La Turquie à vélo

Le visa Indien nous obligeant à passer par Ankara, le visa Iranien nous obligeant à passer par Trabzon et l’arrivée de l’hiver nous obligeant à ne pas nous éterniser, l’itinéraire Turques fut vite tracé.

Ce n’est pas plus mal d’ailleurs quand la nécessité l’emporte sur le désir. Si le destin a dans ses sacoches matière à l’émerveillement alors c’est d’autant plus agréable qu’inattendu et si rien de bien excitant se présent alors l’inattendu ne pourra être source de déception.

Dans notre cas – je dis nous car nous étions encore deux en ces temps lointains – l’extrême monotonie des lignes droites venteuses à travers champs a successivement pris le relais de l’incroyable beauté de la montagne.

L’avantage de la Turquie c’est que dans les deux cas il y a de quoi passer de bonnes journées.

Le Kadayif et son cousin le Baklava

A eux seuls ils méritent un passage en Turquie. Vous imaginez une mixture beurré de noisettes, amandes et noix prise en sandwich dans de la pâte de kadayif ou pâte feuilleté pour le baklava, le tout imbibé de miel. J’en suis arrivé à me demander comment j’allais pouvoir poursuivre le voyage sans ma dose quotidienne !

Valait mieux une journée vent pleine poire au milieu de rien avec à la clé un Kadayif, qu’une journée au milieu des montagnes avec à la clé une nuit à zéro degré !

C’est un cap à passer lorsque l’on voyage à vélo, durant les trois premiers mois c’est souvent l’estomac qui contrôlent le cerveau ! Puis le corps fini par s’habituer à l’effort quotidien et l’équilibre revient. Enfin, je ne sais pas s’il s’agit d’équilibre ou de nécessité encore une fois. En principe quant on part vers l’Est, trois mois plus tard on arrive en terrain hostile où ne pas manger est le meilleurs moyen de ne pas être malade…

La Turquie à vélo

Baklava.

J’ai roulé sur la lune

Reprenons notre sérieux, même si vous l’avez compris, il ne faut pas passer à côté de ces splendeurs. Je me suis d’ailleurs spécialisé dans le kadayif de retour en France :).

Les montagnes sont pas mal non plus et surtout différentes de ce que l’on a l’habitude de voir. Pour résumer, entre la frontière Grec et Istanbul vous n’avez que votre patience (et les kadayifs !) sur qui compter, la portion Istanbul-Ankara en coupant à travers les montagnes est à couper le souffle, s’en suit l’ennui jusque Trabzon puis la grande aventure lunaire pour rejoindre le lac de van via Erzurum puis l’Iran.

Plusieurs passages de col entre 2000 et 2500 mètres, des pistes en altitude traversant des villages vivant hors du temps et la roche jusqu’au bout de l’horizon. Soit de belles journées et de beaux bivouacs en perspective.

Turquie à vélo

Difficile de capter et les détails et la vue d’ensemble. Vous aurez tout le loisir de découvrir le panorama.

N’oubliez pas votre casque

Ce n’est pas sans danger de s’aventurer à l’Est de la Turquie. Il y a d’abord les bergers d’Anatolie qui vous feront travailler votre sprint puis les enfants dont l’agressivité est assez inquiétante.

Loin de vouloir jouer, c’est par des cailloux que nous étions souvent accueillis et suffisamment régulièrement pour ne pas classer l’affaire dans les exceptions. Le problème fut spécialement rencontré à l’approche de Tatvan, durant les deux ou trois jours précédents puis le bouquet finale en arrivant dans la ville avec des crachats, des jets de projectiles et les parents qui regardent passivement.

De quoi contraster avec l’accueil que nous avions reçu jusqu’à présent et allions recevoir par la suite ! C’est pourquoi je ne m’étale pas là-dessus même si je n’ai pas manqué de me poser quelques questions !

La Turquie à vélo

Je les préfère comma ça !

My friend

En générale l’accueil est plutôt amical. Les gens sont avenant, serviable, très serviable, trop serviable même parfois. Comme je l’avais mentionné pour l’Iran, l’excès d’hospitalité peut-être envahissant.

Quand on vous sert vingt thés d’affilé et que si vous ne le buvez pas on vous le ressert quand même parce qu’il est froid, bon, en voyage vous prenez cela volontiers à la rigolade mais vous vous demandez quand même qu’est ce qui lui passe par la tête au moment où il vous vide le verre pour vous en remettre un chaud alors que vous avez rendu les armes depuis trois verres déjà !

On a eu l’occasion de passer trois jours à Istanbul en compagnie d’un couple de Stambouliote, cinq jours à Ankara hébergé par Güven, une semaine à Van en collocation avec des jeunes et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils se dévouent corps et âmes au bien-être de leur hôte. En quelques minutes vous faites partie intégrante de la famille, on vous convie au mariage de la cousine, l’ensemble des collègues de travail vous connaissent, après deux jours vous avez vos habitudes au kébab du coin… L’intégration sociale est rapide en Turquie à tel point que l’équipe de Van nous proposait de rester vivre là !

La Turquie en vélo

Pinar [Peunach] et Arda, deux cyclos d’Istanbul qui nous ont gentiment fait visiter les lieux.

