Pneus voyage à vélo

Note : article mis à jour le 27 décembre 2016 suite aux changements qui ont vu le jour au fil des années dans la gamme Schwalbe et à l’évolution de mon point de vue sur la question. 

Avant de discuter des différents modèles, nous pouvons d’ores et déjà aborder la question de la section des pneus. Je ne reviendrais pas ici sur le débat 26″/ 29″/ 700, moultes fois traités sur ce blog ou au sein des guides…

Globalement, plus un pneu est large plus il sera confortable et stable et donc adéquat dans le cadre de voyages lourdement chargé et/ou sur pistes ou routes en mauvais état.

A l’inverse plus un pneu est fin, plus il sera léger, aérodynamique et performant sur des routes en bon ou parfait état. Un gain en rendement qui n’a de sens que si vous voyagez faiblement chargé.

La meilleure des routes n’étant pas dénuée de toute aspérité, il y a néanmoins une limite à la réduction de la section pour gagner en rendement, laquelle c’est vue d’ailleurs augmentée au sein même des pelotons cyclistes ces dernières années. Là où le 23 mm était jadis couramment utilisé, le 25 mm tend à se répandre aujourd’hui,  si ce n’est le 26 mm dès lors que nous arrivons sur les gammes “endurance”.

Vous pouvez bien sûr conserver ces faibles sections de 25, 26 ou 28 mm en voyage si vous parvenez à voyager très léger en équipant votre vélo de course de sacoches de bikepacking par exemple mais là n’est pas l’orientation première de ce blog.

Entre cet extrême et l’autre qu’est un tour du monde empruntant des pistes isolées et avec par conséquent un lourd chargement, se trouve autant de manières de voyager que de voyageurs et vous comprendrez donc qu’il m’est difficile de faire ici du cas par cas, mais  si nous devions faire une moyenne, disons que 1.5 ou 6 serait le bon compromis.

Nous en arrivons maintenant à la vocation première de ce blog qu’est le tour du monde et là encore il y a tour du monde et tour du monde donc je vais détailler un minimum. Si vous n’avez pas l’intention de vous rendre sur les pistes vous pouvez descendre à 1.75. Je ne vois pas l’intérêt de descendre plus bas et ainsi perdre en confort sur un vélo dont le poids n’est en principe pas le point fort. Sur un tour du monde qui se veut ouvert à la piste, on montera de préférence à 2.0. Et sur un tour du monde qui se veut mettre la priorité à la piste on pourra monter jusqu’à 2.15. Je vous indique ici les dimensions que l’on retrouve au sein de la gamme Marathon de chez Schwalbe bien que dans l’idéal, en cas de pistes forts sablonneuses et/ou cassantes, il n’y aurait rien à perdre à mettre du 2.25 ou 2.4.

Passons donc à présent au choix du modèle.

Si vous voyagez occasionnellement (dans le cadre des vacances par exemple), léger et recherchez un minimum de performances vous pouvez vous orienter vers les Schwalbe Marathon Supreme et Racer. Le Supreme étant en tringles souples, il est plus léger et sera un peu plus performant. Le Racer, à tringles rigides, aura à son avantage le prix.

Si vous voyagez toujours de manière occasionnelle mais un peu moins sportivement et ne prêtez par conséquent aucune importance au poids et au rendement, vous avez tout intérêt à vous diriger, économiquement parlant, vers des modèles plus durables. Nous pouvons citer ici, toujours chez Schwalbe, le Marathon Mondial et  le Marathon “tout court”. La logique est la même que précédemment, le premier est en tringle souple, plus léger, plus performant, et le second en tringles rigides, moins cher. Le Mondial existe également en tringles rigides mais il est alors un peu moins durable et un peu moins résistant à la crevaison que le Marathon “tout court”. Son avantage serait une meilleur accroche sur piste mais pour qui vise spécifiquement la piste, rendez-vous un peu plus bas. Sinon, si vous souhaitez garder vos pneus “à vie” et mettre toutes les chances de votre côté en ce qui concerne les risques de crevaisons, le Marathon Plus est tout indiqué. Chez Continental, le Travel Contact dispose d’un tarif très intéressant pour un pneu tringles souples très léger.

Vous l’aurez compris, si vous vous trouvez dans cette catégorie de voyageurs, vous avez surtout l’embarras du choix ! C’est avant tout une question de priorité, à savoir dans quelle mesure vous accordez de l’importance au poids et au rendement. Je me souviens avoir fait mon premier voyage en Ecosse avec des Ritchey Tom Slick en 1.4 que j’avais payé une quizaine d’euros, ils avaient resservi à mon frère par la suite en Corée puis à Hokkaido,  soit environ 3000 Km sans crevaison ni trace d’usure. Il n’est donc pas obligatoire de se cantonner aux habituels Schwalbe ou à moindre mesure Continental, mais je ne peux évidemment pas vous passer en revue tous les pneus du marché !

