Japon à vélo

Note : la parole est donnée ici à David Andrieu qui a voyagé à vélo au Japon durant six mois. 

Le Japon ne laisse personne indifférent, il étonne, il interroge, il révolte, il impressionne. Même sans n’y avoir jamais mis les pieds, bien peu restent insensibles à cette constante opposition presque schizophrénique entre le moderne et l’ancien, où l’effervescence d’un pays ultra moderne côtoie les traditions ancestrales, où l’ultra-consumérisme poussé dans ses plus vils excès se confronte aux croyances shinto respectueuses de l’autre et de l’environnement, et où les traditions d’un autre âge se laissent dévorer par un rythme de vie effréné au service de la futilité.

En l’occurrence, il s’agit d’un pays où j’ai vécu 4 ans, débarqué par hasard au gré d’une opportunité professionnelle, et que j’ai assez largement exploré à l’occasion de plusieurs expéditions. Je vais tenter ici de vous faire partager ma dernière exploration cycliste, à la recherche de l’âme et du cœur du pays, au fil des 10 000 kms de mon Tour du Japon en vélo. Ici nous n’allons pas parler du Japon des mégalopoles effervescentes comme Tokyo ou du trajet touristique idéal pour explorer les centaines de temples de Kyoto, mais bien du Japon hors des sentiers battus, à la recherche de ce qui fait réellement la spécificité nippone, au-delà des clichés, le Japon authentique à peine effleuré lors des circuits concentrés sur 2 semaines.

Me voilà donc prêt à partir à l’assaut de ce fantastique pays, en compagnie de ma fidèle monture l’Indomptable (un Surly Long Haul Trucker et ses 4 sacoches), ou Jya Jya Uma ( ジャジャ 馬) en version locale. Je pars seul, sans liste d’endroits à visiter, sans idée du trajet, bien décidé à ne me fier qu’à mon instinct, aux rencontres, aux coups du destin, et je vais rapidement me rendre compte que le Japon est le pays idéal pour ce genre d’état d’esprit, les mauvaises surprises y sont très rares.

Japon à vélo

Ma fière monture L’Indomptable – JyaJya Uma

Un dernier coup d’œil en sortant de chez moi à Tokyo, et le premier temps fort du voyage : claquer la porte, prendre la route vers la gauche à la sortie de l’immeuble et s’imaginer rentrer par l’autre bout de la rue, 6 mois plus tard, riche de tellement d’expériences et les yeux émerveillés – quel pied ! Pas de train, d’avion, de bus ou je ne sais quel autre moyen d’atténuer cette sensation ultime de liberté indépendante, je tourne la clé et je grimpe sur la selle !

Dans les grandes lignes…

Un vaste pays à découvrir

Un petit rappel de la géographie japonaise : l’archipel nippon est composé de 4 îles principales (du Nord au Sud : Hokkaido, Honshu, Shikoku, Kyushu) et de centaines d’autres îles de taille plus réduites, pour atteindre un nombre de 6 852 îles, offrant quelques 33 000 km de côtes variées. Il s’étire sur environ 2 500 kilomètres pour l’archipel principal, et atteint 4 000 kilomètres en prenant en compte les îles éloignées d’Okinawa. La spécificité géographique la plus marquante, influençant largement plusieurs aspects du pays (climat, transports, …), est la présence d’une longue chaîne de montagne, véritable épine dorsale de l’archipel, dont les massifs montagneux couvrent plus de 70 % du territoire.

Japon à vélo

Des rizières, des montagnes, des couleurs vives et un ciel bleu – une vision courante au Japon !

Cette géographie particulière a des conséquences notables pour le voyageur cycliste, avec en premier lieu des dénivelés évidemment assez importants. Celui-ci devient rapidement important à mesure que l’on s’éloigne des côtes, et passer d’un littoral à l’autre de Honshu (l’île principale, siège de Tokyo) par exemple demandera d’analyser un minimum par quels cols et routes passer. L’avantage reste que l’effort pour tracter les kilos de matériel sont souvent récompensés par des vues dégagées et impressionnantes.

En terme de faune, le Japon surprend moins et je croiserai essentiellement des renards, des biches, des singes, des hérons, des rapaces, rien de très étonnant pour un européen. En revanche, au niveau des espèces de poissons sur les étals ou dans les aquariums, la variété sera de mise et vous découvrirez sans aucun doute des dizaines d’espèces insoupçonnées, aux couleurs et formes improbables.

Le Japon, c’est beau !

Les paysages au Japon sont bien souvent magnifiques et impressionnants, pour peu que l’on prenne la peine de s’écarter des sentiers battus. La variété des environnements est au rendez-vous, beaucoup d’endroits conservent ce ressenti sauvage, la complexité de la géographie ayant nettement (et heureusement) freiné le développement humain dans bon nombre d’endroits. Toutefois, il faut bien admettre qu’ils sont bien souvent entachés de gris et on se prendra souvent à pester contre les complexes hôteliers délirants (et moches) d’Okinawa (archipel Pacifique), les larges aménagements de flancs de montagnes pour contenir les éboulements, et les nombreuses structures en béton
(d’énormes croix grises ou blocs immergés nettement visibles au travers des eaux souvent claires) mises en place pour briser les Tsunami. Objectivement, les conditions naturelles capricieuses et la modernité générale du pays ont façonné ces paysages uniques où le gris du béton cohabite avec des merveilles naturelles. Heureusement, tout cela reste assez concentré à proximité des zones habitées, en dehors desquelles ce sentiment est grandement atténué.

Japon à vélo

Les contrastes de couleurs sautent aux yeux le long de ces nombreuses côtes escarpées (notez le sommet enneigé émergeant de la mer et des nuages à droite)

Nous sommes au Japon, archipel à la superficie relativement retreinte, dans lequel il ne faut donc pas espérer de longues étendues désertiques où la solitude permet d’atteindre la plénitude de l’âme, il y a 127 millions de personnes sur un territoire plus petit que la France (30 % de moins), mais avec plus de mégalopoles (38 millions de personnes pour le Grand Tokyo). Le contraste est extrême entre les grandes villes surpeuplées et la myriade de petits villages de campagne, dont une bonne partie est déjà abandonnée, une tendance galopante dans beaucoup de pays développés mais nettement plus avancée au Japon. A de nombreuses reprises, j’ai traversé de véritables villages fantômes avec
de nombreuses maisons abandonnées et quelques vieux japonais errants comme des souvenirs d’une gloire passée, vestiges d’un mode de vie révolu.

Une exploration à la merci des éléments

L’autre conséquence notable de la géographie japonaise réside en des conditions climatiques particulières ! Globalement, il convient de garder en tête que le découpage insulaire, l’amplitude des latitudes traversées (de Québec à Cuba !) et la géographie insulaire rendent le climat hautement imprévisible – une autre raison s’il en fallait pour ne pas planifier à outrance son voyage.