Un monde ailleurs

La culture est très forte et très présente et la déconnexion de ce fait est totale. Autant en chine, où elle est tout aussi forte et tout aussi présente, le feeling avec les gens était très bon si ce n’est  même meilleur qu’en France de manière générale et dans ma tranche d’âge. Autant en Turquie, bien que le contact ne peut être que bon avec tant de convivialité, les points communs ce limitent souvent au fait de s’être retrouvé à tel endroit à tel moment.

C’est un autre monde que j’ai pris plaisir à découvrir le temps d’un voyage mais avec lequel je ne sens pas particulièrement d’affinité. C’est presque dur à dire tant nous avons fait de belles rencontres mais c’est un fait. Étrangement je me suis senti plus en phase avec la population iranienne qu’avec les Turques.

C’est sans doute relatif aux rencontres et c’est avant tout une question de personnalité mais il n’en reste pas moins que quelque soit votre personnalité, le pays vous laissera de beaux souvenirs. Il n’y a pas besoin de créer des lien sur le long terme pour apprécier l’instant.

Quand une voiture s’arrête à 2400 m d’altitude, au milieu de la roche, pour vous donner une grille de barbecue, des poissons, le charbon, des légumes, un pain d’un kilogramme et même le sel, ça ne s’oublie pas et c’est à l’image de l’état d’esprit Turc.

Turquie à vélo

Un autre monde !

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Bertrand

C'est à la suite d'un tour du monde à vélo réalisé entre 2011 et 2012 que ce blog a vu le jour avec pour objectif de mettre à disposition du futur voyageur, au long cours ou en vacances, les informations nécessaires à sa préparation.

15 CommentairesEcrire un commentaire

  • C’est vrai que c’est toujours surprenant de voir des enfants agir comme ça à un age où ça ne devrait même pas leur traverser l’esprit !
    Heureusement que ça n’est pas la norme.

  • Nous rentrons d’un mois de vélo en Turquie, après avoir traversé l’Europe depuis la Bretagne.
    C’est le pays où nous avons été le plus chaleureusement accueillis, surtout dans les villages isolés où fort peu de cyclistes passent, voire même aucun.
    Outre les paysages magnifiques, ce sont les turcs qui nous ont bluffés, on a pu passer de nombreuses heures en leur compagnie et c’étaient à chaque fois des rencontres pleines de gentillesse et de générosité.
    Par contre, nous n’avons pas pu aller vers l’est, donc pas connaissance des enfants caillaisseurs, on ne va pas s’en plaindre.

  • Bonjour Bertrand
    en 2014 j’ai termine un voyage depuis Bruxelles a pied par le morceaux européen de la Turquie Erdine – Istanbul
    et je dois dire que chaque jour j’ai été invité a mangé et dormir sans pratiquement jamais le demandé
    cela repose sur une tradition du prophètique “Mohamed” qui a recommandé de toujours accueillir le voyageur comme un membre de sa famille
    d’ailleurs dans certaine mosquée on trouve encore le “beith mousafirin” textuellement la chambre du voyageur
    En espérant que cette noble tradition se perpétue
    Salam

  • Salut Bertrand,
    nous préparons un petit périple Turc pour cet été,
    tu dis plus haut “la portion Istanbul-Ankara en coupant à travers les montagnes est à couper le souffle “.
    Par où es – tu passé dans les grandes lignes stp sur cette portion?
    Notre avion nous jette à Istanbul, et nous aimerions filer en Cappadoce,

    merci pour ta réponse,
    Alice et JoJo

  • Salut Bertrand,

    Je projette un voyage en Europe et Asie pour l’an prochain, et m’interroge sur la possibilité de traverser la Turquie et notamment la portion Trabzon-Erzurum-Van puis Iran au mois de janvier. N’est-ce pas trop enneigé ? Trop froid ?

    Merci d’avance!

    • Salut Samuel,

      A mon avis c’est froid et enneigé à cette période. Je ne m’y aventurerais pas personnellement.

  • Bonjour Bertrand,

    Bravo pour votre site super complet et vos témoignages pertinents !

    Je vais traverser la Turquie d’Istanbul jusqu’à la frontière iranienne au mois de mai et je voulais savoir quels départements de l’est sont à éviter pour l’accueil des enfants pas toujours très chaleureux ?

    Sinon votre article donne vraiment envie de poser ses roues sur ses routes et d’aller à la rencontre des Turcs !!! : )

    Merci beaucoup et bonne route

    Antoine

    • Salut Antoine,
      Merci pour ton message.
      Les enfants turbulents se trouvaient sur la portion Trabzon – Tatvan via Erzurum et si mes souvenirs sont bons plutôt entre Erzurum et Tatvan que Trabzon et Erzurum. Maintenant j’imagine que ça doit arriver partout à l’Est donc je ne suis pas sûr qu’il faille s’efforcer d’éviter une région en particulier.
      Bonne route ;).

  • Bonjour Bertrand,
    As-tu eu l’occasion de traverser la frontière Bulgarie-Turquie ? Si oui, est-il possible de la traverser à vélo au poste frontière de Kapitan Andreevo (route E80, proche d’Edirne) ?
    Merci pour tes conseils !
    Olivier

    • Bonjour Olivier,

      On était passer en Grèce pour ne pas prendre cette route, mais d’après Google maps aujourd’hui ça ne semble pas être une autoroute donc ça devrait être bon.

      Bonne route ;-).

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