Pour ceux qui partent en tour du monde à présent. Nous allons commencer par les maniaques de la piste qui tractent de lourds chargements, souvent entre 50 et 80 Kg lorsqu’il y a des stocks de nourriture et d’eau à faire. Dans ces conditions, les gommes tendres comme celle du Marathon Mondial peuvent fondre comme neige au soleil. Nous avons ainsi vu Laurent arriver sur la toile en 5000 Km seulement, là où dans des conditions moins difficiles nous pouvons attendre de ces pneus une durabilité de 20 à 30 000 Km. Qu’importe le poids, la sécurité avant tout, ils nous faut alors “impérativement” passer sur des Marathon Plus Tour, au minimum à l’arrière. Un Mondial, plus léger, pouvant être conservé à l’avant, là où il y a beaucoup moins de poids. Son avantage est également d’être disponible en 2.15 contre 2.0 pour le Plus Tour, soit un gain potentiel de confort sur piste en diminuant la pression.

Pour les autres “tourdumondistes”, que vous ne vouliez pas entendre parler de piste ou que vous n’excluiez pas quelques passages sur piste, c’est avant tout une question de priorité. Les Marathon Plus ou Plus Tour ne sont alors pas indispensables mais si vous considérez que vous n’êtes plus à quelques 700 gr près (différence entre une paire de Plus Tour et de Mondial en 2.0) et ne vous sentez pas concerné par ces histoires de rendement alors vous serez plus tranquille avec des Plus, qu’il soit Tour ou non (poids, rendement et protection identiques, seul l’accroche sur piste est en faveur des Tour). A l’inverse, si vous avez cherché jusque là à contenir le poids, et bien il y a 700 gr à gagner avec des Mondial qui seront également plus roulants.

Il y a d’autres modèles dans la gamme Marathon mais dont je ne vois pas réellement l’intérêt, autrement dit, que je ne parviens pas à positionner dans une pratique où l’un des pneus cités ci-dessus n’aurait pas l’avantage.

Cependant, n’hésitez pas à utiliser les commentaires pour nous faire part de votre expérience avec l’un ou l’autre modèle et notamment en ce qui concerne la durabilité.

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Bertrand

C'est à la suite d'un tour du monde à vélo réalisé entre 2011 et 2012 que ce blog a vu le jour avec pour objectif de mettre à disposition du futur voyageur, au long cours ou en vacances, les informations nécessaires à sa préparation.

22 CommentairesEcrire un commentaire

    • Difficile de retransmettre les idées en image. Je viens d’ajouter une photo où l’on trouve côte à côte les deux extrêmes : un « fat biker » et des « routards ».
      Ensuite il faut faire marcher son imagination et se projeter sur une route parfaitement lisse et sur une piste plein de racines dans les bois. Et en fonction des caractéristiques du voyageur à vélo et des routes souvent abimées que l’on emprunte en déduire que le confort d’un pneu large (sans aller dans les extrêmes du fat bike) ne sera pas du luxe :)

    • ah oui quand même… en fait c’est la première fois que je vois un pneu comme ça !
      C’est un monstre ce pneu…

  • La question et la réponse ne sont pas très bien formulées…
    Objectivement, les pneus étroits sont plus efficaces… mais ils ne sont pas forcément les plus confortables.

    L’efficacité dépend directement et objectivement du rendement : meilleur est le rendement, meilleure est l’efficacité du pneu.

    Par contre, le pneu le plus efficace n’est probablement pas le mieux adapté à la pratique des uns ou des autres, en particuliers des cyclo-voyageurs. Là, la charge transportée, l’état des routes parcourues, la résistance à l’usure et à la crevaison deviennent des paramètres importants qui pondèrent d’autant la recherche d’efficacité du pneu.

    • Je suis d’accord sur le fait qu’un pneu étroit est dans l’absolu plus efficace (plus léger, plus aérodynamique, bande de roulement plus étroite). Cependant l’article est orienté voyage et plus précisément voyage au long cours donc en principe sur routes et pistes en mauvais état. Avec 30 kg de bagages les arguments du poids et de l’aérodynamisme ne tiennent plus, et sur piste en mauvais état, une faible bande de roulement est un inconvénient.
      Je roule en VTT aussi, quand tu met 4 bars dans un pneu de 1.8 par exemple tu rebondi énormément mais n’avance pas beaucoup, à l’inverse avec 2 bars dans un pneu de 2.1 ou 2.25 par exemple, les trous sont absorbés, ça tracte en permanence et au delà du confort tu vas beaucoup plus vite.
      En voyage le poids (et la faible vitesse) suffit à maintenir le vélo au sol mais le gain de confort et de stabilité quand ça tape feront que l’on sera plus efficace.