Parmi les phénomènes climatiques majeurs qu’il est utile de connaître afin de déterminer les bonnes combinaisons saisons / lieux, propices au voyage cycliste, on peut lister :

  • la saison des pluies (ou Tsuyu), qui frappent toutes les îles sauf Hokkaido (Nord), généralement en juin (un peu plus tôt dans le Sud de l’archipel), ce qui signifie que voyager à Hokkaido en juin est une excellente idée pour rester au sec et laisser passer les pluies torrentielles sur les autres endroits à visiter,
  • les très grosses chaleurs de juillet et août dans le Sud du Japon, surtout sur l’île de Kyushu, avec des températures en journée régulièrement au-dessus des 35 degrés, une humidité proche de 100 % et une température dans la nuit qui reste autour des 30 degrés – oui, suivez mon regard, la tente se transforme alors en véritable sauna !
  • la saison des typhons, pluie torrentielle et tempêtes au menu – entre juillet et octobre, à raison de 2 ou 3 gros typhons par saison ; là pas le choix, écouter la météo, attendre le passage du monstre, et profiter du splendide temps dégagé juste après.

Le Japon a 4 saisons bien marquées, et les paysages évoluent grandement en fonction du moment de l’année, si bien qu’on pourrait faire 4 fois le tour du pays et en rapporter des impressions différentes. Pour un voyage cycliste dans des conditions optimales, choisissez simplement quelles couleurs, quelles luminosités, quelles ambiances, et avec quelles contraintes physiques (chaud, froid, …) vous préférez pour rouler.

Japon à vélo

Pédaler à proximité d’un volcan un peu énervé n’est pas chose rare au Japon (ici le Sakurajima, près de Kagoshima)

Dernier acteur majeur des conditions météorologiques capricieuses du Japon, et pas des moindres pour une excursion vélocipède : le vent ! Parlons peu, parlons bien : vous allez en manger, beaucoup ! Les voyageurs croisés en chemin y vont chacun de leur théorie ou de leurs recherches documentées, et il semble qu’il soit possible de dégager les directions générales du vent en fonction des saisons et des endroits. Mon sens de parcours sera en revanche décidé non par la direction des vents mais par les phénomènes climatiques spécifiques (saison des pluies en juin sauf à Hokkaido, typhons, excessive chaleur humide de Kyushu en août) … et surtout en conséquence de la
circulation à gauche ! Un des plaisirs majeurs du voyage en vélo consiste à pouvoir accéder à de multiples endroits reculés et s’arrêter globalement où on veut pour une pause, une photo, une médiation face à une vue exceptionnelle ou une observation béate de quelques animaux en bord de route (ah, ces têtes de biche émergeant des hautes culture de Hokkaido ou ces oiseaux surfant sur la mer déchaînée) – ou simplement détourner le regard en roulant pour observer la mer et la côte au loin, sans avoir de véhicules me passant continuellement sous le nez. Un conseil avisé : ne vous fiez pas toujours aux belles routes sur la carte ou au grand soleil le matin en se levant, il m’est déjà
arrivé de ne pas dépasser les 10 km/h sur des dizaines de kilomètres de ligne droite bien plate, le genre de routes que l’on pensait plier à 30 km/h facilement et qui devient un vrai calvaire physique et mental !

Les risques naturels ne sont pas en reste, et il faudra composer avec les séismes, parfois suivi de Tsunami d’amplitude variable, et les éruptions volcaniques, des phénomènes locaux qui sont généralement bien anticipés et connus des japonais.

Les premières difficultés disparaissent bien rapidement

Keske tu di ?

Évidemment, voyager au Japon c’est déjà se confronter à une langue étrange, inaccessible, radicalement différente de la nôtre. Là où il est toujours possible de saisir quelques mots d’anglais ou d’espagnol sans l’avoir étudié, l’exercice est clairement impossible en japonais ! Pas de racine commune, des sonorités s’enchaînant dans un balai peu commun de bruitages, et une écriture encore moins accessible pour les non initiés en hiragana, katakana et kanjis, tout peut clairement devenir vite laborieux. Évidemment la situation est radicalement différente selon l’endroit traversé, les panneaux de signalisation à l’abord des villes de taille moyenne à grande affichent une transcription
en lettres conventionnelles (romaji, ou transcription sonore du japonais en alphabet romain), parfois même en anglais pour les lieux touristiques ou pratiques, mais il n’est pas rare de se casser les dents sur des caractères kanjis en rase campagne, auquel cas on sera quitte pour un séance de jeu des 7 différences, tentant de comparer les idéogrammes du panneau avec ceux de la carte ou du guide, surtout pour les lieux spécifiques (onsen, enseignes de commerce, auberge de jeunesse ou minshuku). Quand on sait qu’ils en existent plus de 8 000, l’exercice peut prendre un certain temps !! Et quand il s’agit d’un petit panneau en bois aux caractères à moitié effacés par le temps
pour suivre un chemin de randonnée parmi d’autres, on peut même parler d’inconscience hasardeuse !

Japon à vélo

Autour d’un barbecue, d’une bière ou d’enfants très curieux, on trouve toujours moyen de communiquer différemment en partageant des moments conviviaux

J’apporterai ici un témoignage objectif de ce que j’ai vécu en arrivant ici et entendu au fil de mes rencontres : l’anglais est laborieux au Japon, les visiteurs en voyage peuvent rapidement ressentir le besoin de parler anglais avec d’autres étrangers, et oui les expéditions que j’ai effectuées 3 ans auparavant sans un mot de japonais et celle-ci, avec un petit niveau scolaire en poche, furent radicalement différentes en terme d’approche de la culture et de contacts plus «élaborés» avec les locaux. Vous pensiez réellement apprivoiser le Japon aussi facilement ?

Sumimasen, onsen wa doko desu ka ? – ou comment se repérer dans un pays où on ne comprend rien

Même à l’heure de l’ultra connectivité, je ne saurais trop conseiller de garder quelques cartes physiques sur soi, pour interroger les locaux (toujours plus pratique et moins austère que sur un écran de téléphone) ou avoir une vue d’ensemble des possibilités d’une zone. Le meilleur recueil que j’ai pu trouver, suite aux conseils d’amis japonais bourlingueurs, est Touring Maple, largement orienté moto mais délaissant de moins en moins nous autres 2 roues non motorisés, suite à l’engouement croissant pour les escapades en vélo ! Ces volumes existent en de multiples tailles et échelles, par région ou en atlas global, chacun peut donc y trouver son bonheur (encombrement, poids, …). J’ai opté pour la plus petite et légère version, par région, que je revendais ou expédiais une fois sorti de la zone couverte soit au total 7 volumes pour couvrir tout le Japon. Ces guides, uniquement disponibles en langue japonaise, indiquent toutefois clairement à base de symboles le type de routes, les terrains de camping, les auberges de jeunesse, les commerces, les sources chaudes, les points de vue et attractions particulières, et les informations sont régulièrement et sérieusement mises à jour au fil des éditions annuelles. De manière générale, c’est assez bien indiqué, il est difficile de se perdre, moins en revanche de faire des détours (notamment à cause de larges portions de routes subitement interdites au vélo !), et les points de repère sont nombreux (océan, montagnes, rivière, …) pour s’assurer de la bonne direction globale.

Japon à vélo

Lors des traversées de nombreux villages de pêcheurs, il ne faudra pas espérer trouver de l’anglais écrit ou parlé !

Hypothéquer sa maison ou vendre un rein pour voyager au Japon ?

