Vietnam à vélo

Notre périple de 5 mois en Asie du Sud-Est a débuté à Hô-Chi-Minh-Ville, dans le delta du Mékong. À peine sortis de l’aéroport, nous sommes immédiatement agressés par une pollution sonore et olfactive. Cette métropole compte plus de 8 millions d’habitants qui se déplacent sur près de 5 millions de motos. La présence de vélos demeure anecdotique. Avant de nous lancer à l’assaut du delta, nous passons quelques jours dans la ville pour nous acclimater et visiter quelques centres d’intérêt (musée de la Guerre du Vietnam, palais de la réunification, etc). Impressionnés par ce trafic chaotique, nous n’osons pas tout de suite utiliser nos vélos pour nos déplacements. C’est donc à pied que nous partons à l’exploration de la ville.

Le simple fait de traverser la rue est une expérience en soi. Il faut prendre son courage à deux mains et marcher lentement, mais d’un pas régulier à travers le flux incessants de deux-roues. Les trottoirs sont également impraticables, car encombrés de vendeurs de rue et de véhicules.

Ces premières expériences nous laissent songeurs quant à rouler à vélo avec une remorque et notre fille de 3 ans…

Motos à Hô-Chi-Minh-Ville.

Rouler au Vietnam

Le jour du départ, on se retrouve au milieu de centaines de motos aux pots d’échappement pétaradant et émanant des millions de particules fines. En ce mois de novembre, la température avoisine les 30 degrés et la chaleur des moteurs thermiques ne font rien pour améliorer la situation. Au démarrage après un feu rouge, le cale-pied d’une moto se prend dans une de mes sacoches de roue avant, mais par chance je parviens à maintenir le cap. Hormis ces désagréments, il est relativement aisé de rouler à vélo, car les deux-roues occupent moins de place que les voitures et prennent soin de nous éviter car, en cas de collision, ils risquent eux-aussi de chuter.

Concentrés sur la route, nous n’étions plus guère attentifs au GPS et nous nous sommes perdus à plusieurs reprises : il nous a fallu une journée entière pour sortir d’Hô-Chi-Minh-Ville ! Puis, le lendemain, puisque nous nous éloignions des zones fortement urbanisées, nous escomptions logiquement sur une accalmie du trafic. Que nenni  ! Au contraire, ce fut bien pire, les camions et les voitures roulant à vive allure ont remplacé une partie des motos. Parfois, la route est suffisamment large et nous bénéficions d’une sécurité relative, mais trop souvent la chaussée est de la dimension des véhicules à quatre roues et on a clairement l’impression de déranger. Ensuite, la qualité du revêtement de la route est aléatoire, ce qui a pour effet le dilemme suivant : soit on évite les trous en se déportant sur la gauche et on risque de se prendre un camion, soit on maintient le cap et on s’expose à une chute…

Pour finir le tableau, les klaxons fusent sans discontinuer dans un vacarme assourdissant.

Nous tentons donc de nous extraire des artères principales en nous engageant sur des routes secondaires, mais qui ne sont en fait que des ramifications en cul-de-sac. Bref, nous sommes loin du delta que nous imaginions avant de partir, soit un enchevêtrement tranquille de rivières, de marais et d’îles. Certes, nous roulions parfois dans ce type de décor, mais ce fut si rare que nous l’avons presque oublié. Rappelons que le Vietnam frôle les 96 millions d’habitants pour 253 hab./km² (112 en France) et le vélo est un bon moyen pour se rendre compte que l’être humain est omniprésent dans la région !

En ville comme en campagne, la population est très dense.
Rare moment tranquille en traversant l’un des multiples bras du Mékong.

Planifier son itinéraire

Avant notre départ, nous avions vaguement planifié notre itinéraire, car il est toujours difficile de s’imaginer la réalité du terrain à partir d’une carte. Pour pallier en partie à ce problème, il reste la possibilité d’utiliser Street view de Google Maps pour se rendre compte de ce qui va nous attendre, mais c’était sans compter sur le régime communiste vietnamien, qui a délibérément interdit la présence des voitures Google… Donc pas de Street view. C’est aussi le cas au Laos, mais on en reparlera dans un futur article. Bref, on revient vers nos cartes classiques.

Sur place, on se fie d’abord à notre GPS pour finalement le renvoyer par la Poste en Europe, car on s’est rendu compte que l’application gratuite Maps.me est plus réactive et plus fiable qu’un appareil dédié à l’unique fonction de navigation ! J’ai plutôt l’habitude de conseiller des itinéraires qu’il ne faut pas manquer, mais comme on peut le constater sur la carte ci-dessous, le delta du Mékong à vélo ne fut pas un coup de coeur. Si vous envisagez de voyager au Vietnam, au Cambodge, au Laos ou en Thaïlande, nous avons écrit un guide de 142 pages avec des cartes, astuces et plein d’autres informations précieuses que vous pouvez retrouver sur notre site : https://www.familleavelo.com/.

