En résumé

Avantages et inconvénients des pédales plates pour voyager à vélo :
  • Ne nécessite qu’une seule paire de chaussures pour pédaler et marcher.
  • Instabilité du pied sur la pédale pouvant engendrer des douleurs articulaires ou tendinites.
  • Faible efficacité : impossibilité de tirer sur les pédales et d’accompagner le mouvement à 360°, l’effort se limite à la phase de poussée, soit à 1/3 ou 1/4 du tour de pédale.
Avantages et inconvénients des pédales automatiques pour voyager à vélo :
  • Stabilité du pied sur la pédale ce qui limite les risques de blessures.
  • Efficacité : possibilité d’accompagner le mouvement à 360°.
  • Nécessite un bon réglage des cales pour ne pas se blesser (cet article ou ce guide vous y aideront).
  • Nécessite éventuellement une seconde paire de chaussures pour la marche en terrain escarpé.
En conclusion :
  • Si votre voyage s’oriente vers les pistes isolées et difficiles où les efforts à fournir sont conséquents les pédales automatiques représentent un avantage non négligeable.
  • Si vous restez sur l’asphalte avec des chargements raisonnables, alors l’intérêt des pédales automatiques est moindre.

Note : certains utilisent des pédales plates avec un système de cale-pied et sangle, je roulais en effet avec des cale-pieds quand j’étais enfant et cela ne supprime pas les mouvements parasites, cependant je n’y ai jamais adjoint des sangles et je ne sais pas ce qu’il en est au niveau de l’efficacité au pédalage, de la praticité et de l’éventuelle usure prématurée des chaussures.  

Quelles pédales et chaussures choisir

Sans cale :

L’idéal étant des pédales de BMX avec une large surface d’appuie et une forte accroche. Il en existe de nombreux modèles, parmi lesquels les Shimano Saint qui sont de très bonne qualité. J’avais personnellement des Wellgo B065 mais ce sont les Shimano que je recommanderais aujourd’hui.

En chaussures je privilégie celles disposants de semelles en Vibram robustes, de préférence une semelle lisse ou avec des crampons plats. Je ne peux pas vous passer en revue toutes les marques mais parmi elles j’aime et je reviens toujours vers Merell. Les Trail Glove conviendront aux plus minimalistes d’entre vous. J’ai ce modèle aux pieds depuis un an et demi, que ce soit pour marcher au quotidien, aller me promener en forêt ou courir (de temps en temps et de plus en plus rarement !), la robustesse est au rendez-vous malgré le faible poids. Avec une semelle un peu plus rigide mais toujours parmi les modèles légers, une alternative est la Bare Access. Ensuite, pour du plus “consistant” il nous faut aller dans la gamme “randonnée” avec les Annex qui sont très robustes et dont la semelle semble vraiment adaptée au vélo.

Avec cales :

Personnellement j’utilise des pédales Shimano PDA530 avec une face plane et face à cale. La face plane peut être utile lors des jours de repos ou si vous n’êtes pas rassuré à l’idée de passer une portion technique les pieds attachés. La version Trekking des pédales Shimano XT (PDT780) est également intéressante bien qu’un peu plus cher.

Pour ce qui est des chaussures, comme indiqué dans la vidéo j’utilise des Specialized Cadet. A voir également du côté des Tahoe qui sont sorties récemment et que je n’ai pas essayé mais qui sur le papier sont la version Trekking des Cadet. Les 2FO étaient par exemple trop rigides pour marcher et c’était ainsi dans différentes marques…

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Bertrand

C'est à la suite d'un tour du monde à vélo réalisé entre 2011 et 2012 que ce blog a vu le jour avec pour objectif de mettre à disposition du futur voyageur, au long cours ou en vacances, les informations nécessaires à sa préparation.

9 CommentairesEcrire un commentaire

  • Bonjour Bertrand,

    Merci pour cet article, je reviens justement d’un test grandeur nature des pédales automatiques en voyage à vélo.

    Je recommande aussi les pédales mixtes face automatique/face plate, pratique pour les jours sans vélo ou pour pédaler sans cales (on peut en ressentir le besoin parfois).

    Avec mon compagnon de voyage, nous avons principalement pédalé sur de l’asphalte et l’apport de puissance des pédales automatiques était tout de même intéressant, même s’il est moindre que dans le cas du cyclosport, car on est plus concentré sur le paysage que sur le pédalage.

    J’ai beaucoup apprécié le fait d’être lié à ma monture grâce aux pédales automatiques, mais comme tu le précises une nouvelle fois, un mauvais réglage peut être dangereux. Voulant diminuer le jeu de ses cales, mon compagnon de voyage a resserré ses pédales, et a eu un début de tendinite au bout de deux jours qui ne l’a pas quitté du mois et qui l’a obligé à pédaler sans cale sur cette jambe…

    • Oui il faut vraiment ne pas être contraint par le réglage de la cale pour que le pied retrouve sa position naturelle. Ce qui n’est pas insurmontable cependant.