Point essentiel pour un voyage de plusieurs mois, peut être moins pour une escapade de 2 ou 3 semaines, le budget est un paramètre indéniable dans le choix d’une destination et d’un mode de voyage. Contrairement à ses voisins de l’Asie du Sud Est, le Japon n’est pas perçu comme une destination particulièrement abordable, bien au contraire. Le prix exorbitant des voyages organisés, le haut niveau de service, l’excellence technologique, dans l’imaginaire collectif le Japon est une destination perçue comme haut de gamme et onéreuse.

Toutefois, comme bien souvent, tout dépend finalement de sa façon de voyager, de la qualité espérée de l’hébergement, du niveau de service et de confort attendu, du profil de personnes que l’on veut rencontrer (entre étrangers ou non, kaléidoscope social ou privilégiés, …). Je voudrais donc confirmer ici qu’il est tout à fait possible de voyager de manière relativement économique au Japon, et que les alternatives existent. Si voyager dans des Ryokan, ces luxueuses auberges traditionnelles, peut effectivement rapidement aboutir à se séparer d’une partie de son intégrité anatomique, il est tout à fait envisageable de limiter son budget en adoptant des hébergements plus simples, et évidemment des moyens de transport plus abordables. Heureusement pour le voyageur cycliste, les postes essentiels que sont la nourriture et l’hébergement sont largement abordables au Japon, avec de nombreuses alternatives pour se loger et une alimentation de qualité à des tarifs intéressants.

Le poste hébergement sera bien évidemment l’un des principaux moyens de contenir le budget, si toutefois vous faites preuve d’imagination et de simplicité (ici petit restaurant à l’étage d’un onsen, après fermeture au public)

Tous les avantages d’un pays moderne et d’une culture de l’excellence

Voyager au Japon c’est aussi profiter de l’incroyable niveau de confort d’un pays moderne et très sécuritaire. Ce confort se retrouve d’abord dans la gestion de l’eau et de la nourriture : à quelques rares exceptions pour les coins les plus reculés, l’approvisionnement peut se faire quotidiennement, souvent plusieurs fois par jour. Les banlieues des villes de taille relativement importante seront l’occasion de trouver de classiques centres commerciaux pour venir remplacer des équipements particuliers en cours de route (chaussettes et T-Shirts qui se consument à vitesse grand V, cadenas pour la nuit qui rouille très vite dans l’atmosphère humide et chaude japonaise, recueil de cartes au fil de l’avancement, …).  Partout ailleurs, sur les routes, dans les petits villages ou au milieu de nulle part, les Convenience Store ou « combini » (comprenez : supérettes ouvertes 24H/24 7J/7) rendent bien des services pour des petits appoints en cours de route. Enfin, les très nombreuses Vending Machine, ou distributeurs, dans des endroits improbables, m’ont sauvé la mise à quelques reprises pour refaire le plein en eau lors des rares journées où je n’ai croisé aucune autre solution.

Les conditions d’hygiène ne sont pas en reste, l’extrême propreté au Japon n’est pas un mythe : que ce soit dans les trains, les supermarchés, les aires de repos, les toilettes publiques, tout est impeccablement entretenu, le respect des usagers entrant aussi largement en ligne de compte. Avec sa population très nettement vieillissante, un grand soin est également apporté au confort des personnes âgées et cela se ressent dans l’organisation générale, le rythme de vie, et la présence partout de climatisation, dans chaque pièce ou centre commercial.

Confort également dans le climat sécuritaire optimal au Japon, et largement oublié dans nos contrées occidentales. Ne pas boucler son vélo lors des courses, laisser son portable sur la table de la cafet’ pour aller aux toilettes, appareil photo laissé en évidence (involontairement …) sur les bagages le temps d’une pause en intérieur, rien ne semble attiser la convoitise des japonais tant la cleptomanie semble contraire à tous leurs principes culturels et moraux.

Quelques mots sur les infrastructures enfin, pour continuer sur cette lancée d’excellence : les campings sont très bien entretenus, les possibilités de recharge électrique sont également fréquentes, la couverture réseau haut débit et WiFi sur l’ensemble du pays est excellente (y compris au sommet du Mont Fuji !). Mentionnons également les routes (bitumées dans 95% des cas) globalement en bon état, bien que les conditions climatiques leur mènent la vie dure et laissent de nombreuses cicatrices que le cycliste se devra de remarquer au risque de voiler une roue ou de faire décoller son chargement !

Et mon blog ? Et mon compte Instagram ? Et mon compte Facebook ?

Pour ce qui est de la connectivité, en grand pays moderne et pointu sur les télécommunications, le Japon est bien évidemment très largement couvert par des réseaux téléphoniques de haute volée et de multiples réseaux Wi-Fi gratuits sont disponibles dans les gares et les lieux publics. Bien que je ne saurai trop conseiller de se passer au maximum d’Internet pendant ce type de long voyage, la déconnexion faisant pleinement partie de l’expérience, voir étant une clé du succès (n’oublions pas de vivre les choses avant de les raconter et de les partager sur de longs posts …), je conçois parfaitement qu’il soit utile ou simplement rassurant d’avoir cette possibilité de connexion, surtout en voyageant seul, dans un grand pays où l’on parle une langue inaccessible au touriste de passage.

Pour les voyageurs connectés ou prudents, de multiples possibilités donc, selon ses préférences : carte SIM prépayée, location de téléphone japonais (indispensable en cas d’incompatibilité avec les réseaux nippons, de plus en plus rare depuis la démocratisation du 3G / 4G), location très abordable d’un pocket Wi-Fi (petit boîtier captant les réseaux téléphoniques japonais pour le router sur le téléphone en Wi-Fi), ou tout simplement se limiter au mode Wi-Fi de son téléphone, dans les lieux équipés tels que les gares, pour ne pas faire exploser la facture.

Au-delà de l’utilisation de ces connexions pour mettre à jour divers comptes sur divers réseaux sociaux (pour ceux qui ont du mal à lâcher prise …), l’utilisation majeure reste Google Maps (ou tout autre service de localisation / GPS) pour se repérer et décider de l’itinéraire du jour – ou, nouvelle fonction apparue à la suite de mon périple et qui m’aurait épargné quelques crampes dans les mollets, l’évaluation des dénivelés !

Ainsi, le côté matériel du voyage en deviendrait presque trop simple dans un pays où tout est globalement bien pensé pour être fluide et efficace. C’est un fait, malgré l’obstacle majeur de la langue, c’est surtout l’occasion de se concentrer sur l’essence même du voyage tant les contraintes sont peu nombreuses. Aucune crevaison, aucune avarie technique, aucun changement de pneu et un entretien occasionnel léger, aucun vol, en 10 167 km et 160 jours de voyage, ça ne s’invente pas !

Au jour le jour sur les routes nippones

Quand est-ce qu’on mange ?

L’alimentation en voyage au long cours peut rapidement évoluer : en ce qui me concerne, j’ai assez vite changé de rythme alimentaire, délaissant les 3 grands repas pour des apports caloriques moins conséquents mais plus réguliers tout au long de la journée. Objectif : assurer bien évidemment un apport constant d’énergie et éviter les grosses pertes de jus, mais aussi éviter la désagréable sensation de devoir fournir un effort physique soutenu avec le « ventre lourd », surtout par des chaleurs humides avoisinant les 40 degrés. Dans cette optique, parmi les mets de choix pour le cas du Japon pour de petits apports caloriques réguliers : les onigiri (boules, tubes ou triangles de riz fourrés de divers ingrédients tels que crevettes, nato, mayonnaise, thon, wasabi, plantes aromatiques, petits légumes marinés, viande), barres céréales, fruits, saloperies sucrées ou salées. L’avantage quand on part pour 10 000  km en vélo avec les conditions géographiques et climatiques que l’on connaît, c’est que tous les excès sont permis, ça sera brûler !

