyage à Iriomote-jima

Ces petites tortues sauvages sont courantes sur Iriomote-jima.

Dans le cadre d’un voyage à vélo c’est également faisable vu que l’île est accessible rapidement depuis Ishigaki-jima mais il est évident que vous ne pourrez pas pédaler pendant des jours et des jours. Encore une fois la nature, les rivières bordées de mangroves (il n’y a qu’ici et sur Ishigaki-jima que vous pourrez en voir dans tout le Japon) et les plages sauvages sont les principaux intérêts.

Voyage à Iriomote-jima.

Notre plage « secrète » sur Iriomote-jima.

Sur Iriomote-jima il y aussi une célèbre randonnée au départ de la rivière Urauchi. Un bateau vous permet de remonter la rivière pendant une trentaine de minutes jusqu’au point où il ne peut plus naviguer. De là démarre la randonnée qui vous mènera aux chutes d’eau Mariyudu et Kanbire en 2 h de marche aller-retour. Il y a d’autres randonnées plus longues que nous n’avons pas testées. En tout cas c’est l’occasion d’être immergé dans cette forêt tropicale tellement peu hospitalière et vous aurez peut-être la chance d’y croiser des animaux intéressants.

Chutes Kanbire.

Fin de la randonnée aux chutes Kanbire.

Le climat

Notre voyage s’est déroulé dans la première moitié de mai, autant sur Okinawa-honto c’était nuageux voir pluvieux, autant sur Ishigaki-jima et Iriomote-jima nous n’avons eu quasiment que du soleil avec une chaleur humide écrasante, bien plus de 30°C. Je pense que mai est un bon compromis (même si c’est le début de la saison des pluies) car c’est suffisamment chaud pour aller dans l’eau sans problème et y rester des heures si vous le souhaitez mais c’est encore tôt pour la saison touristique ce qui vous garanti un calme bienfaisant. Attention toutefois à la Golden Week japonaise début mai qui est le grand moment vacance des japonais et durant lequel tous les coins touristiques du Japon sont très fréquentés.

Voyage à Ishigaki.

Le soleil se couche sur Ishigaki-city.

Conclusion

Les îles Okinawa (ou Ryukyu) s’étendent sur plus de 600 km à l’extrême sud du Japon. Je vous en ai présenté ici qu’une partie, principalement le sous-archipel Yaeyama. A l’instar d’Hokkaido, ces îles vous plongeront dans un Japon insoupçonné qui tranche franchement avec l’immanquable duo Tokyo-Kyoto, souvent lieux d’un premier voyage au Japon à juste titre. J’espère que le deuxième épisode de la série Nihon e Yokoso vous aura une fois de plus donné envie de découvrir le Japon sous toutes ses latitudes et j’espère que l’avenir nous réservera un troisième épisode, qui sait ?

Voyage sur Iriomote-jima.

Fin de journée au port d’Uehara, sur Iriomote-jima, avec notre petite Daihatsu.

Je me tiens disponible pour répondre à vos questions et commentaires.

Vous préparez actuellement votre premier voyage à vélo ? Ce guide extrêmement synthétisé vous permettra de faire les bons choix et de disposer des bonnes informations en un minimum de temps.

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BS

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