  • Merci Bertrand pour tes avis qui sont toujours parfaitement fondés et éprouvés par une bonne pratique !

    Ton article m’a vraiment intéressé car c’est vrai que le choix des pédales/chaussures c’est très délicat sur des voyages plus ou moins importants.

    J’étais parti moi aussi sur des pédales plates à surface large et picots Shimano MX80, a priori dédiée au VTT, mais qui offre beaucoup de confort et d’accroche sur route. J’aime bien rouler avec ce type de pédales…

    Le gros problème que j’ai rencontré avec ce type de pédales, c’est surtout par temps de pluie et boue où en fonction des chaussures ça peut vite se transformer en réelle patinoire et en calvaire ! J’en ai pas mal souffert sur la route… Il faut dire que mon choix de chaussure n’était pas vraiment bon !

    Deuxième problème à mon sens avec les pédales plates (sans cales et serre pieds), c’est que dans l’effort on perd beaucoup en puissance et en performance car on est essentiellement en appui. Du coup, on se fatigue beaucoup plus car on force plus.

    Du coup, après m’être pas mal torturé le cogito, j’ai fini par opter pour une pédale semi auto (Shimano PDT780 XT) et je trouve que sur de longs trajets ça apporte un réel plus, en confort et performance.

    Là encore, petit bémol, les pédales auto et semi auto, ça impose quasi une seconde paire de chaussures, même si on peut un peu marcher avec les chaussures auto.

    C’est décidément pas facile de faire un vrai choix définitif…

    • Merci pour ton retour.
      Non ce n’est pas facile de trancher définitivement car chaque voyage à ses spécificités mais il ne faut pas que ça devienne une torture non plus, les deux options permettent de traverser le monde à vélo quoi qu’il en soit.

  • Merci Bertrand pour cet article !
    J’apporte ma petite contribution…
    Pour un tour du monde de 2 ans, j’ai utilisé des pédales avec cales pieds en plastique associés à des chaussures multi-activités (semelles assez rigides). On gagne déjà beaucoup en rendement et quand les chaussures sont usées on n’a pas le problème de devoir retrouver des chaussures spécifiques aux pédales automatique. Mais évidemment des pédales automatiques apportent un rendement encore supérieur. Je pense que la question qu’il faut se poser c’est : Est-ce que je veux bouffer du Km ou est-ce que je veux prendre le temps de vivre ?

    • Salut Brieg,
      Merci pour ta contribution.
      Le voyageur voit toujours une incompatibilité entre “prendre le temps de vivre” et bouffer du kilomètres. Lorsque je traverse un désert, j’ai le sentiment de “prendre le temps de vivre” et néanmoins je me dois de bouffer un minimum de kilomètres pour gérer les ravitaillements.
      Ces réflexions “performances/prendre le temps” sont le fruit d’un jugement, d’un besoin de se comparer et de faire la morale. Je ne dirais pas ce que cela dénote chez la personne, mais je regrette de les entendre à tout bout de champs.
      Personnellement je ne me pose pas même la question, je voyage comme j’ai envie de voyager et je me fou littéralement de ce que font les autres. S’ils ont envie de passer 10 jours sur une plage de sable blanc à siroter des cocktails qu’ils passent 10 jours sur une plage de sable blanc à siroter des cocktail et s’ils ont envie de s’envoyer une piste difficile pendant 10 jours qu’ils s’envoient une piste difficile pendant 10 jours. La question n’est pas “est-ce que je veux bouffer du Km ou est-ce que je veux prendre le temps de vivre ?” mais “qu’est-ce que je suis venu faire sur cette terre ?”.
      Maintenant s’envoyer des bornes pendant un temps pour accéder à une nature sauvage n’exclue pas de se siroter un cocktail sur une plage à l’occasion, c’est juste une question de priorité.

  • Ha mais je suis tout à fait d’accord avec toi. J’aime bouffer du Km et j’aime prendre le temps de vivre aussi. Je voulais juste dire par là que, si on cherche vraiment la performance, alors le choix des pédales automatiques est judicieux. Mais que si on s’en fou de grapiller quelques pourcentages de rendement, alors des petits cales pied de base suffisent. C’est juste mon avis et je respecte que d’autres pensent différemment :)

    • Quand on transporte 80 Kg et que le sol est en sable ce n’est plus une histoire de grappiller quelques pourcentages de rendement mais de se simplifier la vie et d’éviter les tendinites.
      Après dans un pays comme l’Australie je savais que je n’y allais pas pour faire du tourisme et que les déserts seraient entrecoupés de jours de repos où je ne ferais “rien”. Je savais aussi que la météo faisant je pourrais me trimbaler en sandales dès lors que je ne serais plus sur le vélo…
      C’est donc à voir selon la difficulté maximale rencontrée, la météo et ce que l’on souhaite faire hors vélo. Tout en gardant à l’esprit que quel que soit le cas de figures ça passera avec ou sans pédales autos.

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