Sans parler de gastronomie mais en restant sur le thème de l’approvisionnement, il est intéressant de noter que certains plats et snacks industriels vendus dans les Convenience Store ou supermarchés sont d’une qualité largement supérieure à leurs équivalents implantés dans d’autres pays, et il n’est pas rare de tomber sur de vraies bonnes surprises, avec parfois des plats préparés sur place chaque jour.

Un gros regret cependant : rares sont les Convenience Store, qui se révélera de loin le moyen le plus fréquent de se ré-approvisionner, proposant des fruits et légumes frais, ce qui aurait été un vrai plus pour le voyageur. Pour l’approvisionnement en fruits et légumes frais, plusieurs options : les fameuses Michi no Eki, avec en plus des productions vraiment locales, les supermarchés en périphérie des villes de taille moyenne et les petits producteurs ou les stands au gré des traversées de zones agricoles. La plupart de ces stands sont d’ailleurs en libre service, avec un petit panneau affichant les prix et une simple boîte métallique pour payer. Impensable en France !!

Bon, c’est bien beau tout ça mais où est ce que je dors ?

Les options de logement ne manquent évidemment pas dans un grand pays moderne comme le Japon, mais pour un tel voyage au long cours, la question du budget est essentielle. Nous allons donc esquiver dès maintenant la solution des hôtels, bien que parfois abordables pour les plus modestes ou les plus reculés (avec quelques classiques du Japon comme les business hotel, les capsule hotel, les manga kissa), mais difficilement envisageables pour plusieurs mois de voyage. En revanche, pas de méprise, loin de moi l’idée de défendre une certaine vision puriste du voyageur baroudeur, il est important de parfois s’accorder une pause cocooning pour récupérer une bonne nuit de sommeil, une arrivée tardive, une visite citadine, au chaud (ou au frais pour les violents étés japonais), au sec, sans que cela n’effondre le budget du voyage. Écartons également de cet article les Ryokan (旅館), auberges traditionnelles présentant un véritable plaisir de confort, de tranquillité, de gastronomie, un incontournable lors d’un séjour au Japon, mais hors propos en terme de budget pour ce genre de voyage.

Les campings sont assez répandus, généralement bien situés et bien entretenus, avec une concentration particulièrement intéressante à Hokkaido, l’île la plus au Nord de l’archipel, indissociable de son image de terre sauvage. Ils sont la plupart du temps dépourvus de douche mais bien souvent assez proches d’onsen (source chaude) ou de sento (bains publics). Attention toutefois, certains campings indiqués sur les cartes sont en réalité des auto-camping, très chers et peu intéressants. Le camping est très populaire au Japon, mais en version 2.0, autrement dit un événement familial qui ne sacrifie plus le confort à l’authenticité, et il faut voir la quantité d’équipement emporté pour un simple week-end en pleine nature ! La préparation du dîner est un moment très convivial où parents et enfants partagent des moments de complicité pour mettre en place des dîners parfois franchement impressionnants et élaborés ! Tant mieux pour moi, la légendaire générosité bienveillante des japonais les amènera bien souvent à me proposer de me joindre à eux dans la dégustation autour de quelques bières et de certaines spécialités récupérées en chemin. Attention aux grosses périodes touristiques (Golden Week et Silver Week en tête), les campings sont alors complètement bondés et très bruyants.

Tour du Japon à vélo

Japon à vélo

Les campings sont généralement de bonne qualité, dans des endroits fort sympathiques et au calme.

Classiques et répandues à travers le monde, les auberges de jeunesse ne sont finalement pas si nombreuses au Japon et plutôt chères. J’ai remarqué au cours de mes années sur place qu’à l’exception bien sûr des grandes villes incontournables telles que Tokyo, Kyoto, Hiroshima , elles semblent plutôt destinées aux jeunes locaux, pour des sorties de classe ou des vacances entre amis, et pas réellement adaptées aux étrangers (peu d’anglais, situation pas facile à trouver ou mal desservie, …). Une alternative intéressante pour une immersion plus authentique : les Minshyuku (民宿), en quelque sorte l’équivalent de nos chambres d’hôtes. Intéressante pour le budget si toutefois on n’opte pas pour la demi-pension, avec bien souvent la possibilité de casser les prix pour la chambre seule en cas d’arrivée de dernière minute. Il convient de noter qu’elles sont difficiles à trouver, mal indiquées (noms uniquement en kanjis), presque confidentielles, parfois fermées aux étrangers (non pas par racisme mais par peur de mal servir par incompréhension – de langage, de nourriture, d’habitudes, de tranquillité, de malentendus), mais jouissent d’une atmosphère authentique au plus près de familles japonaises. Il est aussi dommage de se priver des repas, souvent d’excellente facture et concoctées avec des produits locaux frais, mais qui augmentent parfois considérablement l’addition – un plaisir à s’accorder de temps en temps donc ! Un petit tour en fin de journée auprès des échoppes locales ou Izakaya (居酒屋) peut se révéler tout aussi judicieux pour déguster les spécialités du coin et faire quelques connaissances. Si en revanche vous voulez profiter du couvert, sachez que les japonais n’aiment pas être pris au dépourvu et s’approvisionnent également localement en fonction du nombre d’hôtes, donc pensez à réserver dans ce cas. En ce qui me concerne, ne prévoyant rarement plus de quelques heures à l’avance le lieu de mon arrêt du jour, je me suis contenté occasionnellement de cette possibilité de gîte. On parle ici d’un mode d’hébergement simple, avec toilettes et onsen commun, majoritairement de style tatami (assis sur le sol) et futon (matelas à même le tatami, un must de confort pour la nuit),  proche de la philosophie de vie du voyageur itinérant, mais toujours impeccablement propre et avec un accueil en or, Japon oblige.

Une spécificité non exclusive mais beaucoup plus répandue et vraiment dans l’esprit wild traveller à Hokkaido, véritable institution des voyageurs : les Rider House (ライダーハウス) . Assez difficiles à trouver et indiquées quasi exclusivement en japonais (écrit et parlé), à peine indiquées sur place et facilement ratées par les non initiés, ce sont des lieux très conviviaux, où l’on rencontre de nombreux voyageurs japonais, essentiellement des motards mais aussi de plus en plus de cyclistes. Bien que certaines d’entre elles soient clairement indiquées dans des recueils de carte japonais (Touring Maple), pas facile de trouver ces petites salles dans des coins assez perdus, dans des lieux relevant souvent de l’association de quartier (anciens bureaux ou locaux commerciaux délaissés, …) et avec pour seul contact un vieux rider japonais ne parlant pas un mot d’anglais. En revanche, baragouinez quelques mot de japonais et vous aurez le plus fantastique des accueils, avec biens souvent des cadeaux (nourriture, bière), des bons plans, de quoi entretenir la monture, des anecdotes de voyageurs et des idées de lieux à ne pas manquer. Elles sont souvent gratuites ou presque, sommaires (dortoir sur tatami), difficiles à dénicher et même à identifier, mais dignes d’intérêt. Malheureusement, les Rider House les plus indiquées dans les recueils de cartes sont celles dont le modèle s’apparente plus à une petite pension aux tarifs exagérés. Votre meilleure chance de les trouver ? Nouer le contact avec des voyageurs japonais, finalement plutôt nombreux, et vous laisser guider ! Ici on s’apprécie essentiellement sur son palmarès, souvent affiché sur une simple feuille placardée à l’arrière des engins motorisés ou non : nombre de jours voyagés, kilomètres parcourus, lieu de départ et provinces traversées. Le respect se gagne en quelques chiffres, et les cyclistes au long cours sont érigés en héros par les motards ou les automobilistes qui se rendent bien compte de l’exploit au vu des dénivelés, des distances et du vent.