    • Mes Dureme (ce n’était pas des “tandem” non plus), ont fait 20 000 et 10 000 Km sans problème (10 000 le second car c’était la fin du voyage). La personne avec qui je suis parti l’a tiré 30 000 bornes avant qu’il ne se déchire.

      Après l’usure d’un pneu c’est vraiment aléatoire. En Alaska, avec 10-15 Kg de charge de plus qu’en temps normal et sur pistes ou routes granuleuses, le pneu a fondu quasi deux fois plus vite que le premier qui avait pourtant aussi connu la piste et les routes non lisses…

      C’est étonnant autant hernies par contre. Je n’en ai pas eu une seule. En dehors du voyage je dois avoir 70 000 Km de vélo environ avec du Schwalbe, Conti, Vittoria, Vrederstein et Michelin et je n’ai jamais eu le moindre soucis. Les pneus de voyage sont autrement plus robustes pourtant.

      Mais si je me compare à Eric, je fais 5 Kg de moins, mon vélo fait 5 Kg de moins et j’ai 15 Kg de moins en matos. Donc 25 Kg de moins au total. Ce n’est pas rien. D’où l’importance, aussi, de rouler light ;)

  • Salut Bertrand, je suis peu etre un futur voyageur à vélo et je viens de lire l’article et me demande pourquoi pas mettre des jante tubless ainsi que des roue tubless ? Ne serai-ce pas plus solide et moins contraignant contre les creuvesons ?

    • Salut Kevin,

      J’y ai déjà pensé, le problème étant qu’il faille regonfler les pneus plus régulièrement.

      Sinon on peut même mettre un kit tubeless sur des jantes classiques, je ne crois pas qu’il y ai de pneus Tubeless Ready dans la gamme Marathon, mais ça ne devrait pas poser de problème, ce serait plus léger, les crevaisons par pincement sont inexistantes en voyages mais celles par perforations devraient être auto-réparées avec le liquide anti-crevaison, c’est vrai qu’il y aurait des avantages mais s’il faut regonfler chaque jour ça ne serait pas gérable, il faudrait essayer pour voir ce que ça donne.

  • Salut Bertrand,
    Que penses-tu des Schwalbe Marathon Plus dernière génération ? Je les utilise en vélotaf en 700x25c et je dois dire que leur résistance est fantastique. Néanmoins, conviennent-ils pour un long voyage dans des pays où le revêtement des chaussées est en mauvais état ? Merci pour ta réponse.

    • J’en ai un en 20″ sur ma remorque, il est comme neuf après 6000 bornes là où mes Mondial tirent déjà sérieusement la gueule, surtout l’arrière que j’ai passé à l’avant il y a quelques jours. Donc ils conviennent parfaitement pour un long voyage, ils sont juste plus lourds et je crois qu’on ne les trouve pas en 2.0 ou au delà pour la piste.

  • Bonjour,

    Juste par curiosité, il me semble que les remplaçants des Dureme sont les Deluxe et non les Mondial (?) Tu avais monté les Deluxe sur un vélo de ta confection il y a quelques mois, as-tu voyagé avec également ?

    • Bonjour Yoann,

      J’avais indiqué les Deluxe comme étant les remplaçants des Dureme jusqu’à ce qu’ils quittent le catalogue Schwalbe. Aujourd’hui ceux qui se rapprochent le plus des Dureme, entre le poids, le rendement, la durabilité et la resistance à la crevaison, ce sont les Mondial.

      Je n’avais pas voyagé avec le vélo dont tu parles et donc avec les Deluxe. Quelqu’un l’avait acheté.

    • Bonjour,
      Ça dépend du terrain, mais si tu me dis vouloir mettre des slicks ou gonfler à bloc j’en déduis que tu seras sur l’asphalte, auquel cas le rendement sera encore meilleur avec un vélo normal.

  • Bonjour,
    J’aimerai garder l’utilisation du fat lorsque possible avec des pneus slick comme “Origin8 Supercell Fil Bead Fat Bike Tires, 26 x 4.0 ” cela peut me permettre l’asphalte mais aussi des sorties fat pendant le voyage?

    • Moi je n’y vois pas d’inconvénient. Mon expérience en fat se résume à 30 bornes donc tu es sans doute plus indiqué que moi pour savoir ce qui répondra le mieux à tes attentes. Rouler sur l’asphalte ça roulera c’est certain.

    • Hello,

      Le lien de bikeradar renvoyait sur le test d’une selle. Je l’ai changé par un autre trouvé sur le même site avec un titre quasi identique en espérant que ce soit celui que tu comptais mettre.

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