Traversée du delta du Mékong d’est en ouest.

Heureusement, nous avons pris la décision de nous rendre sur l’île de Phu Quoc qui se situe au large des côtes cambodgiennes, mais qui appartient au Vietnam. Cette île bardée de plages de rêve (hormis les déchets) est bienvenue pour se décrasser de la poussière du continent.

Plage sur l’île de Phu Quoc.

Hébergement

Après moultes réflexions, nous avions pris notre tente, mais il fut impossible de l’utiliser au sud du Vietnam. Pourquoi ? D’abord, parce ce que la densité de population est si dense qu’il est quasiment impossible de trouver un endroit tranquille. Ensuite, le delta est par définition une zone humide qui prend parfois la forme de marais. Enfin, les cultures de fruits et de riz ne laissent pas 1m2 de libre.

Par contre, les guesthouses, les « nhà nghi » en vietnamien, sont omniprésentes et bon marché (entre 2 $ et 15 $ la nuit). Le tarif dépend si la chambre est équipée d’un ventilateur ou d’une climatisation, cette dernière étant plus onéreuse.

Alimentation

De même que les hébergements sont nombreux, il est également très facile de s’alimenter en route. La cuisine de rue permet de se substanter à peu près partout et à moindre frais. L’usage d’un réchaud n’est pas vraiment utile.

Cuisine de rue au Vietnam.
Le Pho, la célèbre soupe vietnamienne que l’on peut trouver partout.

Conclusion

Bertrand avait déjà évoqué la région dans son article sur le nord du Vietnam et je rejoins ses propos : faire du vélo dans ce pays n’est pas une partie de plaisir. Ceci n’engage que moi, mais le mois que nous y avons passé a conforté mon opinion dans ce sens. D’autres cyclo-voyageurs croisés en route furent enchantés par la région, mais ils avaient soit longé la frontière avec le Cambodge, soit roulé le long de la mer. Pour ma part, je n’ai pas l’intention de retenter l’expérience.

N’hésitez pas si vous avez des questions ou des commentaires et, comme évoqué plus haut, vous trouverez d’autres informations, photos, vidéos et notre guide de voyage sur notre site : https://www.familleavelo.com/.

Vous préparez actuellement votre premier voyage à vélo ? Ce guide extrêmement synthétisé vous permettra de faire les bons choix et de disposer des bonnes informations en un minimum de temps.

Disponible de suite au format KINDLE ou PDF.

A propos de l'auteur Voir tous les articles Site web de l'auteur

Dominique Amstutz

Quand il ne voyage pas à vélo, Dominique enseigne à l'école. Il a roulé en Europe et en Asie avec son amie et leur fille de 3 ans. Suite à leur périple, ils ont édité un guide de voyage intitulé "Vietnam, Cambodge, Laos et Thaïlande, à vélo et en famille" disponible ici : https://www.familleavelo.com/

3 CommentairesEcrire un commentaire

  • Change tes plans, tu prend la nationale, les routes annexes sont magnifiques. Peux de monde, et en état correct.
    Il y a 5 ans je suivait ton site, j’ai partager ton site pour un ami.
    Je vis ici je roule tout les jours car j’y fais de la compétition.
    Tu as mon e-mail si tu veux des informations demande moi.

    • Pour info, l’article a été écrit par Dominique, et celui que tu suivais il y a 5 ans, c’est moi, Bertrand ;).
      J’avais pour ma part traversé le Sud du Vietnam en 2012, et même constat que Dominique à l’époque, c’était la merde. Mais via mon frère j’avais appris par la suite qu’il y avait des zones relax égallement dans le sud, nottament aux allentours de Da Lat.
      Quand tu es posé sur place et qu’il s’agit de tes routes d’entraiment quotidiennes c’est un peu plus simple d’aller se perdre sur les petites routes mais en regardant la carte, aujourd’hui encore, j’ai du mal à voir comment remonter vers le centre du Vietnam en empruntant les petites routes autrement que par petites portions. Je vois les grands axes qui montent en ligne un peu près direct et je vois beaucoup de petites routes perpendiculaires à ces grands axes, c’est à dire qu’il faudrait faire mille détours par ces petites routes pour finallement retomber quand même sur les grands axes sans avoir avancé d’un kilomètre à vol d’oiseau dans la direction voulue, ce qui fait que le kilomètrage cumulé sur les grands axes serait kif kif au kilomètrage passé sur ces mêmes grands axes sans faire de détour, ce qui ménerait à la même conclusion que c’est la merde :).
      Mais si tu as un itinéraire sympa qui pourrait permettre de remonter tranquille vers le nord, n’hésites pas à le poster ici car il y a peut être parmi les grands axes qui apparaissent sur maps des routes plus tranquilles que d’autres.

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