Tour du Japon à vélo

Japon à vélo

L’arrivée en Rider House est toujours un sympathique moment de convivialité où l’on échange sur son matos, son itinéraire, ses galères, etc … Sur les affiches placardées des engins, le palmarès de chacun (objectif et état actuel en jours et nombre de kilomètres).

Lors d’un tel voyage, on peut également évoquer des hébergements plus insolites et plus improvisés, très aléatoires en fonction du caractère de chacun, de son attrait pour discuter avec les gens et tenter des approches, ou simplement du hasard. Un grand classique du voyageur au long cours, le camping sauvage est (techniquement) possible au Japon, mais pas forcément facile étant donné le haut niveau de développement du pays, envisageable dans des terrains de jeu, de sport, en forêt, dans les michi no eki. Le niveau de sécurité global dans le pays est tel que vous ne risquez pas grand-chose quelque soit l’endroit où vous déciderez de poser le camp, mais attention tout de même à plier bagages assez tôt, avant même que les premiers vieux ne se mettent à leur ballade quotidienne – et certains d’entre eux sont plutôt du genre insomniaques, très matinaux … et dénonciateurs !! Pour le reste, il faudra laisser courir son imagination et se laisser porter par les opportunités pour des lieux originaux tels que, en ce qui me concerne, des couloirs de ryokan, des cabanes de pêcheurs, des salles de pause chez des producteurs de sel, des arrières salles de restaurants…

Japon à vélo

Viser les abords d’un lac pour passer la nuit est généralement une très bonne idée pour un emplacement calme et agréable !

Enfin, encore une fois moins accessibles sans quelques notions de japonais, la nuit chez l’habitant, au hasard des rencontres, est également possible pour peu que le hasard fasse bien les choses, au détour d’une petite conversation avec un japonais curieux de voir un vélo aussi chargé. Je ne peux que vivement insister sur l’aspect social au Japon. Assez rapidement, j’ai compris que si j’étais en galère pour quelque raison que ce soit (grande ville, surpeuplement à cause d’un concert de J-pop, météo capricieuse, arrivée nocturne, …), plutôt que de stresser et me prendre la tête, je me dirigeais directement vers une Izakaya (居酒屋), haut lieu de rencontre sociale et de beuverie amicale, qui permet de nouer des liens rapidement avec la cultures locale, et bien souvent la légendaire bienveillance innée des japonais dans leur quasi intégralité fera le reste, rares sont ceux qui vous laisseront en plan sans vous trouver un semblant de solution – l’indication du camping le plus proche, une auberge tenue par une connaissance, un hôtel pas cher, un largage en voiture à un autre endroit, ou un accueil chez lui. Un tel déferlement de bonnes intentions en deviendrait presque gênant !

Les petits plaisirs au quotidien, ou ces spécificités japonaises qui font toute la différence

C’est l’heure de la pause !

L’avantage quand on voyage en vélo, c’est que l’on peut s’arrêter partout et à tout moment ! Les occasions ne manquent d’ailleurs pas au Japon, entre les petites criques nichées, les temples secrets en pleine forêt, les points de vue sympathiques sur les environs, … et les Michi no eki !

Au gré des kilomètres, vous réalisez l’importance des Michi no eki (道の駅), littéralement « stations de route » ! Il s’agit en quelque sorte de l’équivalent japonais de nos aires de repos, mais en infiniment plus intéressant et raffiné. Source d’eau potable, toilettes (très) propres, découverte des spécialités culinaires locales, office du tourisme et recueil des coins sympathiques aux alentours, inspiration pour compléter son idée de trajet ou ses guides de voyage (dans mon cas inspiration tout court !), carte des lieux, espace de rencontre d’autres voyageurs de tout bord, lieu de rassemblement des voyageurs au long cours une fois les commerces fermés (vers 17h), et bien souvent stop pour la nuit plus ou moins improvisé. Certaines stations laissent d’ailleurs à cette intention les toilettes ouvertes toute la nuit et parfois même une salle à disposition des voyageurs pour y rester au chaud ou au sec ! Il faut dire que dans un pays prônant un tel respect des autres à tous les niveaux, les mauvaises surprises sur l’état de la salle le lendemain sont bien rares, et il est de notre responsabilité en tant que voyageurs étrangers de respecter cet état d’esprit pour que perdure cette tradition pour les prochains riders.

Hajime-mashi-te, je m’appelle David, et toi ?

Ce qui a fait de ce voyage une incroyable expérience, au-delà de tout défi physique et mental, c’est évidemment la rencontre avec les japonais et leur légendaire bienveillance. Quelque soit le cas de figure, ils font réellement tout ce qu’ils peuvent pour aider, et bien souvent s’arrêtent en voiture pour offrir boules de riz et boissons. Il n’est pas rare de se faire offrir un café offert aux arrêts, de partager quelques bières au camping ou d’improviser un festin avec d’autres voyageurs dans les michi no eki … Les exemples se multiplient et ne se ressemblent pas, et bien que les histoires seront une question d’opportunités et d’affinités, j’éprouve un profond respect pour ce peuple sincèrement empathique et accueillant. Un tel voyage est l’occasion de croiser des individus surprenants, ces jeunes voyageurs complètement à l’arrache qui parcourent le pays en Mamachari (vélo bon marché et peu fiable pour aller au collège) un sac à dos branlant sanglé sur le porte bagages, ces vieux japonais qui se découvrent une seconde jeunesse une fois à la retraite et traversent le pays en dormant dans leur coffre de voiture, ces apprentis aventuriers qui vont camper une fois par an et découvrent maladroitement la vie en plein air, ces voyageurs étrangers que j’ai plaisir à entendre raconter ce que j’ai vécu quelques années plus tôt lors de mon premier choc japonais, ces habitants locaux toujours prêts à partager une anecdote avec un touriste de passage, mais dans tous les cas une infinie gentillesse qui pique au vif et à l’âme.

Japon à vélo

Au hasard des rencontres, dans une izakaya de Tsuruga, où des clients me font découvrir les spécialités locales !

Seul face à la mer, dans le plus simple appareil !

Venons en à un aspect particulièrement agréable, à vrai dire un vrai coup de cœur de l’aspect « pratique » de mon expérience, spécifiquement dans ce contexte de voyage au long cours avec effort physique conséquent : les onsen !

Un onsen (littéralement «source chaude») est un bain thermal dont l’eau est issue de source  géothermique (sources volcaniques), souvent chargée de minéraux assurant des vertus thérapeutiques, en extérieur ou en intérieur, souvent les deux, où l’on se baigne en commun, entièrement nu après s’être préalablement savonné et rincé sous une douche, chaque sexe ayant son espace réservé. Comprendre ici que le onsen n’a pas pour vocation de se laver mais plutôt de se prélasser et de se détendre, ainsi que de sociabiliser (on parle de « sociabilisation nue » ou hadaka no tsukiai). Que ce soit après une dure journée aux champs, sur un chantier, une longue route en moto, à vélo, ou une journée tranquille de tourisme, tous se retrouvent ici à égalité, dans le plus simple appareil, au sens propre comme au figuré, et se côtoient sans masque pourrait-on dire, échangent leurs conseils, leurs impressions, leurs bons plans, quelques faits amusants sur leur pays ou quelques clichés sur le mien, toujours dans la bonne humeur.

Japon à vélo

Finir la journée en apothéose en se prélassant dans un onsen, bien souvent avec une vue magnifique, est un plaisir à consommer sans modération !

Les onsen se trouvent facilement, ils sont nombreux, très bien indiqués, peuvent se trouver aussi bien à proximité des itinéraires fréquentés que perdus dans une forêt en pleine montagne, et utilisent plutôt souvent un signe reconnaissable parmi 100 :  le très explicite ♨, plutôt que les kanji 湯. Il est particulièrement agréable et relaxant de s’y retrouver après une journée d’effort, admirant bien souvent une superbe vue, profitant de la sérénité des zones communes de repos pour prendre quelques notes dans le meilleur état d’esprit possible, et les éventuels soucis ou prises de tête de la journée s’effacent instantanément, comme noyés et évaporés dans ces bains chauds.

Faites place au chef !

Le voyage au Japon est aussi l’occasion de profiter d’une vraie culture de la gastronomie, une ode à l’agriculture et à la pêche transcendée par un véritable raffinement culinaire. Et quel plaisir de découvrir au fil des régions traversées les multiples spécialités locales, que les japonais se font une fierté toute particulière de faire découvrir à un gaijin (étranger). Chaque région y va de sa propre spécialité, les Ramen de Kyushu, les Udon de Shikoku, les Miso Katsu de Nagoya, les Ikameshi de Hokkaido, les Okonomiyaki de Hiroshima (ou d’Osaka …), les occasions d’expérimenter de nouvelles saveurs ne manquent pas. Chaque recette est souvent une adaptation des grands classiques connus à travers le pays personnalisés en fonction des ingrédients du coin (pêche locale de poissons et coquillages, fruits, légumes, viandes, miel, …). L’engouement autour de la gastronomie locale est incroyable au pays du Soleil Levant, et le talent est bien présent !

Japon à vélo

La gastronomie japonaise et son raffinement légendaire se passent de tout commentaire…

Et au final ?

Itinéraire global

Voici un petit aperçu concret de mon trajet final, qui s’est donc décidé au jour le jour, en fonction de mes envies, des rencontres, de la météo. Chaque étoile représente un endroit où j’ai posé bagage pour la nuit. Au total, cela représente 10 167 km et 160 jours de voyage, en comprenant les jours d’arrêt. Considérant la topographie (dénivelé), les risques météo (vent, typhon, neige selon la saison), le lourd chargement, l’envie de se poser de temps en temps au cours de la journée pour une photo, un bout de rando, une baignade ou simplement une pause fainéante, je pense qu’il est raisonnable de tabler sur 70 – 75 km par jour en moyenne, un peu plus si vous êtes réellement habitués à ce genre de voyage au long cours et en excellente forme physique. Chacun fera également en fonction du temps qu’il souhaite se dégager, mais un conseil avisé : ne pas pas tomber dans le piège de la « liste de lieux à faire », ou de la concentration « d’un maximum en peu de temps », symptomatique du mode de consommation du voyage à l’heure de notre société moderne filant à toute allure, mais tellement à l’opposé de la philosophie de ce genre de voyage. En d’autres termes, si vous voulez aller vite, louez une voiture, vous serez moins frustrés, ce genre d’escapade cycliste est avant tout une ode à la lenteur, à la méditation, à l’introspection, au détachement.

Tour du Japon à vélo

Aperçu de l’itinéraire final, où chaque étoile représente un arrêt pour la nuit.

Mes conseils, selon les possibilités de chacun

Pour des expériences courtes de quelques jours d’escapade cycliste, une parenthèse au cours d’un séjour touristique, je conseille vivement des destinations telles que la péninsule d’Izu (à une centaine de kilomètres au sud ouest de Tokyo), la péninsule de Noto ou l’île de Sado (respectivement vers Kanazawa et Niigata), ou le lac Biwa (près de Kyoto). En cas d’escale vers Hiroshima, le Shimanami Kaido, une longue piste cyclable d’environ 70 km reliant l’île principale Honshu et l’île de Shikoku, reste une valeur sûre. C’est d’ailleurs certainement le trajet le plus pratique à organiser, car tout est prévu (location de vélo, hébergements divers, …) et pensé pour en faire une expérience simple pour le touriste de passage – donc assez populaire ! Pour ceux qui souhaitent découvrir le Sud du Japon et l’île de Kyushu, à l’occasion d’une exploration de Fukuoka, Kumamoto, Kagoshima (et son impressionnant volcan actif Sakurajima) ou Miyazaki, un voyage de quelques jours à Aso (à l’Est de Kumamoto) s’impose, tant ce lieu aux panoramas à couper le souffle offre un sentiment unique de voyager au sein d’un monde perdu, physiquement enclavé dans un cratère de 130 km de circonférence richement cultivé, une oasis de verdure que la modernité galopante du reste du pays ne semble pas avoir atteint.

Pour une expérience plus conséquente, à partir de 2 – 3 semaines de voyage, je conseillerais de se concentrer sur une des îles principales, en fonction des thèmes que l’on cherche à approfondir. Si l’essentiel du pays offre une certaine constante en terme d’environnement, de gastronomie et de confort, chaque île possède un supplément d’âme qui lui est propre. Hokkaido est clairement le terrain de jeu idéal pour une ambiance dédiée aux voyageurs au long cours, qu’ils soient motards ou cyclistes, les rencontres sont nombreuses, tous saluent énergétiquement les explorateurs sur la route, les superbes opportunités de camping et de onsen sont nombreuses, et ce petit goût de terre sauvage en font un choix avisé pour une quête d’authenticité, d’esprit du voyage au sens noble. L’île de Shikoku est quant à elle teintée de spiritualité, et son pèlerinage des 88 temples bouddhistes attirent de nombreuses personnes, les plus courageux arpentant l’intégralité du parcours à pied et en « tenue » traditionnelle, en quelque sorte la version nippone de nos Chemins de Compostelle. Shikoku offre donc une ambiance plus mystique, et de nombreux temples perdus dans des forêts ou des petits villages reculés. En ce qui concerne l’île Kyushu, l’atmosphère est plus festive, avec de nombreux événements populaires, de belles plages où l’on vient camper entre amis ou en famille, moins arpentée par les voyageurs au long cours mais clairement digne d’intérêt avec quelques belles originalités dans les environnements traversés et une culture toujours plus poussée de la gastronomie. Honshu enfin, par ses dimensions, demande rapidement plus de temps pour en espérer un ressenti décent, avec l’avantage de pouvoir traverser des grands classiques touristiques tels que Nagoya, Kyoto, Osaka, Himeji, Hiroshima, tout en découvrant d’autres provinces plus confidentielles mais pourtant très agréables à parcourir. Je conseillerais particulièrement de découvrir la côte de la mer intérieure du Japon, moins connue des étrangers, un peu moins bétonnée et industrialisée, et avec pas mal d’occasions de traverser des petites villes typiques de la campagne japonaise ou des villages tombant dans l’abandon.

Tour du Japon à vélo

Tour du Japon à vélo

Ambiance plus spirituelle à Shikoku et son pèlerinage des 88 temples, parfois avec style et humour !

La version Tour du Japon enfin sera réservée à une poignée d’entre vous, d’abord pour des raisons pratiques (visa de touriste de 3 mois, ou visa vacances travail pour les plus jeunes), mais surtout car une telle escapade n’est pas à sous-estimer et requiert une certaine expérience, une vraie connaissance de soi, un état d’esprit propice au dépassement, une adaptabilité pour faire face à toute sorte de situations inattendues, et une vraie force mentale. Car quelque soit l’objectif que chacun se fixera, on ne ressort pas indemne d’une telle expérience, souvent pour le meilleur, mais comprenant forcément des aspects plus délicats – le retour compliqué, le décalage et l’évolution de ses aspirations et des ses motivations, la découverte troublante d’une part de son identité profonde, le rejet d’un certain modèle de société, des thèmes essentiels survolés ici, qui mériteraient de longs développements mais ça n’est pas le sujet du jour !

Quelques déceptions tout de même ?

Au final, et bien que je porte un regard sincère sur mes voyages sans hésiter à relever les points faibles, je n’ai jamais été déçu lors de celui-ci, malgré les inévitables galères, frustrations, coups de mou, jours de pluie, vent incessant, chaque jour m’a offert son lot de rencontres, de moments forts, d’émerveillements face à la beauté du pays, la gastronomie exceptionnelle, avec un intérêt sans cesse renouvelé, et pas un seul jour je ne me suis posé la question d’arrêter le voyage. En extrapolant aux cas des lecteurs et en me basant sur ce que j’ai pu entendre de voyageurs étrangers, la frustration de la langue et la difficulté de communication peut parfois être mal vécue, mais étrangement (?), ce sont surtout les américains qui ont eu ce ressenti, là où bon nombre d’européens s’amusaient de la situation de devoir parler avec les mains ou rire face à l’incompréhension générale. Selon le caractère de chacun, c’est un point important à considérer, il faut je pense être assez clair sur son mode de fonctionnement, plutôt très volubile et expansif, ou recherchant aussi une expérience plus intimiste, non exclusivement basé sur la parole mais sur l’échange, l’émotion.

J’ai été très déçu de ne pas pouvoir visiter le Nord Est de Honshu, d’ailleurs réputé plutôt bien préservé, mais les événements de mars 2011 et les conséquences qu’on leur connaît font qu’un voyage en camping / vélo dans les environs (au sens large) de Fukushima est un risque que j’ai préféré ne pas prendre. Chacun est libre de mesurer le risque qu’il s’autorise à prendre, en ce qui me concerne, et pour très bien connaître le sujet, il est primordial de garder en tête que malgré la fin du temps médiatique de ressassage de l’information en boucle, la situation est loin d’être réglée, malgré de réelles améliorations et un travail déjà phénoménal. A la publication de cet article, l’actualité de 2017 confirme d’ailleurs tristement l’ampleur de la tâche restante avec l’autorisation officielle de déversement d’énormes  quantités d’eau légèrement contaminée dans l’océan, avec un impact sur la faune marine difficile à quantifier. Bref, autant ne pas risquer sa santé et ne pas pourrir son équipement, il y a suffisamment d’endroits formidables à visiter !

Il y a évidemment beaucoup de choses qui peuvent déplaire au Japon, cela se ressentira surtout selon la sensibilité de chacun, et ça n’est de toute façon pas le sujet de cet article. Toutefois, en ce qui me concerne, pour n’en citer que quelques unes : le bétonnage à outrance de larges portions de côtes ou de flancs de montagne, qui peut s’entendre au vu des conditions climatiques et des risques naturels ; un mode de vie très confortable et agréable à vivre au prix d’une pollution délirante mais cachée ; des valeurs spirituelles sincères qui semblent se noyer toujours davantage dans les attraits de la modernité, la spiritualité devenant alors une valeur marchande ; une consommation qui atteint un niveau totalement débilitant pour les populations et néfaste pour l’environnement au sens large (publicités visuelles et sonores incessantes, démarches commerciales, …) – s’il est bien un pays où le capitalisme a réussi son dessein de créer une petite armée de consommateurs écervelés et dociles, c’est bien le Japon ! Mais globalement, ces impairs, qui n’apparaîtront pas réellement à des voyageurs n’ayant pas passé plusieurs années sur place, vont rapidement s’estomper, devenir moins visibles, tant les points forts et spécificités rendent l’expérience inoubliable.

Un voyage cycliste au Japon, c’est donc l’assurance d’une expédition matériellement assez facile, les contraintes techniques et matérielles s’effaçant pour laisser place à un dépaysement complet et authentique, l’occasion alors de côtoyer un des peuples les plus respectables de cette planète (et j’ai déjà pas mal bourlingué), qui déversera des flots de bienveillance, de respect, d’humilité, d’aide à votre égard sans même que vous ne parliez un mot de japonais, au sein d’une nature généreuse et variée, qui produit des miracles couplée aux talents gastronomiques et raffinés des Japonais. Attendez vous en revanche à une expédition qui peut rapidement devenir éprouvante, physiquement et mentalement, avec de nombreux cols, du vent et des éléments qui peuvent se déchaîner sur votre passage (typhon, saison des pluies, tremblement de terre, éruption volcanique, chaleur écrasante, …). Pendant ce trip de 6 mois, pas moins de 3 éruptions volcaniques conséquentes, 2 typhons et quelques tremblements de terre d’amplitude modérée. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les bénéfices tirés de cette expérience de voyage au long cours, sur l’état d’esprit qui se développe au cours des pérégrinations, sur le voyage intérieur à la découverte d’un soi trop longtemps endormi par les sirènes de la modernité, sur le rapport re-connecté avec l’environnement et les individus qui nous entourent, mais ça n’est pas le sujet de cet article, et nous y reviendrons plus en détails très bientôt ! Six mois ne sont pas de trop pour découvrir décemment le pays, et il est certainement possible d’effectuer 4 fois le voyage tout en étant toujours émerveillé tant les saisons très marquées au Japon rendent les environnements et les ambiances totalement différent selon la période de l’année. Le champ des possibles est donc très large, et je suis loin, très loin d’en avoir fait le tour !

Et en bonus, quelques panoramas pour illustrer l’inattendue diversité du Japon :

Tour du Japon à vélo

Tour du Japon à vélo

Tour du Japon à vélo

Tour du Japon à vélo

Tour du Japon à vélo

Tour du Japon à vélo

Tour du Japon à vélo

Tour du Japon à vélo

Tour du Japon à vélo

Tour du Japon à vélo

Tour du Japon à vélo

Merci à David pour sa participation.

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Bertrand

C'est à la suite d'un tour du monde à vélo réalisé entre 2011 et 2012 que ce blog a vu le jour avec pour objectif de mettre à disposition du futur voyageur, au long cours ou en vacances, les informations nécessaires à sa préparation.

23 CommentairesEcrire un commentaire

    • Il y en a une en fin d’article mais elle n’est pas interactive.
      Perso, à chaque fois que j’ai glissée une carte interactive dans un article j’ai eu des soucis, après un moment la carte ne fonctionnait plus, donc j’ai arrêté.
      Mais c’est vrai que quand ça marche, j’aime aussi :).

    • Effectivement bretonsuisse, une carte interactive serait un bon ajout, mais elle n’existe pas à l’heure actuelle et je dois replonger dans mes recueils de carte pour la mettre en place. Je précise que c’est plutôt volontaire de ne pas publier de carte plus précise pour l’instant, car ma philosophie de voyage est de plutôt laisser suffisamment de place à l’imprévu, à l’improvisation, à l’ouverture pour aller vers les locaux et éviter que de futurs voyageurs partent en reproduisant le même trip, au lieu de vivre leur propre expérience. Certes moins rassurant pour celui qui prépare son voyage, mais l’assurance d’une expérience complète !

  • Quel bel article ! Que ça donne envie ! Quel beau traitement de l’aspect métaphysique du voyage et de ses conséquences ! Quelle neutralité dans le ton ! J’adore et j’attends avec impatience un tel traitement sur d’autres destinations. Merci.

  • Merci pour ce témoignage riches avec qq pistes praticopratiques. J’aurais quand même aimé avec des notions de budget plus précises. Quel prix moyen des campings ? Des lieux de restauration ? Et pour être clair, que coûterait un séjour itinérant de 3 à 4 semaines ?

    • Pour le camping c’est le pay’a le plus facile au monde .
      On peut camper à peut près n’importe où y compris dans les parcs publiques des petites villes ou villages.
      Pour la nourriture après 19H00 dans les seven eleven les invendus sont bradés à 50%.
      Mais ce serait dommage de ne pas pouvoir profiter de la gastronomie locale.
      Par contre les même les petits Hôtels ne sont pas bon marché.

  • Merci pour cet article qui confirme que nous avons eu raison de poser nos roues à Tokyo pour aller pédaler dans ce pays durant trois mois.
    Après les pays traversés précédemment, le changement est un peu déstabilisant puisqu’on ne parle pas la langue, on ne comprend rien à ce qui est écrit, mais les gens sont si gentils et serviables qu’on ne se fait aucun souci.
    On pensait que ce serait chouette d’être ici, maintenant on en est sûrs !

  • Je reste un peu sur ma faim côté budget, le terme “bon marché” varie beaucoup d’un pays à l’autre. Doit on prévoir 10$ ou 30$ par repas ? 50$ ou 80$ la nuit de camping ?
    Merci de vos témoignages ?

    • En effet, la partie budget manque peut être de quelques chiffres. En réalité j’évoque le terme “bon marché” avec un référentiel français, autrement dit comparativement à la France, voyager en vélo au Japon est finalement assez bon marché. Pour donner quelques repères, il faut compter 500 – 800 yen (4 – 6 euros) pour un camping (autre que les auto-camping, où les emplacements sont grands, équipés, …), généralement 3 500 yen (27 euros) pour une chambre d’hôtes sans le repas, 500 yen en moyenne pour un temps illimité en onsen, 500 – 600 yen pour un bento (sorte de boîte repas, un oubli étonnant de mon article) avec en effet de grosses promotions en fin de journée, les fameux onigiri sont autour de 100 yen (moins d’un euro), et on peut facilement trouver des petits restaurants où un plateau complet (avec soupe miso, petits légumes, riz, viande ou poisson) pour moins de 1 000 yen (7.5 euros).
      L’addition peut vite grimper avec les trains rapides (Shinkansen), mais a priori pour ce genre de trip, ça sera à de rares occasions (aucun en ce qui me concerne). Les ferrys sont assez abordables, y compris avec le vélo non démonté, et dépendent évidemment de la distance parcourue. Par exemple, pour un Tokyo – Tokushima (sur Shikoku), il faut compter 12 000 yen (92 euros) et 3 000 yen (23 euros) avec le vélo non démonté, pour un voyage de 18 heures en dortoir.

  • Bravo pour cet article bien pensé et très complet sur ce qui attend un voyageur à vélo au Japon
    L’idée d’improviser l’itinéraire est très intéressante bien qu’elle puisse provoquer quelques déconvenues et faire rater quelques merveilles. Cependant la durée du voyage fait que le cyclotouriste rencontrera quand même l’essentiel. Je retiens que le barrage de la langue est important mais que la sécurité est rassurante (c’est le contraire au Mexique dont je connais bien des aspects, mais le Mexique est néanmoins chaleureux)
    En tous cas, avec cet article et sans doute les autres écrits de David, le cyclo est armé pour entreprendre le voyage et je dis donc bravo à Bertrand (dont le blog a de l’audience) de l’avoir hébergé, lui assurant de nombreux lecteurs
    Sayonara ! ou plutôt : Mata kondo

    • Effectivement Dominique, laisser de la place à l’imprévu c’est prendre “le risque” de passer à côté de certaines découvertes et d’éviter certaines galères (de logement ou autre), mais au final, même sur un trip de 6 mois comme le mien, il y a toujours forcément certains “regrets” de ne pas avoir pu explorer telle zone ou tel endroit connu. Pour moi, c’est surtout se laisser l’occasion de découvrir d’autres endroits moins courus et tout aussi dignes d’intérêt, suite à une rencontre ou des conseils avisés, sans avoir la frustration d’être contraint par un planning globalement décidé d’avance (voir de billets de train / ferry / avions déjà réservés). La philosophie de mon voyage n’était pas d’enchaîner les immanquables des guides touristiques, mais plutôt de m’y laisser conduire, entre autres recoins plus confidentiels, et la satisfaction au final de n’avoir laissé passer aucune opportunité qui s’est présentée au hasard des chemins ! J’ai pas mal d’anecdotes à partager en ce sens, mais il faudra un peu patienter pour la sortie du bouquin ;-)

  • Bonjour
    Merci pour ce beau compte rendu ! Vous nous avez vraiment donné envie de découvrir ce pays unique
    Bon trip a vous
    cordialement jlouis

  • Bonjour David et merci pour cet article si complet ! Ca donne vraiment envie de franchir le pas même si le Japon est un peu loin.

  • Bonjour,
    Félicitations pour l’ensemble de ce récit : contenu, présentation, photographies et surtout des qualités rédactionnelles remarquables qui à elles seules donnent envie d’enfourcher là-bas son vélo. Cela mérite en effet un livre : bonne chance !

  • J’ai passé 1 mois au japon à travers les alpes japonaises en septembre et j’ai vraiment adoré ce pays. J’ai passé la moitié du temps dans les campings en étant souvent seule donc je n’ai jamais rien payé.
    La seule chose qui est un peu onéreuse est la nourriture mais il y a toujours moyen de se débrouiller.

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